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Temps forts de l'année 1998
Publié dans MarocHebdo le 03 - 06 - 2014


LE RENARD ET LA FOUINE
Monica Levinsky
L'année 98 est un cru assez originel par le cocktail d'événements qui l'ont sillonnée. Sans être une réelle année de rupture, elle a été vécue comme une année où l'histoire -la grande et la petite- a été chahutée par les événements. 1998 aura été une année faste pour le Maroc. Non seulement l'air y est plus léger et donc plus respirable, mais l'Alternance a véritablement décoincé le jeu politique marocain.
Se livrer à un exercice récapitulatif des temps forts de cette année 98 qui nous quitte sans regret, choisir des événements qui vous ont marqué au fer de la passion, de la colère, de l'indignation, de la décision ou de l'espoir, est un exercice assez plaisant car il flatte le Narcisse qui sommeille en chacun de nous, caresse le nombril fort chatouilleux que nous arborons avec fierté. Pourtant, ce n'est pas un exercice facile. Il faut supporter le dur arbitraire de la sélection, puiser dans sa géographie mentale, dans son architecture sentimentale la plus intime, les ingrédients pour faire uvre de bilan fatalement subjectif. L'année 98 est un cru assez originel par le cocktail d'événements qui l'ont sillonnée. Sans être une réelle année de rupture, elle a été vécue comme une année où l'histoire -la grande et la petite- a été chahutée par les événements.
Le temps marocain
1998 aura été une année faste pour le Maroc. Non seulement l'air y est plus léger et donc plus respirable, mais l'Alternance a véritablement décoincé le jeu politique marocain. Et si l'accès du "vieux socialiste" Abderrahmane Youssoufi à la primature n'a pas encore produit ses effets sur le plan économique et social, le Premier ministre a déjà remporté une victoire contre les dogmes et les pesanteurs sécuritaires en étant l'homme qui a fermé la parenthèse pour lever son verre de jus de tomate et boire à la santé de cet Etat de droit naissant. Le bilan 98 est plus qu'honorable puisque la page de la disparition et la séquestration politique est définitivement tournée, garantissant un accès plus facile pour les Marocains à la citoyenneté. Au soir de cette année finissant, Abderrahmane Youssoufi a donné un rendez-vous politique à l'année 99, en déclarant de manière fracassante -mais combien juste- que référendum ou pas, le Sahara restera Marocain. Dans son esprit, Mr Youssoufi répète une évidence, mais la conjoncture régionale et internationale avait besoin d'entendre un message aussi limpide.
Résignation algérienne
98 pour l'Algérie a été d'une flagrante monotonie. Les massacres se suivent et se ressemblent. La violence politique a été son seul mode d'expression. Cette année, l'édifice institutionnel mis en place par le président Zéroual s'est effondré comme un château de cartes. Bien avant cela, les clans de l'armée qui opèrent dans l'ombre se sont livrés à un déballage de leurs, linges sales dans les colonnes de la presse au point de transformer les rédactions en sanglants maquis aux mains d'Emirs sans foi ni loi. Année difficile aussi sur le plan économique avec cette notoire chute du prix du pétrole et la politique tatchérienne du Premier ministre Ouyahia: Suicides des travailleurs, disparitions, violence armée. Tel est le lot quotidien de l'Algérien de base qui, victime d'un spleen nostalgique, commence à voir dans les années Boumediene, le paradis perdu. Et si Bouteflika conservait encore dans le pli de ses chemises des années 70, encore un parfum de la "Baraka" de Boumediene! Pris entre le Marteau militaire et l'enclume radicalo-islamiste, l'Algérien de base se met à rêver à haute voix sans pour autant visualiser le bout de ce tunnel, de cette nuit algérienne qui dure depuis dix ans.
Entêtement palestinien
Cette année 98 aura vu le président Yasser Arafat promener son Keffieh et ses lèvres tremblantes sur toutes les télés du monde. L'homme qui embrasse tout ce qui bouge n'a pas cessé de crier sa volonté de paix et de coexistence. En face du vieux Arafat, au soir de sa vie et de sa carrière, s'est trouvé un jeune et arrogant Premier ministre, Benjamin Netanyahou, un homme dopé par l'extrémisme religieux juif et cette vision prophétique du grand Israël.
Netanyahou a réussi à nourrir l'antipathie internationale à l'égard d'Israël au-delà de tout, comme le constate Le Figaro "Il a failli être inculpé pour prévarication sur la nomination abusive d'un procureur général. Il a ouvert un "tunnel touristique'' à Jérusalem qui a déclenché un bain de sang.Il a ordonné des opérations du Mossad à l'origine de la plus spectaculaire série de Fiasco qu'ait connue le célèbre nid d'Espion, il a pratiquement réveillé l'Intifada dans les territoires palestiniens, tout en faisant de Yasser Arafat le "Chouchou" de Bill Clinton". Bref, Benyamin Natanyahou, cette ''taupe arabe'' qui dirige Israël vient de remettre son mandant en jeu. L'année 98 a été pour lui celle de l'arrogance et pour Arafat celle de l'aéroport" celle à venir sera l'année de l'Etat palestinien avec un des trois israéliens: Amnon Shahak, Ehud Barak ou rebelote Netanyahou!
Nuit Irakienne
8ème année d'Embargo onusien sur l'Irak. Les enfants d'Irak meurent en silence dans l'indifférence internationale et celle, coupable des arabes. Une année qui ressemble aux précédentes avec simplement, comme différence une pluie de bombes exécutée par le renard Anglo-Américain: Un comateux ressent rarement la douleur d'un coup de couteau, puisse-t-il toucher les parties les plus sensibles.
Un comateux encaisse et emmagasine la douleur qui fera irruption le jour où il retrouvera les esprits. Que faire de Saddam Hussein, s'interrogent les capitales occidentales et arabes? Posée comme cela, la nuit irakienne n'est pas prête de voir l'aube.
La seule bonne question est la suivante: Saddam Hussein a-t-il les moyens de menacer la paix dans la région et ses voisins protégés des Américains? L'Unescom, dans son rapport le plus pessimiste répond par la négative. Alors à quoi bon l'embargo? À quoi bon le sacrifice minutieux, la torture permanente de tout un peuple?
L'année 98 a été la fin de la comédie, la danse macabre des Américains autour de l'Irak. Celle de 99 devrait être l'année de la levée de l'embargo.
Les pays arabes devront suivre l'exemple de la Douma (parlement Russe), ou celui du parlement jordanien et lever de manière, unilatérale cet embargo inique. En faisant cela, et après avoir convaincu les dernières réticences de l'Arabie Saoudite, les Arabes sont soutenus, compris par toutes les capitales, à l'exception de Washington, de Londres et de Tél-Aviv.
Oussama, Monica et le Viagra
Fil conducteur de cette année 98, le sexe dans sa version la plus politique. D'abord le sexe de Bill Clinton dont la planète entière a appris à connaître les promesses. Mlle Monica Lewinsky, qui ne se déplace jamais sans sa cellulite, a plus fait pour la chute de la maison Clinton que toutes les armées républicaines réunies. À l'aide de son confesseur à soutane, Kenneth Star, et de son tissu de robe bleue contenant le précieux sperme présidentiel, le monde entier à vécu pendant de longs mois au gré des érections clintoniennes. Les plus fidèles à ce feuilleton politico-pornographique ont droit à un bonus: la recette du "cigare mouillé".
Le sexe toujours avec le lancement planétaire du Viagra, pilule magique du plaisir et du désir. Succès scientifique et économique qui nous rappelle cette vérité simple: le Monde est toujours dirigé par les bourses. Le sexe enfin, mais cette fois par défaut, pratiqué par le régime de Talibans en Afghanistan qui héberge un invité célèbre et encombrant, le milliardaire saoudien, Oussama Ben Laden, créature américaine, élevé au rang d'ennemi international publique n°1 après l'attentat contre deux ambassades américaines en Afrique, Oussama a imposé, pendant cette année, sa mine déconfite, d'homme traqué par ses géniteurs.
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