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LE CADEAU DE OUALALOU
Publié dans MarocHebdo le 07 - 05 - 2014


Révision à la baisse de la valeur du dirham
Le cadeau de Oualalou
Une dévaluation est une opération périlleuse parce que à géométrie variable. Envers et contre toutes les apparences financières,
elle est fondamentalement politique et finalement sociale. La fête du travail
sous le signe de la hausse des prix et de la dévalorisation des salaires.
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• Fathallah Oualalou
Dévaluer le dirham à la veille du premier mai, est d'une pertinence politique, d'une opportunité à couper le souffle. À moins que l'on veuille donner du grain à moudre aux syndicats lors des défilés et des meetings de la fête du Travail. Généralement, à une semaine du rituel revendicatif des salariés, on annonce une revalorisation des rémunérations, pas une dépréciation du pouvoir d'achat. Mais bref, un adage bien de chez-nous dit qu' "il ne faut s'étonner de rien au Maroc" (fi almaghrib, la tastaghrib).
La dévaluation de la monnaie nationale, de l'ordre de 5%, décidée le mercredi 25 avril 2001, était dans l'air du temps. Revendiquée à cor et cri par le patronat marocain, sujette à des rumeurs répétitives et à des démentis réguliers, il fallait bien qu'une décision soit prise. C'est fait. Fathallah Oualalou semble avoir été acculé avant de céder. Il donne l'impression d'avoir d'autant plus été bousculé qu'il a dit oui à un moment où il était urgent de différer, ne serait-ce que d'une semaine ou deux.
Opération périlleuse
Le ministre de l'Economie et des Finances, pourra toujours dire qu'il a choisi l'option-vérité, plutôt qu'un calcul démagogique, calendrier social en main. Il n'empêche. Fathallah Oualalou, le politique aguerri, membre éminent de la direction de l'USFP, ex-tribun de l'opposition parlementaire pendant près de vingt-cinq ans, est mieux placé que quiconque pour savoir qu'une mesure aussi importante obéit à un timing. L'économiste reconnu qu'il est sait pertinemment qu'une dévaluation est une opération périlleuse parce que à géométrie variable. Envers et contre toutes les apparences financières, elle est fondamentalement politique et finalement sociale.
La justification première, celle avouée par les technos du ministère des Finances, est monétariste. Il s'agit d'une régulation de la parité du dirham qui se serait apprécié de près de 10% par rapport à l'euro, depuis le début de l'année 2000. Dit-on. Car, pourquoi ne pas prendre, comme paramètre d'évaluation, le dollar, l'étalon du panier de devises qui sert à calculer la valeur du dirham, avec une parité de 11,5 dh pour 1 dollar US. Puisque le dirham est de toute façon écrasé par les monnaies fortes, alors mieux vaut un écrasement en grandes pompes. Question de prestige. Il faut croire que malgré la mondialisation, nous n'avons pas dévié du cap européen. Un amarrage qui s'apparente à une obligation contraignante et qui vient comme un démenti à toutes les velléités déclarées de diversification de nos échanges.
L'autre justification de la dévaluation est d'ordre économiciste. L'objectif annoncé est de relancer les exportations, en particulier les industries du textile qui seraient pénalisées par "le renchérissement du dirham". Dit-on, toujours. Car l'on croyait le contraire, en profanes confrontés à l'extrême faiblesse du dirham face aux monnaies européennes en général et au franc français en particulier. 1 FF pour 1,60 DH, ce n'est pas vraiment une parité glorieuse. Quitte à commettre un blasphème qui ferait hurler les économistes les moins puritains, disons que non seulement nous admettons notre faiblesse, mais que nous consentons à être encore plus faibles face à un forcing flagrant du lobby textilien marocain.
Lobby du textile
Le Président de la CGEM, Hassan Chami, dans la continuité de son prédécesseur, Abderrahim Lahjouji, a longuement milité pour un nivellement par le bas du dirham, sous couvert de mise à niveau monétaire. Les pouvoirs publics ont fini par accéder à sa requête insistante. Le patronat se voit ainsi offrir un cadeau fabuleux, sans contre-partie visible quant à la mise à niveau de l'entreprise au regard du fisc et des obligations sociales.
Et, bien entendu, sans aucune proposition annoncée, pour une mise à niveau sociale après une dévaluation qui se traduira immanquablement par une hausse des prix et une baisse de la valeur réelle des salaires.
Cela, c'est le cadeau de Fathallah Oualalou aux salariés. En fait, 5% c'est juste un indice de référence.
Le dirham a en réalité glissé de facto de plus de 10%. C'est au minimum sur cette base qu'il faut calculer l'impact inflationniste sur les prix et les salaires. À tous les postes de consommation et sur toutes les tranches de la grille des salaires. Lorsque Messieurs Chami et Oualalou parlent de compétitivité de nos produits à l'exportation vers l'Europe, ils font mine d'oublier que le smig marocain est au moins quatre fois inférieur au smig français. C'est tout simplement de l'incomparable. Déjà à ce niveau de coût social et de parité du dirham, nous devions être, objectivement, largement compétitifs. Y compris face à nos vrais compétiteurs turcs et tunisiens, sur le marché européen. Par rapport à ceux-là aussi, nous sommes en déficit de comparaison sociale. À moins que nos exportateurs, et cela serait plus honnête, avouent qu'ils ne savent pas vendre leurs produits; ou que leurs produits ne sont pas au même niveau d'exigence de qualité. L'argument de la compétitivité rapportée à la valeur du dirham est donc nul et non-avenu.
Et quand l'exemple du textile est mis en avant, alors, on bascule carrément dans le contre-exemple. Car, s'il y a un secteur où les dispositions réglementaires du travail, à commencer par le smig, sont très aléatoirement respectées, c'est bien le textile. Il y a d'un côté, les entreprises structurées et formelles et, de l'autre côté de minuit, les ateliers informels tapis dans les caves d'immeubles, complètement hors la loi sur tous les registres de toutes les législations, mais néanmoins connus des inspections du travail.
C'est dans ces fabriques faussement clandestines que des petites filles, taillables et corvéables à merci, sont livrées à l'atavisme d'un patronat genre 19ème siècle européen.
Cette mise à niveau-là, l'Etat, version gouvernement d'alternance, ne veut pas en parler. C'est tellement anachronique que ça ne fait pas progressiste. Une belle confrontation entre ces "mille et une mains" laborieuses et le lobby dévaluateur du textile serait la meilleure des régulations sociales.
Quant au syndicalisme fêtard de chaque 1er mai et les slogans d'un jour, il y a quelque temps déjà que les salariés en ont fait leur deuil. Mais ils n'ont que cela. Alors, il défilent, scandent en pensant aux raisons de la ménagère que la raison de Oualalou ne connaît pas.
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