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Vers la fin des ayatollahs ?
Publié dans Maroc Diplomatique le 09 - 01 - 2026

Depuis la fin du mois de décembre 2025, l'Iran est traversé par une vague de contestations populaires d'ampleur inédite. Nées de revendications économiques, ces mobilisations ont rapidement pris une tournure politique, visant directement les fondements du pouvoir. Face à des manifestations nationales et à des slogans hostiles au régime, incarné par l'ayatollah Ali Khamenei, les autorités affichent une fermeté absolue, tandis que la communauté internationale exprime sa vive inquiétude face à la répression en cours.
Des manifestations d'une ampleur rarement observée secouent le pays depuis le 28 décembre 2025. Initialement déclenchée par la mobilisation des petits commerçants, puis du grand Bazar de Téhéran, la contestation s'est rapidement propagée à l'ensemble du territoire. D'abord concentrée dans les grands centres urbains, elle a progressivement gagné d'autres régions, notamment la province d'Ilam, à l'ouest du pays. Ce mouvement, nourri par la dégradation des conditions économiques et un profond malaise social, s'est rapidement politisé.
Le jeudi 8 janvier 2026, les autorités iraniennes ont procédé à des coupures d'Internet dans plusieurs régions, notamment à Tabriz. Cette méthode, régulièrement employée par le régime lors de périodes de tensions, vise à entraver la coordination des protestataires et à limiter la diffusion d'images des manifestations. À Téhéran, malgré ces restrictions, des rassemblements ont eu lieu sur plusieurs grandes artères de la capitale, où les manifestants ont scandé des slogans ouvertement hostiles au pouvoir, parmi lesquels « Mort au dictateur ».
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Cette mobilisation fait également suite à un appel à manifester lancé par Reza Pahlavi, fils du dernier chah d'Iran, aujourd'hui en exil. Dans une vidéo diffusée le 6 janvier, il a exhorté les Iraniens à exprimer leur opposition au régime, que ce soit dans l'espace public ou depuis leur domicile. Des images relayées sur les réseaux sociaux font état de rassemblements importants dans plusieurs villes du pays, notamment à Machhad, à Tabriz, ainsi que dans les régions occidentales à majorité kurde, autour de Kermanshah.
Face à l'extension de la contestation, le guide suprême iranien a réaffirmé une ligne de fermeté. Dans un discours diffusé le vendredi 9 janvier par la télévision d'Etat, Ali Khamenei a déclaré que l'Iran ne céderait pas face aux manifestants, qu'il a qualifiés de « saboteurs » et de « vandales ». Les autorités accusent par ailleurs des puissances étrangères d'attiser les troubles. Le ministre iranien des Affaires étrangères a ainsi dénoncé une ingérence des Etats-Unis et d'Israël, les accusant de chercher à transformer des manifestations initialement pacifiques en actions violentes.
Selon plusieurs organisations de défense des droits humains, les forces de sécurité auraient fait usage d'une force disproportionnée pour disperser les rassemblements, entraînant la mort de plusieurs dizaines de personnes depuis le début du mouvement. Ces événements constituent la mobilisation la plus importante observée en Iran depuis les manifestations de 2022, déclenchées par la mort de Mahsa Amini.
La communauté internationale a réagi avec préoccupation. Le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l'Homme a appelé à l'ouverture d'une enquête indépendante sur les violences commises, tandis que plusieurs pays européens, dont la France et l'Allemagne, ont exhorté les autorités iraniennes à faire preuve de retenue et à respecter le droit fondamental de manifester pacifiquement.


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