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Polémique : Pour Bassima Hakkaoui les ONG féminines ternissent l'image du Maroc
Publié dans Yabiladi le 24 - 05 - 2012

Après l'accalmie sur le front de l'affaire du suicide d'Amina Filali, voilà que surgisse une nouvelle polémique entre Bassima Hakkaoui et la société civile. La ministre a accusé les ONG de ternir l'image du Maroc à l'étranger.
Nouvel épisode de la tension permanente entre les associations féminines et la ministre de la Solidarité et de la Famille, Bassima Hakkaoui du PJD. Cette fois, c'est la Fédération démocratique des droits de la femme au Maroc qui monte au créneau pour dénoncer les propos, de la seule femme au gouvernement Benkirane, tenus le lundi 21 lors d'une réunion avec les députés de son propre parti.
Au cours de laquelle, Mme Hakkaoui a ouvertement critiqué les ONG féminines qui, selon elle, «porte atteinte à l'image du Maroc à l'étranger par leur mauvais usage des cas de viols des enfants et le mariage de mineurs». Des déclarations qui remontent aux années de plomb que la ministre vient de déterrer.
«C'est malheureux d'entendre ce genre de propos émanant d'une ministre censée défendre les droits des femmes et des enfants. C'est la première fois, qu'un responsable de ce département porte de telles accusations à l'encontre de la société civile. Notre mission est de suivre et dénoncer les irrégularités des politiques des gouvernements destinées aux femmes et enfants, en totale autonomie et indépendance», nous confie Mme Faouzia Assouli, la présidente de la LDDFM.
«Les déclarations de la ministre ne sont pas sans rappeler les doctrines totalitaires, basées sur une pensée unique et ne tolérant aucune voix critique. C'est justement cette façon de penser que nous avons dénoncée pendant des années. La constitution du 1er juillet est claire là-dessus, elle garantit la libre d'expression, chose qu', apparemment, la ministre a oublié. Elle souhaite une société civile sur mesure», ajoute Mme Assouli.
Les parlementaires interpellés
Ce nouveau bras de fer entre les associations féminines et la ministre de la Solidarité et de la Famille a de fortes chances d'atterrir au parlement. «C'est aux députés d'interpeller Mme Hakkaoui sur ses propos. Tous les groupes sont concernés par cette question». La prochaine session des questions orales, du lundi 28 mai, à la Chambre des représentants promet des moments de tension entre la ministre et l'opposition et même la majorité, notamment le PPS avec Nouzha Sqalli. L'ancienne ministre ne se prive pas de critiquer les positions de Hakkaoui, justement, sur le viol et le mariage des mineurs. L'affaire Amina Filali en est, d'ailleurs, la parfaite preuve.
Les déclarations de Mme Hakkaoui devant les députés du PJD interviennent, vingt quatre heures, après l'éclatement d'un nouveau scandale à Casablanca : un quadragénaire a violé quatre filles mineures, toutes issues de la même famille.


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