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Offensive diplomatique d'Alger et du Polisario, sur fond de bruit de bottes à la frontière sud du Maroc
Publié dans PanoraPost le 31 - 08 - 2016

Bruit de bottes à la frontière entre le Maroc et la Mauritanie, et la Minurso s'interpose. En cause, une action d'assainissement menée par le Maroc le 17 août pour nettoyer la région de ses carcasses de véhicules, puis pour asphalter quelques kilomètres de route. Le Polisario y a vu une action militaire et a amené ses forces armées.
Dans une note confidentielle remise au Conseil de Sécurité le 29 août par le Bureau du Secrétaire général Ban Ki-moon et publiée par Associated Press, il est dit que « le Maroc a violé l'accord de cessez-le-feu datant de 1991 avec le Front Polisario en envoyant des agents de sécurité armés et de l'équipement dans la région du Sahara contesté, et sans en aviser préalablement les Casques bleus de la Minurso. En réaction, le Front Polisario a déployé 32 militaires armés, également en violation du cessez-le-feu ».
Dans les faits, ce qui s'est produit est que l'action marocaine, civile et protégée par des éléments militaires très légèrement armés, a déclenché une riposte musclée et disproportionnée du Polisario, soutenu par Alger et dont 32 combattants sont arrivés avec des armes de guerre, avant de saisir l'ONU en accusant le Maroc d'avoir violé le cessez-le-feu. C'est la réaction martiale du Polisario qui a suscité les légitimes inquiétudes de l'ONU qui, en apprenant le « déploiement de l'armée du Polisario », selon le site Futurosahara (dépendant de la direction du Front), a dépêché ses éléments sur place pour s'enquérir de la situation.
La mission onusienne, de retour de sa mission mi-aout, avait conclu que rien de préoccupant ne se produisait dans la région. Mais l'avancée des troupes du Polisario, et ses menaces répétées de reprendre les armes et de déclencher de nouveau les hostilités, ont conduit le SG – aux affinités connues – à saisir le Conseil de sécurité.
La situation pourrait être inquiétante au regard de plusieurs éléments :
1/ Le Polisario vient de se choisir un nouveau chef, Brahim Ghali, à la place du défunt Mohamed Abdelaziz. Ghali doit se donner une légitimité et doit pouvoir exciper de faits d'armes pour asseoir son pouvoir dans les camps et aux yeux des gouvernants d'Alger, qui l'ont placé à la tête du Polisario.
2/ Le Maroc a fait une demande d'adhésion à l'Union africaine, et a fait montre d'agressivité diplomatique, se fondant sur ses acquis économiques, religieux, sécuritaires... 28 pays soutiennent Rabat et demandent d'enclencher une action pour suspendre la RASD au sein de l'UA. Le Polisario réagit.
3/ En Algérie, la situation politique, économique et sociale devient intenable au regard de l'état de santé du président Bouteflika et de la féroce guerre de succession qui se tient actuellement dans les coulisses, à Alger. Détourner les regards de l'opinion publique algérienne par des manœuvres, même indirectes, contre le Maroc, est une vieille technique connue en Algérie.
4/ Les relations entre Rabat et Nouakchott ne sont pas au mieux et la sympathie affichée par le président mauritanien Mohamed Ould Abdelaziz à l'égard du Polisario incite celui-ci à créer la confusion à la frontière entre le Maroc et la Mauritanie, espérant impliquer Nouakchott dans un conflit armé, même limité, avec le Maroc.
5/ L'activisme diplomatique du Maroc à l'international inquiète Alger qui y voit un risque de suprématie marocaine dans la région maghrebo-sahélienne. Il est de l'intérêt des Algériens de montrer que le Maroc n'est pas si vertueux qu'il se présente et de mettre en évidence sa politique belliqueuse. Comme Rabat reste prudent, alors Alger, par Polisario interposé, le provoque.
6/ Le gigantesque plan de développement lancé par Mohammed VI au Sahara et annoncé en novembre dernier, à partir de Laâyoune, puis la tenue du Conseil des ministres en février à Laâyoune toujours, font craindre au Polisario de perdre la sympathie des Sahraouis qui la lui manifestent encore depuis les provinces sud. Il est de son intérêt de créer la confusion dans leurs esprits en agitant la menace d'une guerre, afin de mieux accuser le Maroc d'être une puissance « occupante », « coloniale », « agressive »…
Dans l'intervalle, on remarquera l'admirable silence des autorités centrales marocaines, à l'exception du communiqué de la wilaya de Région qui avait publié son communiqué le 17 août sur l'opération d'assainissement mené à Gargarate...


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