Entre calculs stratégiques et signaux d'apaisement, la question du Sahara marocain pourrait devenir le point de convergence d'intérêts longtemps divergents. L'analyse publiée, le 6 novembre 2025, par le Middle East Institute place la récente résolution du Conseil de sécurité de l'ONU, adoptée le 31 octobre, au centre d'une recomposition diplomatique plus large autour du Sahara marocain. Cette résolution, qui consacre le plan d'autonomie sous souveraineté marocaine comme base du règlement du différend, marque selon le think tank américain l'un des tournants les plus significatifs dans la diplomatie récente du Royaume. Cette évolution s'inscrit dans une dynamique amorcée dès 2020, lorsque les Etats-Unis ont reconnu la souveraineté du Maroc sur son Sahara, avant que l'Espagne, la France et le Royaume-Uni n'expriment à leur tour leur soutien. Ces positions ont été consolidées par des investissements croissants dans les provinces du Sud, confortant la trajectoire du Royaume vers une stabilité institutionnelle et économique durable dans cette région. L'analyse évoque également les propos de Steve Witkoff, envoyé spécial des Etats-Unis au Moyen-Orient, qui a indiqué dans une interview télévisée que son équipe travaille à un accord entre le Maroc et l'Algérie, avec un horizon de soixante jours pour en poser les bases. Cette perspective rejoint la volonté de Washington d'obtenir un succès diplomatique majeur, susceptible d'ouvrir la voie à une réconciliation entre Rabat et Alger. Selon le Middle East Institute, une telle entente pourrait transformer la région, en favorisant l'intégration économique du Maghreb, le renforcement de la coopération énergétique, la réduction des flux migratoires vers l'Europe, ainsi d'une une meilleure coordination sécuritaire au Sahel. Lire aussi : Le Roi Mohammed VI adresse une nouvelle main tendue à l'Algérie L'institut rappelle que le Maroc bénéficie aujourd'hui d'une avance diplomatique consolidée par son ancrage international et ses partenariats et accords stratégiques. L'adhésion à ces accords lui confère, selon le rapport, des avantages technologiques et une influence accrue à Washington et en Europe. L'analyse relève cependant que « l'Algérie conserve plusieurs leviers ». Mais ces atouts contrastent avec « une situation régionale moins favorable ». Alger se trouve confrontée à l'isolement diplomatique dans le Sahel et à la dégradation de ses relations avec le Mali. Et si le différend trouvait enfin sa voie de sortie ? Le Middle East Institute suggère qu'une sortie durable du différend passerait par un processus par étapes. La première phase consisterait à consolider le cessez-le-feu et à encadrer le dialogue autour du plan d'autonomie. « Elle inclurait également un programme de désarmement et de réintégration des membres du Polisario », estime l'institut. La seconde phase viserait une intégration régionale graduelle. Elle proposerait une coordination sécuritaire entre le Maroc, l'Algérie, l'Union européenne et les Etats-Unis pour le Sahel, ainsi qu'une coopération énergétique fondée sur l'accès commun aux marchés européens. Enfin, un dispositif de gestion collective des migrations renforcerait la stabilité maghrébine. L'institut conclut que la résolution du conflit du Sahara marocain pourrait ouvrir la voie à un équilibre régional inédit. Le Maroc, fort de son initiative d'autonomie soutenue à l'échelle internationale, poursuit la mise en œuvre de son modèle de développement dans ses provinces du Sud. L'Algérie, de son côté, pourrait trouver dans une approche concertée une opportunité de redéfinir son rôle régional tout en préservant sa stabilité interne.