Depuis la création et la mise en place d'une équipe nationale au lendemain de l'indépendance, plus de 30 entraîneurs se sont relayés sur le banc de touche. Rares sont ceux qui sont restés plus de deux ans ou gagnés des galons. Au cours de cette série, nous allons essayer de retracer le profil et le parcours de quelques uns qui ont réalisé quelque chose en compagnie de l'équipe du Maroc. Badou Zaki Suite au limogeage d'Humberto Cuelho, Zaki fut nommé, d'abord, intérimaire en 2002, mais le Bureau Fédéral a, immédiatement, entériné sa titularisation surtout que les éliminatoires pour Tunis 2004 se pointaient à l'horizon. Badou Zaki s'était forgé une grande personnalité grâce à un parcours de rêve d'un joueur qui a connu toutes les gloires. Né à Sidi-Kacem en 1959, il a grandi à Salé où il a appris à jouer au ballon. Repéré par feu Abderrazak Mekouar, il rejoint les rangs du WAC. Au poste de gardien de but, il fit oublier les Yachine et consorts. Il forma avec Bouderbala, Lechheb, Aherdane, Gana... une Dream Team qui a raflé coupes et championnat et même la Coupe Mohammed V. En compagnie des Lions de l'Atlas, dont il devient le capitaine, il remplaça Hazzaz dès 1979 et resta titulaire jusqu'au 1992. Il connut l'apogée à Mexico en 1986 lorsqu'il a contribué largement à qualifier les Lions de l'Atlas, pour la 1ère fois de leur Histoire, au 2ème tour. Il obtint, au cours de la même année, le Ballon d'Or et le titre de meilleur gardien africain. La même année, il sera recruté par le club espagnol, Mallorca, avec lequel il joua la finale de la Coupe du Roi d'Espagne en 1991. Rentré au pays, il entama sa carrière d'entraîneur en 1993 par le FUS, puis le Sporting de Salé, WAC, KACM, MAS. Riche de ces expériences, il entama sa carrière de sélectionneur par une vaste campagne de prospection de joueurs marocains qui ont grandi en Europe. Le premier test fut un match amical disputé en France contre le Sénégal qui a révélé des jeunes loups aux dents longues tels Jawad Zaïri, Chammakh, Kharja, Baha... qui vont faire bonne recette avec les anciens tels Naybet, Karkouri...Cette génération va donner raison à Zaki dans ses convictions. En atteste son parcours exceptionnel au cours de la CAN de Tunis en 2004. Les victoires contre l'Algérie ou le Mali vont sortir les foules dans toutes les villes marocaines. En dépit d'une défaite contre le pays organisateur en finale, les Lions de l'Atlas, conduits par Zaki, seront accueillis à Agadir par le Roi Mohammed VI. De l'aéroport de Salé au Complexe Mohammed V, soit quelques 140 Kms, les joueurs et leur staff seront ovationnés, tout le long du parcours, par une foule hystérique. Cette place de finaliste, après des années de disette, va conforter Zaki dans ses choix. Mais, comme chaque cuirasse a sa faille, Zaki va créer autour de lui une ambiance qui va en se détériorant. Les revers cumulés, suite à des déchirements internes, vont se solder par une élimination lors des éliminatoires pour le Mondial de 2006. Harcelé par cette élimination et par les critiques qui ont fusé de toutes parts, Zaki a été obligé de démissionner fin 2005. Malgré l'absence de titres, Zaki a laissé, lors de ce 1er passage, de bonnes impressions chez pas mal de monde et surtout les supporters qui n'ont cessé de réclamer son retour dans tous les stades surtout que ses successeurs n'ont fait que faire couler davantage ce navire qui était au bout du gouffre. Les fiascos cumulés par l'ancien Bureau Fédéral et ses choix, notamment la venue d'Eric Gerets, le passage de Taoussi...ont fait que l'actuel BF a refait appel à Zaki qui jouit d'une personnalité charismatique. « Zaki II » pourra-t-il faire mieux ? That's the question !