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Les Marocains d'Ukraine dans l'angoisse d'une escalade de violences avec les bombardements successifs
Publié dans Yabiladi le 25 - 02 - 2022

Aux premières heures de jeudi 24 février, les habitants de nombreuses villes en Ukraine se sont réveillés sur le son de bombardements russes. Parmi eux, des étudiants marocains et des nationaux installés dans le pays, qui se sont retrouvés au dépourvu. Au Maroc, leurs familles angoissent davantage en voyant les images véhiculées par les médias.
Entre trois heures et quatre heures du matin, jeudi 24 février, plusieurs bombardements ont été entendus par les habitants de villes ukrainiennes, notamment dans l'Est. Installés depuis plusieurs années pour des études universitaires ou de manière permanente, des Marocains en Ukraine ont témoigné auprès de Yabiladi que ces premières attaques aériennes ont duré «de trois heures à sept heures du matin».
«J'étais endormi puis j'ai sursauté en entendant de grosses déflagrations, vers trois heures du matin», a confié à notre rédaction Walid, étudiant en médecine dentaire à Zaporizhzhia. «Nos voisins d'immeuble nous ont informés qu'il s'agissait de bombardements russes, qui n'étaient pas survenus dans la ville mais à l'aéroport et à la base aérienne, qui se trouvent un peu plus loin. C'est dire que les premières frappes étaient déjà puissantes», a-t-il déclaré.
Par précaution, les cours à l'université ont été annulés et les civils ont été priés de réduire leurs sorties. «Le propriétaire chez qui je suis locataire est venu nous voir au cours de la journée. Il nous a conseillé de n'ouvrir à personne, de nous fournir en denrées suffisantes et nous a indiqué les accès des passages souterrains les plus proches, afin que nous puissions nous y abriter en cas d'alerte», raconte encore Walid. «Pour l'heure, nous avons été en contact avec l'ambassade du Maroc en Ukraine, qui a pris nos coordonnées, nos noms, nos prénoms et nos adresses de résidence exactes afin de nous situer facilement», a-t-il ajouté.
Des étudiants dans l'incertitude pour leurs examens
L'étudiant s'est trouvé bloqué en Ukraine, en attendant de connaître les dates de ses examens à l'université. «Notre établissement a pris acte des préoccupations de nos parents et a initié des mesures pour faciliter le retour des étudiants, avec l'option de suivre les cours à distance. Mais ceux qui sont partis sont principalement ceux des années qui n'incluent pas des examens obligatoires pour passer au niveau d'après», explique-t-il.
Ukraine : Les étudiants marocains entre le dilemme du rapatriement et la continuité de leur cursus
Hésitant à rentrer au pays dans le cadre des opérations de rapatriement organisées début février par les autorités marocaines, Walid avait confié à Yabiladi avoir attendu de voir ce que déciderait aussi l'université. Il expliquait précédemment son inquiétude par le risque de rater son année, puisque d'autres établissements n'ont autorisé leurs étudiants étrangers à quitter l'Ukraine que pour deux semaines, avec l'obligation de revenir assister aux cours. Au nombre de 10 000, les Marocains représentent la deuxième communauté estudiantine du pays.
«Lorsque j'ai su les dates de mes examens prévus le 14 avril, j'ai essayé de faire une réservation pour rentrer au Maroc. Les vols étaient déjà complets et celui que j'ai trouvé disponible était prévu le 3 mars, ce qui me permettait de venir pour un peu plus d'un mois avant de repartir pour les examens. J'ai fait ma réservation le 23 février et j'allait payer mon ticket le lendemain, mais les bombardements avaient déjà commencé.»
Walid, étudiant en médecine
Walid estime être «dans la même situation que les citoyens locaux, qui sont eux aussi inquiets et qui ne savent pas comment partir ou rester s'ils peuvent être en sécurité lors des frappes, tant que les infrastructures et les habitations civiles ne sont pas visées». «Nous trouverons refuge dans les abris souterrains qui nous ont été indiqués en cas d'attaques, surtout que les forces terrestres russes commencent à être déployées dans les villes», a-t-il ajouté. S'il faut quitter le pays à un moment, l'étudiant pense que «cela ne pourra se faire que si des pays voisins ouvrent leurs frontières pour laisser passer les personnes».
Dans cette ville de l'Est, Walid confie par ailleurs que «dès les premières heures après la fin des bombardements jeudi, de longues files d'attente se sont formées devant les banques, les guichets automatiques et les commerces de denrées alimentaires». Selon lui, l'argent liquide n'est pratiquement plus disponible au niveau de Zaporizhzhia. «J'ai pu faire mes courses, mais je n'ai pas eu d'autres possibilités que celle d'utiliser ma carte bancaire pour régler l'ensemble de mes achats, faute de retraits possibles en espèce», raconte-t-il, évoquant ainsi la situation de crise qui commence à s'installer.
Inquiet sur l'évolution de la situation, le jeune étudiant décrit surtout la panique et les inquiétudes des familles ayant un proche en Ukraine et qui se trouvent au Maroc. Contactés par Yabiladi, d'autres étudiants se sont exprimés sur un ton de panique, en demandant de l'aide pour sortir des villes bombardées. Ils ont indiqué avoir passé la nuit de jeudi à vendredi dans les abris souterrains.
«Les parents sont dans une peur totale, surtout avec l'effet des images transmises en boucle à la télévision. Et ici, beaucoup d'étudiants étrangers sont dans l'anxiété. Certains n'arrivent pas à parler de leur ressenti. Ils sont dans un état émotif et de choc qui les empêche de verbaliser ce qu'ils traversent dans le contexte présent.»
Jeudi, la question a été abordée lors du point de presse hebdomadaire du ministre chargé des Relations avec le parlement, porte-parole du gouvernement. Mustapha Baitas a indiqué que «l'ambassade du Maroc en Ukraine avait recommandé que les étudiants quittent le pays». «Le 13 février, une cellule de veille a été créée pour suivre la situation de ceux qui sont encore là-bas et elle a été mise en service le 14 du même mois. Jusqu'à la matinée de jeudi 24, 795 appels ont été reçus sur la ligne téléphonique ouverte dans ce cadre», a ajouté le ministre.
Il a rappelé que «plusieurs étudiants sont partis dans le cadre des rapatriements initiés par les autorités marocaines ou depuis d'autres aéroports», mais que les fonctionnaires diplomatiques marocains, au nombre de 28, sont encore sur place et continuent de travailler. «On ne sait pas quelle sera l'évolution des choses, nous suivons la situation et les services consulaires continuent à recueillir et à répondre à toutes les requêtes des concitoyens», a-t-il affirmé.
Des MRE résidents en Ukraine craignent de devoir «tout recommencer à zéro»
Résident en Ukraine depuis 2009, Kamal, contacté par Yabiladi, vit difficilement la situation actuelle. «Si j'étais travailleur indépendant, je n'aurais pas tardé à rentrer au pays, dès l'annonce des opérations de rapatriement. Nous voyons que la situation est vraiment délicate et nous ne sommes pas rassurés sur la suite des événements. Mais je travaille étroitement avec les jeunes étudiants étrangers ici, je ne peux pas me permettre de les laisser comme ça et de penser uniquement à moi», a insisté ce formateur et traducteur qui intervient pour l'accompagnement des étudiants nouveaux venus en Ukraine.
Habitant à Kalynivka, Kamal décrit une ville fortement impactée par les frappes militaires. «Les civils sont encore épargnés pour l'heure, mais nous sommes réveillés par des attaques qui durent plusieurs heures ; Kalynivka est connue pour abriter beaucoup d'installations militaires ukrainiennes et ces dernières sont la cible principale de l'armée russe», explique-t-il. «Dès le premier jour, une base militaire ukrainienne ici a été détruite, un aéroport, une usine d'armement, ainsi qu'un site de stockage d'équipement militaire et de munitions», souligne-t-il.
«Ce sont uniquement ces images-là qui sont transmises par certaines chaînes d'information continue. Lorsque ce ne sont que ces scènes qui parviennent à nos familles au Maroc, avec un discours alarmiste pour ne pas dire sensationnaliste, nos proches paniquent car ils sont convaincus que leurs enfants sont au milieu des bombardements transmis. Notre préoccupation principale est devenue celle de rassurer nos proches.»
Kamal, MRE en Ukraine
Kamal ne cache pas par ailleurs son désarroi de devoir quitter l'Ukraine, si la situation ne s'améliore pas. «Si les tensions perdurent, il faudra toutefois penser à se réinstaller dans le pays d'origine, à un moment ou à un autre. J'ai vécu la guerre de 2014 ici, puis celle de 2018. Mais je crains que celle de 2022 qui se profile déjà n'augure rien de bon», s'inquiète-t-il. «Une loi vient d'être votée dans ce contexte, pour permettre aux civils d'être armés afin de mieux se défendre. Cela signifie en revanche que l'armement pourrait circuler largement dans le pays, avec le risque d'instaurer une loi du plus fort qui aura l'effet inverse sur l'espoir de retrouver la stabilité», explique Kamal. «D'autres habitants risquent de commencer à être attaqués à leurs domiciles, surtout si les frappent perdurent et que les denrées alimentaires viennent à manquer. Dans l'absolu en tant que MRE, cela nous contrainda à partir, avec le défi de devoir tout recommencer à zéro», nous confie-t-il.
Le MRE veut cependant garder le moral afin d'affronter toutes les situations possibles. «Pour l'heure, nous arrivons à tenir ; nous sommes plusieurs formateurs étrangers à donner la priorité à nos étudiants qui n'ont jamais vu de telles manœuvres militaires», insiste-t-il. «Quand des étudiants ont voulu partir ou que leurs familles les ont pressés de rentrer et qu'ils n'en avaient pas les moyens, nous nous sommes organisé à titre personnel pour leur permettre cela. La solidarité est importante en ces temps les plus difficiles, surtout avec les plus vulnérables d'entre nous», a-t-il encore ajouté.
Kamal confirme que «l'espace aérien et maritime est désormais fermé». «Ceci ne laisse pas une autre option à part celle de sortir du pays par voie terrestre, si jamais la situation s'enlise». Ce matin, la capitale Kiev a également été la cible de plusieurs frappes russes. Le formateur indique que «de nombreuses familles ukrainiennes ou étrangères installées dans le pays se sont dirigées vers la frontières avec la Pologne». «Elles passeront certainement en étapes et si les choses ne s'améliorent pas, nous feront partie peut-être du quatrième grand groupe à se diriger vers la zone frontalière pour regagner nos pays», a-t-il confié.


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