En signant la Charte fondatrice du Conseil de la Paix, le Maroc s'engage dans un nouveau cadre international qui place la responsabilité des Etats, la gouvernance et la stabilité durable au cœur de l'action collective. Cette adhésion marque l'entrée du Royaume dans une initiative qui ambitionne de repenser les mécanismes traditionnels de consolidation de la paix à l'échelle mondiale. L'adhésion du Maroc, intervenue le jeudi 22 janvier 2026, s'inscrit dans un dispositif international régi par une Charte fondatrice aux contours politiques, juridiques et institutionnels clairement définis. La signature de ce texte a eu lieu lors d'une cérémonie officielle organisée en marge du Forum économique mondial à Davos. Elle établit les bases d'une approche collective renouvelée en matière de paix, tout en précisant les rôles, les droits et les responsabilités des Etats membres. Selon le document rendu public, la Charte a été élaborée en réponse aux « échecs passés des mécanismes de médiation traditionnels ». Elle entend proposer une alternative plus structurée et pragmatique, fondée sur une meilleure coordination internationale et une responsabilisation accrue des Etats et des populations concernées. Dans son préambule, la Charte souligne qu'« une paix durable exige un jugement pragmatique, des solutions sensées et le courage de s'écarter des approches et des institutions qui ont trop souvent échoué ». Elle insiste sur la nécessité de permettre aux populations de « s'approprier leur avenir et d'en assumer la responsabilité », tout en critiquant certaines méthodes traditionnelles accusées de favoriser la dépendance et « d'institutionnaliser la crise plutôt que d'aider les sociétés à la surmonter ». Dans cette logique, le texte met en avant la création d'un organisme « plus agile et plus efficace », capable de coordonner une action internationale fondée sur la justice, le partage des responsabilités et des solutions concrètes adaptées aux réalités locales. Lire aussi : Conseil de paix : le Maroc confirme son rôle incontournable sur la scène mondiale Toujours selon la Charte, le Conseil de la paix a pour mission de « promouvoir la stabilité, rétablir une gouvernance fiable et légitime et garantir une paix durable ». Son action inclut l'élaboration et la diffusion de bonnes pratiques destinées aux Etats confrontés à des situations de conflit ou de fragilité, dans le respect du droit international. La composition du Conseil est strictement encadrée. L'adhésion est réservée aux Etats invités par le président fondateur, Donald Trump, et chaque pays membre est représenté par son chef d'Etat ou de gouvernement. La Charte précise qu'aucune disposition ne saurait être interprétée comme conférant au Conseil une compétence sur le territoire des Etats membres sans leur consentement explicite. Les mandats sont limités à trois ans, renouvelables, une durée qui ne s'applique toutefois pas aux Etats versant plus d'un milliard de dollars américains en contribution financière durant la première année suivant l'entrée en vigueur de la Charte. Sur le plan institutionnel, le Conseil d'administration, nommé par le président, réunit des personnalités de premier plan à l'échelle internationale. Il est dirigé par un directeur général chargé de coordonner l'ensemble des activités. Un comité exécutif se réunit régulièrement pour statuer sur les décisions opérationnelles, rend compte de son action de manière trimestrielle et adopte son propre règlement intérieur. Le financement du Conseil repose sur des contributions volontaires, assorties de mécanismes de contrôle destinés à garantir la transparence de la gestion financière. Enfin, d'un point de vue juridique, le Conseil de la Paix et ses entités disposent d'une personnalité juridique internationale. Ils sont habilités à conclure des contrats, acquérir des biens, engager des procédures judiciaires et recruter du personnel. La Charte prévoit également des dispositions détaillées relatives à la résolution des différends internes, ainsi qu'aux modalités de modification du texte fondateur, de dissolution de l'organisation et de transition institutionnelle. À travers cette signature, le Maroc s'inscrit ainsi dans une initiative internationale qui ambitionne de redéfinir les instruments de la paix et de la stabilité, tout en affirmant le principe de souveraineté des Etats et la primauté de solutions durables, adaptées aux contextes nationaux.