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Crise au Proche Orient : Vive crainte d'une escalade de la violence, la communauté internationale en quête d'une issue
Publié dans Maroc Diplomatique le 08 - 12 - 2017

Entre réprobation, condamnation et vive critique à travers les quatre coins du globe, la décision américaine de reconnaitre Al-Qods comme capitale officielle d'Israël continue d'occuper une large place dans l'actualité internationale, au prisme du risque majeur d'une escalade, sans précédent, de la violence dans la région, et aux efforts diplomatiques présentement réduits au simple rang de l'« indignation » et de la « mise en garde ».
Première conséquence de ce revirement « irresponsable » et « explosif » dans la politique étrangère américaine depuis 70 ans, est l'alimentation d'une vive crainte d'une prolifération « sans fin » de la violence dans une zone déjà frappée de plein fouet, par des crises chroniques et intempestives ayant déjà affaibli plusieurs pays de la région pour les transformer en véritables terreaux pour le terrorisme.
Dans les territoires palestiniens occupés, la tension est au rouge et une escalade de la violence n'est pas à exclure à tout moment surtout, après l'appel du mouvement Hamas à « une nouvelle Intifada » comme moyen parmi d'autres pour défendre les droits du peuple palestinien innocent, opprimé des décennies durant devant l'indifférence et l'immobilisme de la communauté internationale.
Ainsi, des affrontements ont eu lieu ce vendredi à Al Qods et en Cisjordanie occupée entre la police israélienne et plusieurs dizaines de palestiniens déterminés à transformer les rues de l'ancienne ville, en véritable espace pour exprimer leur « rage ».
Des tirs de balles en caoutchouc et de gaz lacrymogènes ont été lancés à Hébron, Bethléem et Jéricho ou encore, à proximité de Naplouse par les forces israéliennes, afin de disperser des jeunes palestiniens qui se sont livrés à des jets de pierres contre l'armada de soldats israéliens mobilisés, en signe de protestation.
Après les troubles éclatées jeudi entre palestiniens et soldats israéliens ayant causé plus d'une trentaine de blessés par balles en caoutchouc ou réelles, dans la bande de Gaza et en Cisjordanie occupée, tous les regards restent amadoués vers Al- Qods, plus précisément l'esplanade des mosquées accueillant la prière du vendredi.
D'autres manifestations d'indignation mais aussi, de solidarité avec la cause palestinienne sont attendues dans plusieurs pays arabes et musulmans, notamment à Istanbul (Turquie), et en Malaisie, après les mouvements de protestation qui ont eu lieu, jeudi, en Jordanie, Tunisie, Pakistan, et en Turquie.
Plusieurs villes Afghanes ont vibré vendredi au rythme de manifestations massives contre la décision du président américain, notamment à Kaboul où plusieurs centaines de personnes ont investi l'esplanade de la principale mosquée de la ville, alors que d'autres qui tentaient de marcher vers l'ambassade US ont été écartés mais sans incidents.
En Iran, des milliers de protestants ont défilé après la prière du vendredi dans plusieurs villes, comme à Téhéran, cirant « la mort à l'Amérique » et « la mort à Israël », ou encore « Al-Qods est à nous », « Nous nous tiendrons debout jusqu'à l'anéantissement d'Israël ».
Le guide suprême iranien, Ahmad Khatami a, par ailleurs, alerté vendredi que des missiles iraniens pouvaient été lancés contre Israël.
« Nous construisons des missiles et nous augmenterons leur portée autant que nous pouvons, à des milliers de kilomètres, de façon à empêcher de dormir les locataires de la Maison Blanche », a-t-il dit, insistant sur le fait que les missiles servaient à des fins de dissuasion.
« Si un jour le régime sioniste veut faire une erreur, nous raserons Tel-Aviv et Haïfa (nord d'Israël) », a-t-il menacé.
Au Liban, Hassan Nasrallah, leader de Hezbollah, grand ennemi de l'Etat hébreu, a quant à lui, appelé à « une manifestation populaire massive » à partir de lundi à Beyrouth, contre l'« agression américaine ».
Le mouvement de colère s'est poursuivi depuis mercredi où, des Palestiniens ont appelé à « trois jours de rage ».
Selon l'armée israélienne, dans la même soirée, deux roquettes seraient tirées à partir de la bande de Gaza vers Israël. Un climat d'incertitude qui a poussé Israël, en prévision à une éventuelle dégénération de la situation, de déployer depuis la décision de Trump, des centaines de policiers supplémentaires et de gardes- frontières.
Toutefois, la question qui s'impose est de savoir quel est le schéma dessiné par l'administration américaine dans cette région du globe dans les années à venir, alors même que la ville d'Al Qods jouit d'un statut « particulier » et dispose d'une grande portée spirituelle pour les trois religions monothéistes à savoir : l'islam, le judaïsme et le christianisme ?
Pour rappel, les Palestiniens réclament Al Qods-Est comme la capitale d'un Etat Palestinien indépendant à mettre en place, alors qu'Israël proclame Jérusalem comme capitale éternelle et à part entière.
Depuis 1948, la communauté internationale s'est abstenue de reconnaitre Al-Qods comme capitale de l'Etat hébreu, considérant que la question du « statut final » de la ville Sainte, ne peut être résolue que par le biais des négociations entre antagonistes.
En dépit des mises en gardes en série lancées de par le monde, le président américain, Donald Trump a pourtant donné son instruction pour prendre les mesures qui s'imposent en vue d'un transfert prochain, de l'ambassade des USA de Tel- Aviv vers Al-Qods.
La gravité de la situation dans les territoires palestiniens occupés et les évolutions auxquelles elle pourrait donner lieu, a poussé le Conseil de Sécurité des Nations Unies à programmer une réunion d'urgence ce vendredi.
Le président palestinien, Mahmoud Abbas a déclaré que les USA sont à présent discrédités pour continuer à jouer le rôle de médiateur dans le processus de paix au proche orient.
Alors qu'une visite du vice-président américain, Mike Pence est prévue durant la deuxième quinzaine du mois de décembre, Jibril Rajoub, cadre du mouvement Fatah, a affirmé que le responsable américain n'est pas « le bienvenu en Palestine ».
Du côté américain, on estime que toute annulation de la rencontre prévue entre Pence et Mahmoud Abbas serait « contre-productive », pourtant Palestiniens et Israéliens ne ce sont retrouvés autour de la même table des négociations depuis 2014.
Sur le plan diplomatique, La cheffe de la diplomatie européenne, Federica Mogherini et son homologue jordanien Aymane Safadi ont souligné, vendredi depuis Bruxelles, qu'ils « n'abandonnaient pas » le processus de paix israélo-palestinien, ni l'objectif d'un Etat palestinien.
« La solution est claire, c'est la solution des deux Etats » israélien et palestinien, vivant en paix côte à côte et partageant Al-Qods comme capitale, a martelé M. Safadi.
La diplomate européenne a préconisé un cadre plus large de négociations, avec l'implication de la Jordanie, de l'Egypte, de l'Arabie saoudite et de la Norvège comme parrains.
« Ne pas avoir la perspective d'un Etat palestinien, avec des autorités, un contrôle du territoire, un Etat normal et indépendant, avec une capitale et des institutions qui fonctionnent est, à mes yeux, une menace majeure pour la sécurité des citoyens israéliens d'Israël, particulièrement au vu de la situation dans la région », estime Mme Mogherini.


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