Une première étude transversale s'est intéressée à la manière dont une partie du personnel de santé en cours de formation, mais susceptible d'être mobilisé sur le terrain, appréhende la pandémie de Covid-19 au Maroc. Il s'agit des étudiants infirmiers, questionnés sur leurs connaissances et leurs attitudes à l'égard de la pandémie. Que savent les futurs infirmiers sur la pandémie du nouveau coronavirus au Maroc et comment leurs attitudes ont changé avec la crise sanitaire ? C'est ce à quoi une étude transversale a tenté de répondre, en questionnant cette catégorie qui fait partie des professions en ligne de front contre la Covid-19. Si la majorité a montré une bonne connaissance de la manière dont le virus se propage, plus de la moitié continue de s'inquiéter d'une éventuelle infection. Les chiffres montrent que 56,6% des interrogés ont en effet peur de contracter la maladie. Une maîtrise globale des symptômes les plus récurrents L'étude a connu la participation de 1 216 étudiants qui suivent leur cursus dans sept établissements d'infirmerie au Maroc. 941 sont des femmes, soit 77,4%, et 275 hommes (22,6%). Près de 82% de l'ensemble des répondants disent savoir que la Covid-19 se propage par gouttelettes respiratoires. Les symptômes correctement identifiés par les participants sont la fièvre (97,6%), la toux sèche (92,4%), l'essoufflement (82%) et la fatigue (74,9%). Parmi les participants aussi, 83,2% et 90,0% ont déclaré savoir que les personnes âgées et les patients atteints de maladies chroniques présentent un risque plus élevé de développer des formes sévères. Mais seulement 20,5% estiment que les personnes souffrant d'obésité sont à risque. En termes de formation spécifique à la Covid-19, 727 des interrogés (59,7%) ont affirmé en avoir reçu une, contre 490 (40,3%) qui n'ont pas été concernés par une initiative dans ce sens. Presque tous les participants à l'étude ont par ailleurs déclaré éviter fréquemment les endroits fortement fréquentés par le public. Environ 93,4% ont également indiqué porter un masque de protection en sortant de chez eux. 85,5% se tiennent aux recommandations liées à la distanciation physique. Les étudiants questionnés restent en revanche moins assidus concernant le savonnage régulier des mains (47,4%). Aussi, 51% reconnaissent que la pandémie a considérablement modifié leur quotidien. 93,8% déclarent notamment éviter de rendre visite à leurs familles et à leurs voisins en période de pandémie. Dans cette étude, les plus jeunes ont été les plus représentés, puisque les 18-23 ans ont constitué 1 162 des interrogés, soit 95,6%. Les 24-27 ans restent minoritaires avec 46 répondants (3,8%), suivis des plus de 27 ans, au nombre de 8 (0,7%). Une importante majorité (826, soit 67,9%) a déclaré avoir entendu parler de la Covid-19 pour la première fois par le biais des réseaux sociaux, qui ont détrôné la télévision à travers laquelle 150 participants (12,3%) se sont informés pour la première fois sur la pandémie. Les agents de santé ont été la source d'information directe pour 96 participants (7,9%). Mieux connaître les profils en cours de formation mais mobilisables sur le terrain Menée en avril 2020 par une équipe constituée de membres d'écoles, de facultés et d'institut de formation aux métiers de la santé au Maroc et publiée le 6 mars dernier, cette étude permet de définir le degré de connaissance d'un personnel encore en cours d'apprentissage, mais qui pourrait être mobilisé dans les structures dédiées à la gestion de la crise sanitaire. «Les hôpitaux ont plus que jamais besoin d'aide pour gérer l'afflux de patients atteints de la Covid-19. La mobilisation d'infirmier qualifiés supplémentaires sur le marché du travail peut soutenir et améliorer la réponse du système de santé», expliquent les auteurs. Dans ce sens, l'étude indique que «de nombreux pays ont permis aux étudiants ou aux infirmiers retraités de rejoindre le personnel en première ligne». «Si la situation l'exige, les étudiants marocains en soins infirmiers pourraient être invités à participer aux services de santé», notent-ils, soulignant la rareté des données relatives aux étudiants en sciences infirmières. Concernant les interrogés, beaucoup ont exprimé leur volonté de se rendre utiles dans la gestion de la pandémie. 989 des étudiants (81,8%) ont affirmé accepter de participer à la prise en charge des patients atteints de Covid-19, «si la situation l'exigeait», contre 220 (18,2%) ayant répondu par la négative. Les étudiants restent également optimistes concernant l'évolution de la situation épidémiologique. 1 031 d'entre eux (84,8%) estiment que la pandémie sera contrôlée, contre 185 (15,2%). 1 098 (90,2%) considère également que «le Maroc pourra gagner la bataille contre la Covid-19, tandis que 118 (9,7%) pensent l'inverse. Conscients pour la plupart de l'importance des mesures préventives, 1 170 (96,2%) estiment que la distanciation physique «est essentielle pour empêcher la propagation de la Covid-19, contre 46 (3,8%). S'ils présentent des symptômes du virus, 1 128 (92,7%) se disent prêts à accepter d'être placés en quarantaine ou de s'isoler, contre 88 (7,2%) ayant indiqué le contraire. En cas de soupçons sur une éventuelle infection, 808 (66,4%) pensent d'abord à en parler à leur médecin. 465 (38,3%) disent opter pour chercher des informations par eux-mêmes et 109 (9,0%) pensent d'abord en parler à un membre de la famille ou à un ami. Les données de cette étude ont été collectées en utilisant un questionnaire en ligne, incluant des questions démographiques et 24 questions sur les connaissances, les attitudes et les pratiques liées à la Covid-19. Bilan Coronavirus dans le monde 259 465 151 Contaminations 5 174 661 Décès 235 366 205 Guérisons 53.8% de la population mondiale vaccinée