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SCRUTIN EN RASE CAMPAGNE
Publié dans MarocHebdo le 29 - 05 - 2014


Editorial
SCRUTIN EN RASE CAMPAGNE
L'investissement politique, au sens noble du terme, ne semble plus se faire en faveur de l'espace communal.
Ce dernier est tout à coup devenu moins attractif que par le passé. La représentation législative est, quant à elle, sur-investie comme lieu où s'expriment les véritables ambitions politiques.
À mi chemin du scrutin du 13 juin, les élections communales s'inscrivent dans la même dualité. Un enjeu social primordial, une mise politique insuffisante.
Sur l'importance sociale de ce type de consultation et de représentation, tout a été dit ou presque. C'est le niveau d'encadrement le plus proche des conditions d'existence au quotidien, une possibilité réelle d'amélioration du cadre de vie, un moyen direct et concret d'apprentissage de la démocratie. Et une condition fondatrice d'une société participative. Sur ce plan-là, le consensus, un de plus, est établi. Il ne pouvait en être autrement.
D'ailleurs, l'évolution de la moyenne des candidatures atteste d'une prise de conscience croissante du caractère vital de l'enjeu social. On est passé de 3 candidats (3,49) par circonscription en 1976 à 4 (4,22) en 1997.
Le mur des lamentations
Une évolution qui reste, somme toute, modeste par rapport à l'accroissement démographique dans un intervalle de vingt ans. Elle aurait pu être plus importante si la mise politique avait été plus forte. Dans ce domaine, précisément, il est nécessaire de distinguer ce qui relève de l'administration de ce qui revient aux partis.
Dans tous les pays du monde, l'organisation matérielle des élections est du ressort du ministère de l'Intérieur. Au delà du postulat nécessaire de neutralité, ce département est naturellement exposé à toutes les contestations, avant comme après le verdict des urnes.
Cela a été le cas chez nous, avec une constance qui a enlevé toute valeur représentative et toute signification politique aux élections locales et nationales précédentes. Au point qu'il s'était dégagé une sorte de consensus négatif, sur une &laqno;intervention de l'appareil administratif.» Laquelle intervention, soit dit en passant, profitait d'abord à la majorité dite "administrative" et aussi à certaines figures de proue de l'opposition. Avec le dispositif mis en place, on est passé à un consensus positif qui délimite le champ d'action de l'administration et présage d'une grande première électorale: la vérité des urnes. Ou, pour le moins, une dose respectable de vérité des urnes.
Au risque d'écorner une tradition bien ancrée, le ministère de l'intérieur devrait beaucoup moins qu'avant, servir de mur des lamentations post - électorales. Il faut, en effet reconnaître à ses services techniques et politiques le mérite d'une disponibilité mentale et d'une compétence indéniable.
Un travail colossal a été abattu. Des susceptibilités rédhibitoires ont été vaincues. Ce n'est pas encore la "révolution culturelle" dans ce super-département ministériel. Mais, rajeunissement des cadres aidant, chaque jour arrivent des signes de confirmation du changement en cours. Le dernier exemple en date: la mutation disciplinaire d'une cinquantaine de "Moukadem" (préposés administratifs) un peu trop zélés, décidée par la commission nationale de contrôle des élections, sur proposition du ministre de l'Intérieur. À cet effet, Driss Basri a tenu à adresser une lettre circulaire, ferme et explicite, à tous les agents d'autorité leur demandant de veiller tout simplement à l'application de la loi et des nouvelles règles désormais en vigueur dans le domaine électoral. Transparence, impartialité, neutralité et rigueur.
Des milices électorales
Ce à quoi on assiste en fait, c'est une marche forcée et parallèle entre deux tendances. D'une part le respect de la charte de moralité électorale, par une évaluation et une régulation progressives. D'autre part, la persistance de pratiques condamnables, telles que l'utilisation de l'argent sale ou l'embrigadement rémunéré de jeunes chômeurs dans de véritables milices électorales.
Pour engager des procédures de répression contre le monnayage des voix, les autorités concernées exigent "des preuves tangibles". Ce ne sont certainement pas les pauvres hères, récipiendaires de la générosité intéressée de candidats corrupteurs, qui vont se convertir en témoins repentis. Qu'ils soient soudoyés ou engagés comme agents électoraux, les élections sont pour eux une opportunité furtive à saisir, pour récolter quelques sous.
Le fait et sa représentation
C'est la rançon du chômage et de la pauvreté endémiques. Aggravés par un sous-encadrement politique. Un large front qu'il faudra bien faire reculer, pour que ces pratiques deviennent de plus en plus résiduelles et pour que s'installe une vraie culture démocratique. La responsabilité des partis politiques est en jeu. Un fait regrettable. L'investissement politique, au sens noble du terme, ne semble plus se faire en faveur de l'espace communal. Ce dernier est tout à coup devenu moins attractif que par le passé. La représentation législative est, quant à elle, sur-investie comme lieu où s'expriment les véritables ambitions politiques. Pourtant, ce n'est pas uniquement à ce niveau-là que les "choses sérieuses" se passent.
Ce à quoi on assiste en fait, c'est une marche forcée et parallèle entre deux tendances. D'une part, le respect de la charte de moralité électorale, par une évaluation et une régulation progressives. D'autre part, la persistance de pratiques condamnables, telles que l'utilisation de l'argent sale ou l'embrigadement rémunéré de jeunes chômeurs dans de véritables milices électorales.
Du coup, toutes les dispositions préalablement prises, charte d'honneur, code électoral et toute la batterie de commissions et de sous-commissions, paraissent comme des conventions de superstructure, qui ne concernent que l'étage supérieur de la construction démocratique. L'étage de la première chambre, celle d'où les ''vrais" représentants de la nation - une sorte de clergé de la démocratie - pourront observer un produit mineur appelé la commune, la communauté urbaine, la région et, au-delà, la chambre des conseillers.
C'est toute la différence entre l'esprit et la lettre de la Constitution et sa représentation dans la conscience de la classe politique. Ce n'est pas un jugement de valeur, mais un constat. Beaucoup d'hommes politiques ont déserté un lieu où ils devaient assumer une obligation d'exemple. Un lieu où se nouent des relations de représentation démocratique de proximité.
Si les deux formes de représentation, communale et nationale, ne s'excluent pas, il faut admettre que celle de la base, du niveau du douar et du quartier, est plus risquée. Un test de vérité auprès des électeurs, au moment du choix, comme au terme d'une gestion.
Servir ou se servir
De l'avis général, le profil d'un grand nombre de candidats ne correspond ni aux attentes actuelles et pressantes, ni aux rattrapages des déboires et scandales qui ont émaillé les expériences communales précédentes. Tout porte à croire que les partis ne se donnent pas les moyens nécessaires pour recruter et encadrer, durant tout un mandat, des édiles à la moralité irréprochable, déterminés à mettre leur savoir-faire et leur esprit volontaire au service de la collectivité. Il ne s'agit pas de dénicher des oiseaux rares. Mais de faire le tri parmi ceux qui se bousculent au portillon de l'investiture, entre les candidats-citoyens qui veulent servir et ceux qui veulent se servir. Ce tri n'est concevable que si les partis, toutes tendances confondues, abandonnent la stratégie du clientélisme. Une pratique qui éloigne de jour en jour nos partis d'une modernité politique seule capable d'être le pendant naturel du processus en cours dans le pays depuis au moins vingt-ans, visant à l'édification d'un Etat moderne. Ce challenge démocratique passe surtout par la commune.
Lorsqu'il sera relevé, les édiles pourront alors demander, avec toute la crédibilité requise, l'élargissement de leurs prérogatives et, pourquoi pas, la réforme de la charte communale de 1976.
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