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L'exorciste violeur de Berkane
Publié dans MarocHebdo le 24 - 12 - 2018


Une sale affaire de sorcellerie
Le procès du charlatan de Berkane, qui abusait sexuellement de ses « patientes », est reporté au 15 janvier 2019. Une sinistre affaire qui porte préjudice à l'image du Maroc.
Il ne manquait que cette affaire du «Raqi de Berkane» et ses vidéos sexuelles avec ses victimes qui ont fait le tour du web pour donner de la matière à moquerie et médisance à certains artistes égyptiens et des pays du Golfe qui désignent le Maroc comme étant un pays de sorcellerie et de charlatanisme.
L'affaire a éclaté fin novembre 2018. Sur Youtube et sur certains blogs, une vidéo filmant Mohamed, un homme qui fait la cinquantaine, et Hasnaa, une jeune fille blonde, tous les deux nus, faisant l'amour. Certaines vidéos se sont retrouvées sur des sites pornographiques, ce qui a fait réagir les internautes marocains au quart de tour: entre condamnation et ricanerie, les réactions ont fusé de partout.
Quelques jours plus tard, la fille en question sort de son silence et parle de cette vidéo à visage découvert. «Svp, ne relayez pas la vidéo. J'ai été droguée par cet homme qui prétendait être «raqi». Il m'a donné à boire une boisson au soi-disant pouvoir guérissant et après avoir récité quelques mots incompréhensibles, j'ai perdu tout contrôle de moi. Aujourd'hui, je ne me souviens plus de rien», lancet- elle. La jeune femme affirme qu'une dizaine d'autres victimes, dont des femmes mariées et des personnalités célèbres, ont également été filmées.
Le charlatan mettait de la drogue dans une eau qu'il donnait à boire à ses patientes. Ces dernières devenaient alors inconscientes et le charlatan faisait se qu'il voulait d'elles par la suite. C'est en tout cas son mode opératoire.
Charlatanisme, adultère et chantage
Hasnaa a affirmé qu'elle se rendait régulièrement chez le raqi pour soigner un mal de tête. Avant de diffuser ses «aveux» sur Youtube, elle en a d'abord parlé à sa petite famille. Ses frères sont partis à la recherche du faux raqi. Ils réussirent à le localiser, avant d'aviser la police, qui l'a arrêté illico. Lors de la perquisition de son domicile, les limiers de la police ont mis la main sur un ordinateur contenant plusieurs enregistrements vidéos de rapports sexuels avec ces «clientes» dont la majeure partie a été filmée dans des positions compromettantes, ce qui permettait au raqi de les faire chanter.
Mohamed a été placé en détention dans la prison locale de Berkane et est actuellement poursuivi devant la chambre criminelle de la cour d'appel d'Oujda pour charlatanisme, adultère et chantage. Le «Raqi de Berkane» a avoué plusieurs faits au juge d'instruction ne pas maîtriser la «roqia Chariya». Sa mère a nié être au courant des activités de son fils, précisant qu'il avait une bonne réputation auprès de ses voisins en France, où il habitait, avant de rentrer définitivement au Maroc et de s'installer à Berkane dans un appartement que son père lui a offert.
Son procès a été reporté au 15 janvier 2019 dans l'attente des résultats de l'enquête de la police. Le développement au Maroc du phénomène des raqis ou de centres de rokya chariya est justifié par le fait qu'une partie des Marocains, à l'instar d'autres nationalités, sont superstitieux, croyant fortement au mauvais oeil et à la malédiction et aux actes de sorcellerie causés par des mauvais djins. Ce qui justifie et légitime le recours à la roqya, aux yeux même de personnes instruites en proie au désespoir ou subissant des échecs répétitifs dans leur vie active. La roqia, justement, se définit comme une thérapie qui permet de soigner les actes de sorcellerie, de mauvais oeil et également de se protéger contre ces derniers. Nombreux sont les Marocains qui se dirigent vers la roqia, pour soigner leurs maladies ou leur malchance… Mais comment distinguer entre un charlatan et un bon raqi? Et puis, qui autorise d'abord des raqis à ouvrir des centres au vu et au su de tout le monde?
Les «mauvais djins»
La question a été soulevée au Parlement par la députée usfpéiste Hanane Rihhab. Celle-ci a été ahurie par l'ouverture de quatre nouveaux centres de roqia qui ne cachent par leurs activités et affichent même des pancartes de publicité au même titre que les médecins privés.
A Hay Mohammadi, un des quartiers populaires de Casablanca, le bureau du raqi Seddiq ne désemplit pas. Il reçoit quotidiennement des dizaines de clients, portant l'espoir de traiter des problèmes liés à la sorcellerie ou au mauvais oeil. Seddiq a fait ses études en droit avant de s'adonner à la roqia, une spécialité qui, elle, permet de trouver un emploi rentable et stable.
La plupart des raqis sont jeunes, instruits et ont fait des études supérieures, souvent en théologie. C'est donc un incident de parcours qui les plonge dans une mélancolie. Ils ne s'en sortent qu'après avoir trouvé un métier qui cadre avec leur talent d'orateurs et leur pouvoir de conviction en usant de quelques versets du saint Coran et de «douaas». La recette cartonne. Une activité juteuse non réglementée qui se développe grâce à la complicité d'agents d'autorité (caïds et mokadems) qui préfèrent fermer les yeux sur cette pratique mettant en danger des citoyens naïfs, notamment les femmes.


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