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Rentes pétrolières et rentes réglementaires favorisants les investissements stériles
Publié dans L'opinion le 04 - 04 - 2016

Pour soutenir la prise en compte de la situation telle qu'elle se présente dans la région MENA, nous proposons d'abord un rapide examen de la manière dont les ressources naturelles influent sur le développement dans la région MENA. Nous soulignerons ensuite l'intérêt de cette expérience pour la science sociale.
Depuis la découverte du pétrole dans les années 50, les hydrocarbures ont modelé le développement de la région MENA. Un rapide survol de la situation à ce jour donne à penser que la région MENA présente les principales pathologies associées à la malédiction des ressources qui se retrouvent chez les autres pays en développement. Les économies ont enregistré une croissance moyenne assortie d'une forte volatilité des gains macroéconomiques. Ceci est dû aux problèmes suivants : faiblesse du secteur privé, investissements stériles dans des projets inutiles, quête de rentes tous azimuts, et fonction publique pléthorique et surdimensionnée. Cependant, les dépenses de l'État (s'agissant notamment des subventions et des salaires des fonctionnaires) n'ont pas bougé face aux fluctuations des cours du pétrole. Il existe une riche documentation sur la relation entre pétrole et développement dans la région MENA (Yousef 2004 ; El Badawi 2005 ; Nugent et Pesaran 2005). Plutôt que de proposer un résumé d'ensemble, on ne s'attardera que sur les aspects marquants de cette littérature.
Derrière les schémas généraux présentés se cache une diversité incroyable d'expériences de développement individuelles. Le classement de la région MENA est généralement basé sur deux facteurs : la maind'œuvre et les ressources. La dynamique de l'économie politique des pays riches en ressources et pauvres en main-d'oeuvre du Golfe est différente de celle des économies riches en main-d'œuvre de la région (dont certains sont riches en pétrole, et d'autres pauvres en pétrole, comme l'Égypte et la Syrie). Pour classer la région en fonction des richesses en rentes, il convient tout d'abord de séparer ces économies en : pays exportateurs de pétrole financièrement excédentaires, pays exportateurs de pétrole financièrement déficitaires et économies déficitaires en ressources et excédentaires en maind'oeuvre. Pendant le premier boom pétrolier (1973-80), tous ces trois types d'économies ont favorisé le secteur public à travers des allocations de rentes et des pratiques népotiques qui ont sapé les marchés et le changement structurel concurrentiel. Toutefois, les stratégies de développement et la nature des flux de rentes sous-jacents étaient différentes d'un pays à un autre.
Les pays exportateurs de pétrole financièrement excédentaires ont utilisé leurs importantes rentes pétrolières pour s'assurer un soutien politique en offrant plusieurs prestations sociales.
Ceci a accru la consommation du gouvernement, qui a rapidement tari les rentes de ressources. Le phénomène s'est également accompagné d'effets pervers, à savoir : stabilité des autocraties, politique budgétaire procyclique, distorsions du marché du travail, secteurs privés marqués par le favoritisme, et forte dépendance à l'égard des rentes de ressources.
Les pays financièrement déficitaires sont riches en main-d'œuvre avec des rentes de ressources par habitant relativement modestes, comparé aux pays du Golfe. Certains d'entre eux ont utilisé leurs rentes pour lancer un processus d'industrialisation piloté par l'État, qui s'est abrité derrière des tarifs protecteurs élevés, mais la plupart ne sont pas parvenus à forger une puissance industrielle compétitive.
À l'instar d'autres pays exportateurs de pétrole, ces économies ont également institué des droits sociaux systématiques. Il faudrait souligner qu'en l'occurrence, les rentes pétrolières sont combinées à des rentes réglementaires à travers une manipulation de l'économie. Ceci a favorisé la recherche de profit et des investissements stériles, qui ont affaibli les secteurs privés et durci
Plusieurs pays de la région MENA ont entrepris une privatisation et une libéralisation à petite échelle. L'exercice a été mené de manière à maintenir le statu quo. La réforme néolibérale a créé de nouveaux flux de ressources à travers des contrats juteux et des licences accordés dans le secteur bancaire et des télécommunications. Cette démarche avait pour but de consolider les coalitions d'élites et de réorganiser le pouvoir politique. Dans l'ensemble, les réformes économiques ne sont pas parvenues à briser les nombreuses barrières à l'entrée et les pratiques anti-concurrentielles.
Le deuxième boom pétrolier, qui a commencé avec la montée des cours du pétrole dans les années 90, a créé une importante manne financière (les recettes pétrolières des pays de la région MENA ont quadruplé durant la période 2000-07). La plupart des gouvernements des pays exportateurs de pétrole ont d'abord réagi avec prudenceà ces flux financiers très important par une augmentation de l'épargne, une baisse de la consommation domestique et une dépendance vis-à-vis des marchés. Durant cette période, la dette totale de la région MENA est passée de 55 % à 17 % du PIB. Les pays exportateurs de pétrole ont commencé à déposer une bonne partie de leurs excédents de compte courant dans des fonds souverains (FS). Dans plusieurs pays de la région MENA, le secteur privé s'est montré plus actif et plus indépendant de l'État. Toutefois, le deuxième boom pétrolier n'a pas affiné le modèle de développement basé sur la rente.
Les dépenses publiques se sont accélérées depuis 2005 du fait de l'accroissement des engagements concernant les salaires, les subventions et les projets d'infrastructure. Dans l'ensemble, les pays riches en ressources de la région
MENA ont dépensé près de la moitié de leurs excédents de recettes d'hydrocarbures, les dépenses publiques étant évidemment plus élevées dans les pays financièrement déficitaires. Les dépenses publiques restent la principale locomotive de l'investissement privé dans les États riches en ressources de la région MENA, mais ces investissements (notamment ceux portant sur les infrastructures) sont généralement peu rentables (Um et al. 2009).
Il n'est donc pas surprenant que le revenu par habitant des pays exportateurs de pétrole de la région découle principalement des profits sur les termes de l'échange, la contribution du secteur non pétrolier au PIB étant bien maigre (Arezki et Nabli, 2012). En résumé, malgré une légère évolution, le vieux modèle de développement est toujours en place, et il se porte bien.


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