L'Alliance des Civilisations a donné une autre tonalité au dialogue des Cultures et des Religions, a déclaré samedi à Casablanca, M. Azoulay, Conseiller de S.M le Roi et président de la Fondation Anna Lindh. Intervenant lors d'un débat sur "l'Alliance des Civilisations entre la réalité et l'idéal", organisé dans le cadre du Salon International de l'Edition et du Livre (SIEL), M. Azoulay a souligné que les théoriciens du choc des civilisations ont trop longtemps occupé la scène internationale en instrumentalisant à tort nos cultures, nos identités et nos religions pour éluder ou masquer la nature politique de dossiers qui imposent d'abord des réponses politiques. Initiée par l'Espagne et la Turquie et mise en place par les Nations-Unies, l'Alliance des Civilisations peut contribuer, à cet égard, à clarifier le débat en proposant à la communauté des nations une autre perspective du dialogue interculturel et inter-religieux, a ajouté M. Azoulay. Membre du Groupe de Haut-Niveau mis en place en 2004 par le Secrétaire Général des Nations-Unies, M. Azoulay a rappelé les grandes lignes de la feuille de route de l'Alliance des Civilisations qui met notamment en relief "la centralité du dossier palestinien dont la solution reste déterminante pour reconstruire la légitimité et la crédibilité d'une culture de paix dans notre région et dans le monde". En conclusion, le Conseiller de S.M le Roi a mis en exergue la place et les enseignements de son vécu marocain dans sa contribution et sa participation au processus de l'Alliance des Civilisations développé par les Nations-Unies. De son côté, M. Abdelhay Mouedden, chercheur et universitaire, a notamment rappelé le passage du choc des nationalismes et des classes sociales au choc des civilisations. Relevant que la confrontation entre les civilisations trouve son origine dans les intérêts politiques, il a estimé qu'il est temps, pour sortir des problématiques posées par cette confrontation, d'œuvrer à la recherche des points de convergence. A ce propos, le chercheur et universitaire Mohamed El Malki, a fait remarquer que les convergences entre les religions sont beaucoup plus importantes que les divergences et estimé, par ailleurs, que l'alliance nécessite un minimum d'entente et d'homogénéisation. De même, a-t-il poursuivi, l'alliance est le fruit du développement du concept du dialogue préalable. Le concept d'alliance est en cours de construction et d'enracinement, a-t-il ajouté, rappelant que le projet d'alliance des civilisations est axé sur quatre champs de travail, à savoir les jeunes, l'information, l'emploi et l'émigration. Le professeur et penseur Mohamed Sabila a, pour sa part, indiqué que le concept d'alliance des civilisations revêt, au moins sur le plan académique, un caractère problématique et beaucoup de confusion, sur le plan épistémologique. De ce fait, ce concept pose, du point de vue épistémologique, de nombreuses interrogations notamment sur le dialogue entre la volonté et l'espoir et sur le dialogue pour la paix ou pour la confrontation. Le choc des cultures remonte à nombre de facteurs et ne peut être résumé en confrontations économiques, sociales ou politiques, a-t-il conclu.