Officiel. Mohamed Ouahbi, nouvel entraîneur de la sélection nationale    Ciment : plus de 2,09 MT de livraisons à fin février    Ciment : Plus de 2 millions de tonnes livrés à fin février    Culture de l'olivier : les plateformes de démonstration d'Al Moutmir boostent rendement et revenus des agriculteurs    Mohamed El Ouahbi succède à Walid Regragui à la tête des Lions de l'Atlas    Entre Idéologie et Realpolitik : le Maroc face à la tourmente moyen-orientale    Abou Dhabi: six personnes blessées par des débris de drone    Rappel du ministre de l'Intérieur concernant l'opération de recensement relative au service militaire    Inondations : le gouvernement verse 6.000 dirhams à 15.000 familles évacuées    La CAF sanctionne Al Ahly d'Egypte suite aux incidents lors du match contre l'AS FAR    Cold wave and heavy rain forecast in Morocco this weekend    Souss-Massa: Vientos violentos arrasan con 1 500 hectáreas de invernaderos    La CAF sanciona al Al Ahly de Egipto tras los incidentes en el partido contra el AS FAR    La date des élections des membres de la Chambre des représentants fixée au 23 septembre prochain    Crèches privées: Ce que prévoit le projet de décret adopté en Conseil de gouvernement    Pékin accueille l'ouverture de la quatrième session de l'organe législatif suprême de la Chine    Genève met les adversaires du Maroc dans l'embarras... un soutien croissant à l'initiative d'autonomie au Conseil des droits de l'homme    Industrie manufacturière : les entreprises anticipent une augmentation de la production    Casablanca : où en sont les prix des produits alimentaires ?    CAN féminine 2026: La compétition reprogrammée du 25 juillet au 16 août    Sonarges : l'opérateur historique à l'heure des sociétés régionales    PSV : Sami Bouhoudane refuse Oranje et opte pour les Lions de l'Atlas    CGEM: l'élection du nouveau président fixée au 14 mai    Casablanca accueille la 1ère édition de GITEX Future Health Africa    Tamwilcom lance son nouveau site web    Enlèvement d'enfants : L'Intérieur dément les fausses informations relayées sur Internet    8 mars 2026-Droits des femmes : Une condition essentielle pour mettre fin au VIH    « Rass Jbel » : quand la légende de « Al Hayba » prend racine au Maroc    Comediablanca revient à Casablanca après une tournée internationale remarquée    Sahara : L'heure de vérité pour une MINURSO en sursis    La Cour d'appel de Marrakech réduit les peines des deux Algériens pour insulte au drapeau et à la monnaie    L'armée US prévoit une domination « totale et absolue » du ciel iranien    Attaques iraniennes : le Conseil du Golfe et l'UE convoquent une réunion d'urgence    Paris : une exposition rend hommage aux soldats marocains des deux guerres mondiales    Les températures attendues ce jeudi 5 mars 2026    Le temps qu'il fera ce jeudi 5 mars 2026    Climat scolaire : OTED propose un dispositif d'évaluation du programme anti-harcèlement    Botola : Le Wydad de Casablanca s'incline sur sa pelouse face à l'AS FAR    Argentine : River Plate garde un œil sur Yassine Bounou    Azoulay : Un Ftour Pluriel d'anthologie qui fera date    UNESCO : Tanger relance sa candidature au patrimoine mondial    Etats-Unis : Don Bacon le projet de loi pour classer le Polisario comme entité terroriste    Guerre en Iran : Le deux poids deux mesures de religieux marocains    « On Marche » 2026 : à Marrakech, la danse contemporaine au souffle du Ramadan    Dossier du Sahara : Washington impose un cessez-le-feu au Polisario    Loubna Jaouhari signe son premier stand-up le 8 mars 2026 au théâtre Diwan de Casablanca    Caftans au Maroc #2 : Le caftan de Fès, emblème d'un savoir-faire ancestral    Safi : Après les crues, la reconstruction et la revalorisation du patrimoine    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



L'attractivité du Projet Marocain d'Autonomie
Quelles implications sur le pronostic vital du Front Polisario

Le Polisario est au pied du mur. Décrédibilisée au plan international, l'entité fantoche se délite désormais de l'intérieur. Dernier rebondissement de taille, l'affaire Mustapha Salma Ould Sidi Mouloud prend une tournure universelle et bat définitivement en brèche la prétendue cohésion des séparatistes. Un cas originel qui en dit long sur la situation catastrophique dans laquelle se trouve le Front Polisario.
L'intérêt de notre analyse n'est aucunement de revenir en détail sur cette affaire déjà surmédiatisée de par l'envergure de ses enjeux. Mais, de réfléchir, au-delà, sur les raisons profondes qui ont amené un haut responsable du Polisario, et bien d'autres avant lui, à rompre avec la thèse séparatiste et à adopter l'approche marocaine articulée autour d'une autonomie élargie des territoires du Sud sous la souveraineté du Royaume. La réponse est sans doute à chercher du côté de la dynamique positive créée par le Projet Marocain d'Autonomie (PMA) depuis sa présentation aux Nations Unies le 11 avril 2007. Une lecture dans quelques-unes de ses dispositions s'impose à ce niveau.
En effet, alors que le conflit du Sahara stagnait sur l'obstination du Polisario et les déclarations de principe faites par l'Algérie, notamment en ce qui concerne son interprétation rigide du principe d'autodétermination, le PMA est venu débloquer la situation en apportant une solution crédible et réaliste. Assurément, ce Projet, fondé sur l'équilibre des intérêts, a le mérite d'avoir instauré une dynamique positive de par son aspect attractif et novateur. Un aspect qui n'a pas laissé indifférents même les plus radicalistes des séparatistes. Plusieurs points du texte méritent d'être analysés à cet égard.
En premier lieu, si à travers sa proposition le Maroc cherche à préserver ses droits légitimes sur les territoires du Sud, il ne manque pas de répondre aux différentes préoccupations des populations du Sahara. Le PMA prévoit ainsi, au niveau de ses points 5 et 13, le respect de la culture et des traditions des Sahraouis et l'octroi des moyens matériels nécessaires au développement de leur région. Des moyens fondés, comme le note la professeure française Danielle Anex-Cabanis dans un témoignage relatif au PMA, diffusé par le site Internet, HYPERLINK “http://www.saharadumaroc.net” www.saharadumaroc.net, « (…) sur la rétrocession de l'exploitation de leurs propres ressources naturelles et sur une redistribution de fonds dans le cadre général de la solidarité nationale ». De plus, en vertu du même point 5, les populations sahraouies pourront gérer « (…) elles-mêmes et démocratiquement leurs affaires à travers des organes législatif, exécutif et judiciaire dotés de compétences exclusives ».
Le respect des droits de l'Homme est par ailleurs prévu au niveau du texte par le point 25. Cette disposition précise que « Les populations de la Région bénéficieront de toutes les garanties qu'apporte la Constitution marocaine en matière de droits de l'Homme tels qu'ils sont universellement reconnus ».
S'agissant du principe d'autodétermination, il est consacré, au niveau des points 8 et 27, à travers la soumission du statut d'autonomie, résultat des négociations, à la « libre consultation référendaire des populations concernées ». Par « résultat des négociations », le Maroc laisse place à d'éventuels aménagements. En d'autres termes, l'initiative ainsi présentée est en mesure d'être réajustée.
Dernier point dont l'intérêt n'est pas des moindres, est la question de l'amnistie. Notons d'abord qu'en vertu de l'article 12 du Code pénal marocain, « La loi pénale (…) s'applique aux infractions commises hors du Royaume lorsqu'elles relèvent de la compétence des juridictions répressives marocaines (…) ». Bien évidemment, depuis l'éclatement du conflit du Sahara, des infractions passibles de la loi pénale marocaine ont été commises. Certes le code pénal et le code de procédure pénale marocains prévoient des mécanismes pour l'extinction des infractions. Or, pour le reste, le PMA mentionne le concept d'amnistie. On peut lire ainsi au niveau du point 31 que « (…) le Royaume adoptera (…) une amnistie générale excluant toutes poursuites, arrestation, détention, emprisonnement ou intimidation de quelque nature que ce soit, fondées sur des faits objet de l'amnistie ».
Comme on peut le constater, ces dispositions participent d'un profond degré de réalisme. Elles concilient entre les intérêts de chaque partie. Préservation de son territoire pour le Maroc et garantie des droits les plus légitimes des populations sahraouies. Certainement que l'esprit et le texte du PMA alimentent les espoirs de la Communauté internationale quant à une probable sortie de crise et, plus important encore, ceux des Sahraouis, aspirant à travers ce Projet à un avenir meilleur sous souveraineté marocaine.
La proposition d'autonomie a ainsi été déterminante. Elle est en lien direct avec les vagues de ralliement des Sahraouis qui fuient de plus en plus les camps de Lahmada à destination de la patrie marocaine. Depuis le cessez-le-feu en 1991, ils seraient quelques 8000 ralliés à avoir regagné le Maroc. Dans un premier temps, ces retours sont à mettre à l'actif de l'appel lancé par feu Hassan II en 1989 : « La patrie est clémente et miséricordieuse ». Mais les choses se sont accélérées depuis la mise au point du PMA. La première moitié de l'année 2010 a enregistré à elle seule des ralliements massifs dont le nombre avoisine un millier. De tels chiffres sont d'autant plus considérables si l'on prend en considération les mesures de sécurité et de contrôle appliquées par le Front Polisario et les Autorités algériennes en vue de bloquer les fuites. Au demeurant, une véritable hémorragie s'opère. Comme facteur favorisant, on peut citer les visites familiales organisées sous les auspices de la Mission des Nations Unies pour l'Organisation d'un Référendum au Sahara Occidental (MINURSO) et l'accès aux cellulaires au niveau des camps. Cette donne a, en quelque sorte, permis la promotion de la proposition marocaine et l'état de développement constaté dans les territoires sous administration du Royaume, et ce, malgré la désinformation infligée par la direction du Front.
Parallèlement à la fuite des populations, bon nombre de hauts responsables polisariens ont, depuis 2007, soit rallié définitivement le Maroc, soit exprimé des avis favorables quant aux dynamiques de réforme et de développement entreprises au niveau national, dont le chantier de la régionalisation avancée est l'un des points les plus marquants. M. Ould Sidi Mouloud en est un exemple concret. Son changement d'attitude vis-à-vis du Maroc n'est pas un cas isolé. Il n'est que la dernière péripétie en date d'une réalité de plus en plus apparente. Par contre, son originalité réside dans le fait qu'après avoir constaté l'impact positif de la politique de développement et d'aménagement appliquée au niveau des provinces sahariennes, et donc la crédibilité des propos marocains, cet ancien « Inspecteur général de la police du Polisario » décida de revenir aux camps pour y défendre sa conviction. Et, partant, essayer, autant que faire se peut, de déjouer l'opacité imposée par le Front sur la question. « L'autonomie est une bonne initiative. C'est la meilleure solution possible » a-t-il précisé dans une déclaration rapportée par l'Agence Maghreb Arabe Presse (MAP) en date du 9 août 2010, avant d'ajouter que « la direction du Polisario interdit aux Sahraouis séquestrés dans les camps de Tindouf de débattre de cette initiative ».
D'autres figures de proue du Polisario avaient adopté un chemin similaire. Ainsi, en juillet 2009, Ahmedou Ould Souilem a rejoint le Maroc. Pour le compte de la fantomatique République Arabe Sahraouie Démocratique (RASD), Ould Souilem avait occupé à maintes reprises le poste d' « ambassadeur » notamment en Guinée-Bissau et en Angola. Dernière fonction en titre, depuis 2007, il est nommé « ministre conseiller » à la soi-disant présidence de la « RASD » chargé des pays arabes. Suite à son ralliement, Ould Souilem est désigné, par le Souverain, ambassadeur du Maroc à Madrid. Dans une déclaration publiée par la MAP en date du 5 février 2010, il a noté que la proposition marocaine d'autonomie a déstabilisé l'Algérie et l'a contraint à « (…) se battre pour maintenir son hégémonie sur la population sahraouie à Tindouf (…) » et que « La démarche “clairvoyante et courageuse” de SM le Roi Mohammed VI d'accorder une large autonomie aux Provinces du Sud, a accéléré le retour de nombreux membres de cette entité fantomatique ». Autre rallié de poids, Fateh Ahmed Ould Mohamed Fadel Ould Ali Salem, ancien « chef de sûreté de la 3ème zone militaire relevant des renseignements civils dans les camps », rejoint le Royaume en 2010. En fin connaisseur, de par sa fonction, des coulisses sécuritaires du mouvement séparatiste, Ould Ali Salem a appelé à l'ouverture d'une enquête sur les crimes contre l'humanité commis à Tindouf. Enfin, Mahfoud Ali Beiba, « décédé » aux abords de Tindouf le 2 juillet 2010 dans des circonstances mystérieuses, s'apprêtait à regagner le Maroc avec sa famille d'après des informations de l'« Association le Sahara Marocain » (ASM). Cet ancien n° 2 du Polisario, négociateur en chef de la délégation du mouvement lors des rounds de négociation avec le Maroc, et président du « Conseil national sahraoui », était considéré comme un pacifiste favorable à l'intensification du dialogue avec le Maroc. D'où une raison qui justifierait la thèse d'un probable « assassinat ».
Les vagues de ralliement du Maroc ne cessent de s'enfler et de s'étendre. Cette détermination des Sahraouis est incontestablement motivée par les politiques de développement et de mise à niveau entreprises par le Maroc au niveau de ses Provinces du Sud. Mais, surtout, par les perspectives prometteuses offertes par le PMA, lequel est en mesure de régler définitivement le conflit du Sahara. En attendant, la balle est dans le camp adverse.
* Le Centre d'Etudes Internationales (CEI) est un groupe de réflexion et d'analyse basé à Rabat. Acteur actif du débat sur l'intégration maghrébine, le CEI s'intéresse également aux nouvelles problématiques liées à la sécurité internationale, notamment l'immigration, le terrorisme et la fragmentation étatique. En l'an 2010, le CEI a publié, auprès des éditions Karthala, un ouvrage collectif intitulé : « Une décennie de réformes au Maroc (1999-2009) ». En janvier 2011, le CEI a rendu public, auprès du même éditeur, un second ouvrage titré, « Maroc-Algérie : Analyses croisées d'un voisinage hostile » et y publiera, au mois de septembre de l'année 2011, un troisième ouvrage libellé, « Le différend saharien devant l'Organisation des Nations Unies ». Le CEI compte à son actif plusieurs supports électroniques parmi lesquels figure un journal du web, créé récemment, dénommé Ibn Khaldoun et consultable sur le lien électronique : HYPERLINK “http://www.ibn-khaldoun.com” www.ibn-khaldoun.com.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.