Les lois électorales sont en train d'être amendées, en vue du scrutin du 7 octobre prochain. Déjà, on sait que le seuil électoral sera abaissé à 3% et les alliances préélectorales seront désormais possibles. Le PJD en profite pour remettre sur la table l'éternelle, et cruciale, question des listes électorales. Une grande partie des formations politiques a déjà demandé par le passé de permettre le vote en se fondant sur la carte nationale, c'est-à-dire de dresser des listes électorales correspondant aux populations titulaires de ce document. Le ministère de l'Intérieur a toujours refusé, préférant les campagnes de sensibilisation des populations pour l'inscription volontaire sur ces listes. L'enjeu est politique. On sait que seuls 7 à 8 millions de personnes votent au Maroc. Or, le corps électoral, sur la base de l'inscription volontaire, est de 15 millions de personnes environ, ce qui donne un taux de participation de l'ordre de 50%, comme aux précédentes élections communales et régionales de 2015 (53,67%), ou aux législatives de 2011 (45%). Si on élargit ce corps électoral aux détenteurs de la carte nationale (27 millions de personnes), le taux baisse à 25% environ, ce qui retire au scrutin sa légitimité et sa force. Mais face à la réduction du seuil électoral et aux alliances politiques avant le scrutin, le PJD se sent menacé et œuvre à élargir sa base électorale pour résister et maintenir sa pole position pour le 7 octobre, ce qui lui assurerait un second mandat à la tête du gouvernement. Ainsi, un député de ce parti, Abdelmajid Joubih, a-t-il réclamé à la Chambre des représentants que « l'enjeu de ces listes n'est pas uniquement numérique, mais il porte aussi sur l'expression de la souveraineté populaire ». Il a ajouté, pour être plus clair, que « l'inscription sur la base des cartes nationales est la seule manière de mettre en place un corps électoral réel. Et donc, les techniques du ministère de l'Intérieur allant à l'encontre de ce système doivent être dépassées ». Enfin, Joubih a réclamé également que les partis puissent disposer, tous, vraiment tous, de ces listes avant la campagne électorale… Le PJD, véritable machine électorale, table sur cet élargissement numérique des listes pour élargir son électorat. On rappelle que pour le scrutin passé de septembre, des cellules avaient été mises en place par le parti de Benkirane pour inscrire les populations dans les villes, et leur envoyer ensuite un document indiquant à chacun(e) où il avait été inscrit. Cela avait déclenché les protestations de plusieurs partis, dont le PAM, qui y voyait l'exercice illégal d'une fonction relevant de l'Etat.