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Rachid Benzine, universitaire marocain de France, était invité au Royaume à un cycle de conférences. Pour lui, le Coran n'est pas un supermarché où chacun peut puiser à sa guise. L'Islam, d'hier à demain
Publié dans MarocHebdo le 14 - 10 - 2005

Rachid Benzine, universitaire marocain de France, était invité au Royaume à un cycle de conférences. Pour lui, le Coran n'est pas un supermarché où chacun peut puiser à sa guise.
L'Islam, d'hier à demain
Rachid Benzine
Economiste et politologue de formation, professeur d'économie à Paris X, Rachid Benzine axe ses travaux sur l'histoire de la pensée islamique. Il a publié voici quelques mois un livre à débat sur "Les Nouveaux penseurs de l'Islam" (Tarik édition – Casablanca). Il a été à partir de lundi 10 octobre 2005 l'invité d'un cycle de conférences dans le Royaume.
Pour lui, la lecture du Coran est "plurielle parce qu'elle est humaine, faite par des hommes et des femmes différents". Rien d'étonnant dans ces conditions qu'il y ait aussi "une multiplicité d'interprétations, ce qui est normal". Reste la question du processus méthodologique d'analyse structurale du Coran, qu'il faut étudier en tant que texte. Ce n'est pas simple : "le lecteur, précise-t-il, est déterminé par sa condition historique : il est un sujet humain avec sa subjectivité".
Pareille problématique n'est pas nouvelle. Sauf à préciser que pour ce qui est "des courants réformateurs musulmans – tels Mohamed Abdou et Rachid Reda – cette réinterprétation de l'Islam était liée à l'introduction de la modernité occidentale et aux raisons de la décadence". "Aujourd'hui, ajoute-t-il, le débat est autre: il faut lire le texte d'un point de vue heuristique, autrement dit en allant à la découverte des faits; on verra bien au bout ce qui en sortira…" Il ne s'agit pas de prendre dans le Coran les versets qui justifient ceci ou cela, "ce n'est pas un supermarché où chacun choisit les versets qui lui conviennent, mais c'est un texte structuré. Voilà pourquoi il nous faut trouver la structure de la sourate qui, elle, est la porte du sens, et qui, en tout cas, permet de saisir". Il regrette que le texte coranique soit souvent utilisé, instrumentalisé mais "qu'il reste rarement lu, parce que lire nécessite une technique".
A propos de la sacralité, il estime que c'est un processus, mais ce n'est pas quelque chose qui est une donnée première : "il y a sacralité en tant que processus. Sur le sacré, ma réponse sera anthropologique : le sacré n'existe pas en soi, il n'existe que des processus de sacralisation. Et à partir du moment où un milliard de musulmans considèrent le Coran comme sacré, je me dois de prendre cela comme une donnée du sacré. Je précise ici que la sacralité d'un texte – l'Evangile chez les Chrétiens par exemple – ne doit pas empêcher les outils humains pour lire ce texte".
Il insiste aussi sur le fait que le Coran a été le passage de l'oral – la parole divine- à l'écrit : "Cet écrit est la trace, comme on laisse des traces sur la plage ou sur le sable. C'est une trace de la parole divine; et nous n'avons donc que des interprétations traces. Nous ne saisirons jamais le sens premier. Et j'estime que de ce fait il nous faut faire le deuil de l'intention divine car elle nous est inaccessible. Il nous reste alors à assumer cette liberté et cette responsabilité de l'interprétation" . Il considère qu'aucune interprétation ne saurait s'imposer aux autres; et que c'est leur pluralité qui doit faire l'objet de débats dans la société. Et d'invoquer à cet égard l'histoire de la pensée musulmane qui a connu tant de lectures plurielles… Poussant plus loin, Rachid Benzine n'appréhende pas le droit musulman comme un droit divin parce qu'il est précisément une construction humaine, faite par des hommes pour des hommes. La chariâa est une construction historique et c'est parce que nous manquons de légitimité que nous sacralisons notre droit ou en tout cas un certain droit. Il observe que la focalisation sur le religieux doit être appréhendée de manière conséquente : n'est-elle pas un élément de refuge identitaire et d'espérance? Ne faut-il pas développer les dynamiques démocratiques à coté du religieux pour mieux le contenir?