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La corruption, un phénomène universel et complexe lié à des problèmes juridiques, politiques et culturels
Publié dans MAP le 07 - 06 - 2011

La corruption est un phénomène universel et complexe qui pose des problèmes d'ordre politique juridique et économique, mais également éthique et culturel, qui touchent au concept de bonne gouvernance, ont souligné, mardi à Fès,les participants à une rencontre sur ce fléau.
Envoyée spéciale : Roukane El Ghissassi.
Lors d'une rencontre placée sous le thème "Cultures, gouvernances et corruption" initiée dans le cadre du forum de Fès "une âme pour la mondialisation" prévue à la 17ème édition du festival des musiques sacrées de Fès, le président de l'Instance centrale pour la prévention de la corruption, M. Abdesselam Aboudrar, a affirmé que le véritable agent actif dans cette opération est le corrupteur (et non le corrompu) parce que "c'est lui qui dispose de moyens financiers".
Le fléau de corruption ne touche pas que le Maroc mais également les pays développés comme les Etats Unis où existent des lobbys dont l'activité peut être également qualifiée de corruption ou encore en Italie où existe la mafia sicilienne qui recourt à ce moyen.
Revenant au cas du Maroc, M. Aboudrar a affirmé que la corruption, est considérée socialement comme un "mal nécessaire", ajoutant que ce phénomène plonge "ses racines dans l'histoire" du pays et qu'il existe des dictons qui le stigmatisent.
"Nous sommes dans une société largement clientéliste", ajoute-t-il, en rappelant au passage que " la colonisation a, de son côté, non seulement greffé ses intérêts clientélistes mais les a renforcés".
Dans ce contexte, "La corruption est utilisée comme moyen de contrôle des gens", affirme-il, faisant allusion à Jean Waterbury.
La conséquence en est "la banalisation de la corruption entre citoyens et les agents locaux", et les impôts notamment deviennent du "racket".
Le 3ème déterminant qui explique, en outre, ce problème est la faiblesse de l'Etat de droit où "les citoyens sont considérés comme des vaches à traire", parce que "la citoyenneté est encore en phase de formation et l'individu est loin d'être érigé en tant que citoyen", explique-t-il.
Dans pareilles conditions, la corruption ne peut être qualifiée d'un " "épiphénomène" et le printemps arabe a été là pour le confirmer parce que l'une des revendication majeure des manifestants consistait en un rejet catégorique de la corruption, rappelle-t-il.
Transparency Maroc, première instance à lutter contre ce phénomène, s'attaque à l'agent actif, a-t-il indiqué, en rappelant que l'OCDE considère aujourd'hui "illégal pour les sociétés étrangères de soudoyer des agents locaux pour obtenir des contrats".
De son côté, le secrétaire général de Transparency Maroc, M. Rachid Filali Meknassi, a martelé d'emblée que le fléau de corruption à travers le monde génère des dégâts pour l'économie de l'ordre de 120 milliards de dollars, citant à ce propos un rapport publié aujourd'hui à Lisbonne sur ce fléau.
La corruption constitue "un moyen de lubrifier l'économie", fait-il remarquer, ajoutant que lorsqu'"au sommet de l'Etat, il n'existe pas de contrôle à rendre aux autres, se constituent alors des réseaux " de corruption.

Ce n'est pas étonnant, dit-il à l'instar d'Aboudrar, de voir le printemps arabe rejeter de manière catégorique les pratiques liées à la corruption : " non à la corruption ", lit-t-on sur les banderoles que ce soit en Tunisie, en Egypte, en Libye ou ailleurs.
Abondant dans le même sens, Michel Thao Chan (d'origine vietnamienne, Spécialiste des négociations internationales co-fondateur du cercle de réflexion des nations) a affirmé que l'esprit, ayant animé ces jeunes du printemps arabe et qui a eu de l'effet de stimuler une prise de conscience chez les jeunes du monde entier, peut être défini de "vertu".
Après avoir établi une distinction entre quatre types d'intelligence, en l'occurrence la "téléchargée", la "comparative", l'"empathique" et la "générative", M Thao Chan s'est interrogé sur les motivations qui ont incité ces jeunes dans le monde arabe à sortir dehors et à faire la révolution qui a été ressentie au fin fond de l'Asie et de l'Australie. Katherine Marshall (Etats Unis, prof. à l'université de Geogetown) a indiqué, quant à elle, que si la corruption était " acceptée comme une fatalité ", il y a tout de même aujourd'hui " une prise de conscience ", " une rage " et " une perception " que la corruption est à "la racine de tous les problèmes de la société".
En témoigne, dit-elle, le nombre de centres et de mouvements qui luttent contre ce fléau. " Il est indéniable qu'il s'agit d'un phénomène complexe, qui touche les petits et les grands corrupteurs, le pouvoir est corrompu, les marchés le sont aussi, nous sommes loin des idéaux de société ", a-t-elle affirmé.
Face à un tel danger, "une prise de conscience" du fléau de la corruption s'avère nécessaire, mais ce n'est pas suffisant, encore "faut-il qu'il y ait de la " vérification", insiste-t-elle.
Pour remédier à cet état de fait, M. Marshall, - qui s'est particulièrement investie dans le développement de projets concernant la réduction de la pauvreté en particulier auprès de la Banque mondiale- insiste sur le concept de "connaissance" qui doit être "donnée au peuple" pour qu'il prenne " conscience d'une bonne gouvernance".
Il s'agit, en somme, "de valeurs, les plus fondamentales à savoir la justice et l'égalité, qu'il faut défendre" bec et ongles, dit-elle, en conclusion.


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