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El Jadida : Institut Français, une institution dont les prestations ne cessent de se dégrader. Et pour cause !
Publié dans L'opinion le 16 - 05 - 2014

Il y a un peu plus de deux années, la France disposait au Maroc d'un maillage d'établissements culturels d'une densité sans équivalent au monde : 10 Instituts français et 3 Alliances franco-marocaines, dont celle d'El Jadida.
L'Alliance d'El Jadida a donc existé depuis une vingtaine d'années. Années au cours desquelles elle a assuré à la population locale le meilleur enseignement du français et les meilleures animations culturelles possibles.
Des réalisations qui étaient le fruit d'efforts conjugués de toutes les femmes et de tous les hommes qui ont assumé une responsabilité dans cet établissement : Directeurs, administrateurs, enseignants et fonctionnaires.
La qualité atteinte résultait également d'apports et d'appuis de toutes natures des différents partenaires : Fondation de Paris, ambassade de France, autorités locales, mécènes, établissements d'enseignement Supérieur et Direction éégionale de la Culture.
Mais en tant d'années, il y a eu énormément de changements sociaux : l'évolution économique, pédagogique et culturelle a bouleversé la société autour de l'Alliance.
La ville d'El Jadida est devenue cinq ou six fois plus grande qu'elle ne l'était il y a 20 ans. Sa population et ses besoins en services pédagogiques et culturels ont évolué et ont changé aussi bien quantitativement que qualitativement, alors que le mode de fonctionnement administratif de cet établissement était resté inchangé.
C'est dans un souci de restructuration et d'évolution positive, que le Bureau gestionnaire du Conseil d'Administration avait acquis la conviction de transformer l'Alliance en Institut.
Questionné à ce propos, le président de ce conseil, Mr Ahmed Benhima nous clarifia les motifs derrière un tel changement, ainsi que de l'opportunité qui était à saisir.
« Cette transformation comporte d'énormes avantages :
- Un budget revu à la hausse par le ministère des affaires étrangères français.
- Des garanties plus solides (un Institut est sous la responsabilité directe de la France).
- Des spectacles d'une meilleure qualité que l'Alliance n'avait pas les moyens de mettre à la disposition du public.
Sans oublier que l'ambassade de France ne propose une telle opportunité qu'à des établissements parfaitement gérés. »
Pour passer au statut d'Institut, El Jadida avait opéré vers la fin 2011 la mise à niveau administrative qui s'imposait et l'Ambassade de France avait procédé en 2012 à une mise en fusion de la totalité des Instituts au Maroc. Une fusion des compétences et des moyens, qui a pour finalité suprême l'amélioration qualitative et quantitative du travail et des services.
Une manifestation culturelle dont ne bénéficiait, à titre d'exemple, qu'un Institut ou deux auparavant, aura dorénavant lieu dans tous les Instituts du pays. Le but ? Offrir la même qualité des services, de meilleures opportunités et manifestations, des coûts en baisse, des sponsors plus intéressés et amplement satisfaits (publicité sur l'ensemble du territoire au lieu d'une seule ville)...
Rappelons à titre informatif que l'Alliance est une association gérée par un Conseil d'Administration au pouvoir décisionnel et obéissant au droit local. Tandis que dans un Institut, ce conseil n'a qu'un pouvoir consultatif auprès de l'ambassade, seule qualifiée à prendre les décisions finales.
Cette transformation, qui a eu lieu du temps de la Directrice Brigitte Mestre, a réussi à métamorphoser le champ culturel régional au point d'en faire l'un des plus animés sur le plan national. En témoigne tous ces articles de presse qui en ont fait l'écho et l'éloge.
Malheureusement, une fois l'ex-Directrice partie à la fin de l'année dernière, suivie par celle qui s'occupait de l'organisation des prestations culturelles, l'Institut d'El-Jadida n'est plus que l'ombre de lui-même.
Les prix qui devaient baisser ont augmenté. Les événements culturels, les grands spectacles, les écrivains et artistes-peintres célèbres dont on devait bénéficier en tant qu'Institut, on n'en a vu que dalle !
A la place, nous avons du nous contenter d'une écrasante majorité d'écrivains et artistes jdidis Nous n'avons rien contre les locaux, mais entre un Nedali, un Binebine... et un X, il y a une sacrée différence. Le pire, c'est qu'en grande majorité, on n'en a vu passer que cela.
Pourquoi cette brusque dégringolade ?
Est-ce due à un staff décapité, après le départ de l'ancienne directrice, qui avait une grande connaissance de notre pays et sa culture, et qu'on ne sait plus comment s'en sortir et honorer les promesses faites par cet Institution ?
Nous disons cela parce que cet Institut constituait à chaque fois l'événement culturel au sein de la ville. Une cité qui ressemble de plus en plus à un désert culturel.
La seule Association qui arrive à tirer son épingle du jeu sur ce plan est celle de la Cité Portugaise présidée par Brahim El Kaliî et magnifiquement administrée par Khalid Sfini. Inutile de rappeler que c'est la seule Association d'ailleurs qui n'a pas bénéficié de subvention cette année et qui continue d'exister, contre vents et marées, grâce aux mécènes et aux amis du Patrimoine Jdidis
Comme quoi, nos élus font de leur côté tout ce qui en leur pouvoir, pour « encourager » la culture dans cette ville !


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