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CINE-SCRIPT
La mise à mort du langage
Publié dans L'opinion le 01 - 10 - 2010

Peut-on enseigner le cinéma ? Si oui, quoi au juste ? son histoire ? sa technique ? ou les deux à la fois ? L'histoire du cinéma est celle des films inévitablement. Evoquer l'évolution du cinéma, c'est marquer un arrêt au sujet d'un nombre déterminé de films en excluant la grande majorité. Est-ce juste ? Je ne le pense pas sachant qu'un film jugé mauvais est plein d'autant d'enseignement qu'un film de qualité. L'exemple du film « Big Boss », jugé de basse qualité, mercantile et s'adressant à un public débile est l'un des plus frappants. Or le film nous renseigne sur la mythologiqe des arts martiaux plus que le constitue « La ruée vers l'Ouest » sur celle du western. Et pourtant leurs publics sont différents autant que leurs auteurs.
Est-ce juste que l'histoire du cinéma ne retienne que le titre évocateur de « La ruée vers l'Ouest », en ignorant l'apport philosophique et même esthétique de « Big Boss ».
Quant à la technique du cinéma, qui fait partie de l'histoire, elle est constamment remise en cause. La technique évolue et l'histoire aussi. La pellicule 8, 9 et 16 mm ont bel et bien existé.
Elles font partie de l'histoire. La table de montage a déjà rejoint les musées de cinéma dans de nombreux pays à tradition cinématographique. Voir un film dans une salle, d'une manière collective, dans l'obscurité fera rigoler la prochaine génération. La salle de cinéma a déjà disparu dans bon nombre de pays du Tiers-Monde. Pour le reste, ce n'est qu'une question de temps. Les boutiques, les super-marchés, les parkings et les salles de jeu sont entrain de gagner de l'espace au détriment des surfaces de spectacle. C'est une nouvelle ère avec sa propre mentalité. Ceux qui évoquent la nostalgie du cinéma comme nous le faisons ici et maintenant, seront emportés par la nouvelle vague.
Enseigner le cinéma, son histoire, sa technique, ses courants et ses genres, c'est évoquer les films relevant des classique du septième art depuis le temps des Lumière. Or ces films ne sont pas bien perçus par la génération actuelle, que les jeunes d'aujourd'hui trouvent ces films lourds, obscures, et quasiment insupportables. A l'ère du DVD du numérique, de la haute définition et des effets spéciaux à outrance, le lange cinématographique a-t-il encore une raison d'être ? Si oui, quel est son impact. Les cinéastes actuels sont des fast-food et des pizzas à emporter, c'est-à-dire mues par un dynamisme difficile à suivre. Leurs filmes reflètent cette mentalité où l'on est pressé en permanence. On se vante de voir un film sur un lecteur DVD portable ou même sur son GSM et l'on ne se gène nullement des possibilités offertes par les nouveaux supports qui ont tout individualisé. Y a-t-il plus ridicule de visionner un film conçu en score sur son GSM, c'est-à-dire sur un écran cent mille fois plus petit que l'écran normal ? Quelle signification a encore le gros plan dans ces conditions ? Est-ce la fin du cinéma en tant que langage ?


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