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Ayoub Guemouria : "L'approche systémique permet d'anticiper les conséquences à long terme des politiques hydriques"
Publié dans Les ECO le 13 - 10 - 2025


Chercheur à l'Université Mohammed VI Polytechnique
À la veille de la COP, le Maroc s'interroge sur la durabilité de son modèle hydrique. Face à la raréfaction de la ressource, Ayoub Guemouria, chercheur à l'Université Mohammed VI Polytechnique, plaide pour une approche systémique capable d'intégrer les dimensions sociales, économiques et environnementales de l'eau.
Le Maroc semble avoir franchi un cap dans la crise de l'eau. Jusqu'à quel point la situation est-elle devenue critique ?
Le pays traverse une rareté structurelle qui s'aggrave depuis plusieurs décennies. La disponibilité en eau par habitant, supérieure à 2.500 m3 dans les années 1960, est tombée à quelques centaines de mètres cubes, bien en dessous du seuil de rareté. Le changement climatique amplifie cette tendance : baisse des précipitations, sécheresses plus longues, pluviométrie instable.
Les barrages, longtemps présentés comme solution, affichent des taux de remplissage faibles. L'agriculture, qui absorbe près de 85% des ressources, accentue la tension en raison de cultures intensives et parfois tournées vers l'export. Cette configuration révèle les limites d'une gouvernance fragmentée, marquée par la juxtaposition de politiques agricoles, énergétiques et urbaines qui peinent à dialoguer entre elles.
Comment expliquer que la gestion de l'eau demeure aussi fragmentée ?
Cela traduit une manière de penser l'eau à travers des logiques sectorielles. Chaque politique agit dans son propre périmètre, sans évaluation des effets croisés. Le résultat se lit dans la surexploitation des nappes, la salinisation des aquifères et les inégalités territoriales.
Certes, les zones côtières profitent du dessalement, mais les régions intérieures restent vulnérables. L'absence de vision d'ensemble empêche de mesurer les conséquences dans le temps, au point qu'une action locale peut compromettre l'équilibre général.
Vous plaidez pour une approche systémique fondée sur la «dynamique des systèmes». En quoi cette méthode peut-elle inspirer les politiques publiques ?
L'approche propose une lecture globale des interactions entre le climat, l'économie et les comportements humains. Plutôt que de modéliser les flux hydrologiques, elle cherche à comprendre les mécanismes qui les gouvernent. Les boucles de rétroaction qu'elle met au jour montrent comment une solution présentée comme rationnelle peut, à terme, aggraver le problème.
C'est le cas du pompage excessif ou de l'amélioration de l'irrigation qui, sans régulation, stimule l'expansion agricole. Cette approche introduit aussi la dimension du temps, en simulant l'évolution des politiques publiques sur plusieurs décennies.
Comment cette démarche est-elle mise en œuvre à l'Université Mohammed VI Polytechnique ?
Les recherches menées à l'International Water Research Institute s'appuient sur des bassins vulnérables comme celui du Souss-Massa. Les modèles développés ont révélé des effets paradoxaux, à savoir que l'amélioration de l'efficience de l'irrigation peut accélérer l'épuisement des nappes si elle n'est pas encadrée.
Ces travaux ne se limitent pas à l'analyse scientifique puisqu'ils visent à fournir aux agences de bassin des outils de simulation et de décision. L'objectif est d'ancrer la politique de l'eau dans une gouvernance adaptative, fondée sur l'anticipation et la transparence.
Les travaux menés au sein de votre équipe ouvrent plusieurs perspectives. Quels enseignements en tirer pour la politique de l'eau ?
Aucune réponse ne peut, à elle seule, endiguer la pression sur la ressource. Le dessalement, les transferts ou la modernisation agricole ne produisent des effets durables que s'ils s'accompagnent d'une régulation claire et d'une participation locale. Les économies d'eau doivent être consacrées à la préservation plutôt qu'à l'expansion des surfaces irriguées. La véritable efficacité se joue dans la gouvernance :
des règles partagées, une concertation continue et une vision à long terme.
Ayoub Ibnoulfassih / Les Inspirations ECO


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