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La psychiatrie au Maroc: Une situation affolante Santé. Une clinique psychiatrique privée a ouvert à Casablanca. Une première du genre. Mais, ces vingt-cinq lits supplémentaires ne résorbent pas les déficits que connaît la psychiatrie au Maroc. Tour
Publié dans MarocHebdo le 18 - 02 - 2011


La psychiatrie au Maroc: Une situation affolante
Santé. Une clinique psychiatrique privée a ouvert à Casablanca. Une première du genre. Mais, ces vingt-cinq lits supplémentaires ne résorbent pas les déficits que connaît la psychiatrie au Maroc. Tour d'horizons.
Une première au Maghreb. Une clinique psychiatrique privée vient d'ouvrir ses portes à Casablanca. Située au quartier l'Oasis, “La Villa des Lilas” a été inaugurée, le 12 février 2011, par la ministre de la Santé, Yasmina Baddou.
Cette structure, d'une capacité de vingt-cinq lits, offre une prise en charge de qualité avec des moyens adaptés à des patients souffrant de pathologies psychiatriques aussi bien aiguës que légères. Initiée par le psychiatre et psychothérapeute Hachem Tyal, cette unité répond à un réel et urgent besoin en soins spécialisés en psychiatrie. Le Maroc connaît, en effet, une pénurie de centres hospitaliers de ce genre. Pour 33 millions d'habitants, la capacité litière ne dépasse les 1.950 lits. À Casablanca, par exemple, le manque est flagrant.
Pour les cinq millions que compte la population de la capitale économique, elle doit disposer de 600 lits conformément aux normes internationales établies par l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), mais elle en a seulement 224. Cent-quatre lits au Pavillon 36 du Centre psychiatrique universitaire Ibn Rochd, qui est le premier dans les pays arabes en santé mentale et qui collabore avec l'OMS depuis 1992, cent lits à l'hôpital de Tit Mellil, qui accueille essentiellement des malades médico-légaux internés sur décision du tribunal, vingt lits dans l'hôpital Bouafi pour les patients souffrant de pathologiques et trente lits psychiatriques privés répartis entre deux cliniques médico-chirurgicales.
Déficit en ressources humaines
Ces chiffres alarment plus lorsqu'on sait qu'une personne sur quatre, selon l'Organisation mondiale de la Santé, peut être touchée par des troubles mentaux. Une récente étude démontre que 48,9% des Marocains présentent un trouble mental et les diagnostics ont répertorié pas moins de vingt-cinq types de maladies mentales. Concernant les troubles mentaux sévères, 2% de Marocains, soit 600.000 individus en souffrent, dont 1% est atteint de schizophrénie et 1% de trouble bipolaire ou maniaco-dépression et 26,6% souffrent de dépression, pratiquement le quart de la population.
Le déficit en ressources humaines est aussi à déplorer. Juste trois cents cinquante psychiatres exercent actuellement au Maroc alors qu'il faut au moins mille trois cent médecins. Le personnel soignant fait également défaut. Trente-cinq infirmiers qualifiés opèrent à Casablanca. Soit une goutte dans un océan.
Cet état de choses fait que les personnes souffrant de maladies mentales ne reçoivent pas les soins adaptés faute d'infrastructures et de moyens humains. Un médecin pratiquant dans le Pavillon 36 du CPU Ibn Rochd avoue que plusieurs cas nécessitant une prise en charge dans un milieu hospitalier sont refusés parce que tous les lits sont occupés ou des cas remis à leur famille parce que la liste d'attente est longue. Un cas remis à sa famille équivaut à un arrêt subit de traitement, ce qui est médicalement très grave. Les conséquences d'une rupture de traitement sont prévisibles.
Une lueur d'espoir
Des rechutes sévères et le cercle reprend de plus belle. Face à cette situation dramatique, les familles des patients sont les premières victimes parce que souvent elles n'arrivent pas à gérer le proche malade. Beaucoup se sentent désarmées face à des accès de violences d'un parent schizophrène ou d'un refus catégorique de prendre les médicaments ou encore d'une tentative de suicide d'un être cher maniaco-dépressif. Sans oublier la cherté des traitements des troubles psychiatriques qui représentent une lourde charge pour les plus nécessiteux.
Dans ce tableau noir, il y a quand même une lueur d'espoir. La psychiatrie dans le secteur public, qui a toujours été la dernière roue de la charrette commence, ces deux dernières années, suscite de l'intérêt. «Le ministère de la Santé et les autorités locales concernées se rendent compte que l'on ne peut plus oublier ce secteur essentiel, cette spécialité médicale, sans mettre en danger non seulement les personnes malades et les familles, mais aussi l'ordre public», explique le professeur Driss Moussaoui, directeur du Centre psychiatrique universitaire (CPU) Ibn Rochd.
En 2010, le CPU a reçu 53 millions de dirhams de médicaments et autant pour 2011. Ce qui va considérablement alléger la charge pour les familles en matière de médicaments psychiatriques. Un projet de doublement de la capacité d'accueil au CPU, qui va passer à 440 lits, est aussi à l'étude avec l'ouverture du premier service pédopsychiatrique et la mise en place d'une législature ad hoc pour rattraper des années de lacunes dans un domaine de santé publique sensible. L'inauguration de la Villa des Lilas est un grand pas dans ce sens. C'est la première autorisation accordée à une clinique non-chirurgicale. Certes, avec ses vingt-cinq lits, cette structure ne pourra pas combler le peu de moyens humains et matériels dont souffre la psychiatrie, mais elle pourra faire face à l'urgence.