La beauté de Chefchaouen et de Tanger mise en relief par TF1    Affronter les pollueurs récidivistes!    Le Rwanda annonce un nouveau gouvernement composé à 50% de femmes    4e commission de l'ONU: Triste spectacle mercenaire    Mairie de Casablanca: La propreté renvoyée aux calendes grecques    Sahara : De l'informel à l'officiel…    L'Affaire Khashoggi et la main de Washington…    Miss Liban perd son titre pour avoir posée avec Miss Israël    «Les fourmis prédatrices ou l'itinéraire d'un expulsé d'Algérie»    KACM – DHJ au sommer de la 5e journée    Malgré les aveux saoudiens, Trump et l'UE réclament plus de détails sur le meurtre de Khashoggi    Les métiers du cheval: une filière en manque de profils adaptés    Débats en profondeur et intellectuels d'ici et d'ailleurs    11è Festival de la Culture soufie à Fès : Les Femmes ouvrent le bal    «Pressa»…. le bonheur est ailleurs!    Mouloud Ou Hamouch mène en silence une bataille contre la maladie    Sa majesté le roi reçoit les condoléances du roi Salmane suite au drame Bouknadel    Armes nucléaires: Trump fait un pas de plus vers l'unilatéralisme    Londres : 700 000 personnes manifestent contre le Brexit    Casablanca : Une tentative de viol filmée sur Internet    Les marcheurs de la faim toujours bloqués à la frontière mexicaine    Messi exit du Classico    Faouzi Benzarti mis à la porte par la sélection tunisienne    Aller loin, y aller ensemble : Les start-up marocaines ont besoin de notre soutien    La terrible blessure de Lionel Messi avant le classico (Vidéo)    Une nouvelle tragédie sur l'autoroute de Casablanca    Retour du droit à l'importation de 30% sur le blé tendre à partir de 2019    ESCA invite les professionnels de la comptabilité à un workshop gratuit    Une levée de fonds de 500M$ pour Careem    Les réformes de la justice au Maroc saluées par une commission européenne    Le Maroc et la Tunisie peinent toujours à dynamiser leurs échanges    L'ONCF dément les rumeurs de piratage    Le Roi Mohammed VI charge Akhannouch d'élaborer une stratégie de développement agricole    Affaire Khashoggi : L'Arabie saoudite plaide coupable    L'Organisation des Etats de la Caraïbe orientale se dote d'une ambassade à Rabat    Arrestation d'une femme soupçonnée de port illégal d'un uniforme de police    Bundesliga : Le Bayern en opération sauvetage    Le Maroc refuse de jouer au gendarme de l'Europe    Désillisions    Liga : Barça et Real guettés par la crise    Premier League : Une manche show    Le Salon maghrébin du livre à Oujda, une ambitieuse contribution à la consécration de la coopération culturelle    Faiçal Ben primé au Festival international du film de Delhi    Bouillon de culture    Arrestation de deux individus impliqués dans une affaire de viol ayant entraîné la mort, détails !    Plus de 15 millions de cartes bancaires en circulation    Mieux vaut pousser tôt au premier accouchement    Divers    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.





KHALIL EL MESSAADI, "Mahjoubi Aherdane n'a été ni résistant ni fondateur du MP"
Publié dans MarocHebdo le 18 - 04 - 2014

Maroc Hebdo: Dans son dernier livre-mémoires, Mahjoubi Aherdane affirme avoir fait partie de l'Armée de libération, que votre père, Abbas El Messaâdi, avait dirigée pendant les années 50. Mais apparemment vous contestez cela?
Khalil El Messaâdi: Non seulement je le conteste, mais je le démens catégoriquement. Mahjoubi Aherdane n'a jamais fait partie de l'Armée de libération. Il n'a jamais été un résistant non plus. M. Aherdane est un militaire de formation. Après son admission, à un âge avancé, à l'Ecole militaire de Meknès, il a été recruté par l'armée française, avec laquelle il a combattu pendant la Deuxième Guerre mondiale.
À son retour, il fut nommé Caïd à Oulmès.
Comment a-t-il connu votre père alors?
Khalil El Messaâdi: Il l'a connu au début des années 40, au moment où mon père s'est installé avec sa famille à Moulay Bouazza, dans le Moyen-Atlas, après avoir quitté sa région natale, Tazzarine Aït Atta.
Mahjoubi Aherdane affirme avoir été très proche de Abbas El Messaâdi, et même son compagnon de route, au même titre que le Docteur Abdelkrim El Khatib...
Khalil El Messaâdi: Mon père a rejoint Casablanca au tout début des années 50, plus précisément le domicile du grand résistant Brahim Roudani, qui l'avait chargé de diriger son usine. Entré dans la Résistance, mon père a perdu tout contact avec Mahjoubi Aherdane. En revanche, le docteur Abdelkrim El Khatib, lui, était un homme très proche de Abbas El Messaâdi.
D'ailleurs, l'Armée de libération doit son existence au docteur El Khatib et mon père. Ce sont eux qui ramenaient les armes d'Egypte pour combattre la colonisation.
Mahjoubi Aherdane n'était-il pas parmi les fondateurs du parti du Mouvement populaire?
Khalil El Messaâdi: Absolument pas. Il n'était pas parmi les fondateurs du parti du Mouvement populaire. La création de cette formation politique en 1958, est l'oeuvre de l'illustre résistant Lahcen Lyoussi et de Mbarek El Bekkaï, ex-Premier ministre de Mohammed V. Ils ont été rejoints par la suite, par d'autres chefs de l'Armée de libération, notamment du Moyen-Atlas et du Rif. On peut citer, entre autres, le fils de Haj Ammar Riffi, Mohamed; Miloud El Caïd; Chouaïb El Gharnati; Abdallah Zahrat; Mohamed Allal. L'objectif de cette formation était de contrecarrer la mainmise du Parti de l'Istiqlal sur le pays, précisément après l'assassinat de mon père, en 1956.
Mahjoubi Aherdane n'était donc pas parmi les fondateurs, et M. El Khatib y était-il ?
Khalil El Messaâdi: Non, M. El Khatib n'était pas à la création. Mais les fondateurs du Mouvement populaire, des visionnaires tels que le grand résistant Lahcen Lyoussi et Mbarek El Bekkaï, ont eu la judicieuse idée de le placer à la tête du parti du Mouvement Populaire. C'était un jeune médecin, bien formé, pouvant animer le parti et jouissant d'une grande légitimité pour avoir mené la lutte armée contre la colonisation. Mahjoubi Aherdane, lui, a rejoint le parti bien plus tard.
Toujours dans son livre, Mahjoubi Aherdane soutient que l'assassinat de Abbas El Messaâdi a été commandité par Bensaïd Aït Idder. Etes-vous d'accord?
Khalil El Messaâdi: Bensaïd Aït Idder a une responsabilité dans cet assassinant, mais les principaux commanditaires étaient, sans aucun doute, Mehdi Ben Barka et Fqih Basri. Les meurtriers de mon père avaient cité leurs noms devant les enquêteurs. C'était Hassan II, à l'époque Prince héritier, qui dirigeait lui-même l'enquête, sur ordre de son père, S.M. Mohammed V.
Racontez-nous un peu les circonstances de cet assassinat...
Khalil El Messaâdi: Mon père a été assassiné le 27 juin 1956, à Fès. Alors qu'il entrait dans un garage pour monter dans sa voiture, il a été interpellé par trois individus armés, qui l'ont abattu après qu'il ait refusé de les suivre. Ils lui avaient dit qu'il était convoqué pour une réunion d'une extrême urgence avec Mehdi Ben Barka.
Pourquoi Mehdi Ben Barka et Fqih Basri n'ont-ils pas été traduits devant la justice puisque leurs noms ont été cités pendant l'enquête?
Khalil El Messaâdi: Parce que le Parti de l'Istiqlal était une force politique importante à l'époque. De peur de provoquer des troubles à l'ordre public alors que la situation était déjà tendue, le Palais a préféré ne pas les traduire devant la justice.
Bensaïd Aït Idder soutient, de son côté, que c'est le Palais qui a fait assassiner Abbas El Messaâdi. Que répondez-vous à cela?
Khalil El Messaâdi: Feu S.M. Mohammed V aimait beaucoup mon père et je ne vois pas pourquoi il aurait voulu le tuer. Au contraire, S.M. Mohammed V avait besoin de l'Armée de libération et du Mouvement populaire pour contrebalancer le poids de l'Istiqlal. J'ai en ma possession une lettre historique envoyée par mon père à S.M. Mohammed V, dans laquelle il réaffirme son attachement au Trône alaouite. Abbas El Messaâdi y développe aussi la nécessité de renforcer l'Armée de libération pour protéger le pays et la monarchie contre l'hégémonie du Parti de l'Istiqlal.
Allal El Fassi était-il au courant du projet d'assassinat de votre père?
Khalil El Messaâdi: Je ne le pense pas. Allal El Fassi, de même que Ahmed Balafrej, ne participaient pas aux réunions du Comité central de l'Istiqlal, qui avaient pour objet la discussion du projet d'enlèvement de Abbas El Messaâdi. Ces réunions étaient plutôt présidées par Mehdi Ben Barka.
Comment est née l'Armée de libération?
Khalil El Messaâdi: Après avoir été membre du Parti de l'Istiqlal, mon père a compris que ce parti avait une culture hégémonique et que son emprise sur le pays était dangereuse pour la monarchie et le pays. Il a alors quitté l'Istiqlal, au début des années 50, pour rejoindre l'Armée de libération. Celle-ci a vu le jour grâce à des patriotes et des nationalistes qui voulaient en finir avec la colonisation française et espagnole.
Onze personnes ont participé à la création de cette armée et avaient assuré sa direction. Outre mon père, il y avait Abdelkrim El Khatib, Abdellah Senhaji et Benaboud. recueillis par Aissa Amourag
![if gt IE 6]
![endif]
Tweet