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Quand l'océan devient destinée : L'appel du Roi Mohammed VI à l'Afrique
Publié dans Maroc Diplomatique le 11 - 06 - 2025

Dans un monde où les océans sont devenus les nouveaux théâtres de pouvoir et de vulnérabilité, le message de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, adressé au sommet « L'Afrique pour l'Océan », résonne comme une déclaration de souveraineté pour le continent tout entier. D'une hauteur rare, ce texte dépasse les mots pour poser les jalons d'un véritable redressement maritime africain. Entre vision géopolitique, ambition économique et conscience écologique, Sa Majesté le Roi invite l'Afrique à se réapproprier ses mers, non comme des frontières, mais comme des fondements.
En effet, le 9 juin à Nice, dans le cadre du sommet co-présidé par Son Altesse Royale la Princesse Lalla Hasnaa et le président Emmanuel Macron, Sa Majesté le Roi Mohammed VI a adressé aux participants un message d'une rare densité intellectuelle et stratégique, qui s'impose déjà comme l'un des textes fondateurs d'une pensée africaine nouvelle du fait maritime. Ce message, lu par Son Altesse Royale la Princesse Lalla Hasnaa, dépasse largement la rhétorique protocolaire : il constitue un véritable acte fondateur, un manifeste maritime pour une Afrique qui ne se pense plus comme périphérie mais comme puissance. L'océan y est élevé au rang de matrice identitaire, levier géopolitique, et promesse de souveraineté partagée.
Dans ce message empreint d'élégance et de force, d'autorité tranquille et de précision stratégique, Sa Majesté le Roi ne décrit pas. Il ne déplore pas. Il engage. Il inscrit l'océan non dans une esthétique du vert ou du bleu, mais dans une éthique de la responsabilité, dans une politique de la dignité. Chaque mot est ciselé, chaque phrase économe, mais chaque idée frappe par sa profondeur. Loin de l'écologie décorative ou du jargon technocratique, ce texte Royal est un appel à l'appropriation. Une appropriation au sens noble : savoir, maîtrise, vision, alliance. Ce changement de logique est tout sauf accessoire : il est fondateur. Car il engage l'Afrique à sortir de la passivité, à briser le cycle de la dépendance, à transformer son océan en espace de souveraineté. Elle ne peut plus se contenter d'être riche en ressources marines sur les cartes ou dans les discours : elle doit en devenir la détentrice réelle, la gardienne, l'architecte. Sa Majesté le Roi appelle ici à une reconquête, pas militaire ou idéologique, mais une reconquête stratégique, normative, écologique et économique. Car celui qui ne pense pas ses rivages est condamné à en être exproprié.
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Et le paradoxe est cruel, formulé par le Souverain avec la netteté d'un constat qui ne cherche pas à plaire : nos mers sont riches mais vulnérables, stratégiques mais sous-optimisées, prometteuses mais encore peu protégées. Cette triple tension, d'apparence insoluble, est l'aiguillon d'une refondation. D'une voix claire, Sa Majesté le Roi nous exhorte à quitter la logique des potentialités dormantes pour entrer dans celle, active, d'une appropriation souveraine. Cette mer africaine, naguère regardée comme un ailleurs, doit devenir un prolongement de la terre, un organe vivant de notre économie, de notre sécurité, de notre identité. Elle n'est plus une frontière liquide, mais une colonne vertébrale, une mémoire à reconquérir, un avenir à structurer.
Le message Royal ne s'enferme pas dans le verbe : il ouvre des chantiers. Il trace des lignes concrètes, des perspectives mesurables. L'économie bleue, dans la bouche du Souverain, cesse d'être une mode. Elle devient nécessité vitale. Elle dit l'aquaculture durable, les énergies marines renouvelables, les ports intelligents, les biotechnologies du vivant marin. Mais surtout, elle appelle à penser ces secteurs comme une chaîne, un système, un tout cohérent, non comme des opportunités éparses, mais comme un écosystème stratégique intégré. Et dans cette vision, le Maroc ne joue pas au professeur du Sud. Il agit. Il propose, il construit, il engage. Tanger Med, Nador West-Med, Dakhla Atlantique : ces noms ne sont pas seulement ceux d'infrastructures. Ils sont devenus les symboles d'un Royaume qui articule puissance logistique et stabilité régionale, qui relie l'Afrique à elle-même avant de l'ouvrir au monde.
Mais l'Afrique ne peut avancer seule dans ses eaux. L'océan, nous dit S.M. le Roi, n'est pas un bien que l'on gère chacun dans son coin. Il est un patrimoine commun, mais aussi un défi partagé. La mer exige une gouvernance concertée aussi faut-il que le continent parle d'une seule voix, sécurise ensemble ses routes, protège collectivement sa biodiversité, affirme un droit africain des mers, pour ne plus dépendre de décisions prises ailleurs, dans d'autres hémisphères. Ce n'est pas du lyrisme panafricaniste. C'est de la géopolitique pure, celle qui naît de la souveraineté assumée et de la coordination solidaire.
Et puis vient ce moment du discours où l'on sent la Vision Royale s'élever encore. Là où certains se contenteraient de nommer les défis, Sa Majesté le Roi Mohammed VI ose nommer les possibles. Il parle de la façade atlantique du continent non plus comme d'un flanc endormi, mais comme d'un axe stratégique majeur. L'Afrique atlantique n'est plus un angle mort mais elle devient ainsi un espace de désenclavement, de projection, de résilience. C'est là que le Maroc, fort de sa double vocation méditerranéenne et atlantique, propose une architecture nouvelle : l'Initiative des Etats Africains Atlantiques, cette zone de dialogue stratégique et de sécurité collective, qui préfigure une intégration régionale inédite, inclusive, solidaire. Même les pays du Sahel y ont leur place, leur débouché, leur horizon.
Et que dire du projet du gazoduc Afrique Atlantique, évoqué sans emphase mais avec une clarté magistrale ? Il est bien plus qu'un corridor énergétique. Il est le symbole d'une Afrique qui se relie de l'intérieur, qui dessine ses propres routes, qui articule ses ressources avec ses besoins, sans attendre que d'autres le fassent à sa place. Ce projet est, dans son essence, un manifeste contre l'assignation. Il dit que l'Afrique ne se contentera plus d'exporter du brut et d'importer des normes. Elle créera ses propres flux, ses propres équilibres, sa propre voix.
Et c'est là, peut-être, la plus haute portée de ce message. S.M. le Roi ne parle pas pour rappeler l'évidence. Il parle pour fonder une souveraineté. Il parle pour dire que le temps de la passivité est révolu, que l'Afrique n'est jamais aussi forte que lorsqu'elle pense avec hauteur et agit avec cohérence. Et le Maroc, dans cette architecture, n'impose rien. Il propose, il partage, il s'engage, avec énergie et détermination, à prendre sa part dans l'œuvre collective. Une phrase simple, mais qui condense toute une éthique, celle d'un leadership sans arrogance, d'un volontarisme sans posture, d'une fidélité au continent sans condition.
Ce message Royal n'est pas un discours. C'est un cap. Il n'est pas un texte. Il est un souffle. Il rappelle à l'Afrique qu'elle n'a jamais été aussi grande que lorsqu'elle s'est pensée par ses rivages, par ses ports, par ses routes maritimes, par ses peuples qui ne craignaient pas l'horizon. Aujourd'hui, grâce à cette Vision portée avec constance par Sa Majesté le Roi Mohammed VI, l'Afrique peut enfin revenir à la mer. Non pour la subir, mais pour la gouverner. C'est là tout le génie discret de cette parole Royale : redonner à l'Afrique la mer comme avenir, et au monde une Afrique maritime.


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