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Akhannouch : Sur le Sahara «la France ne doit pas simplement être un observateur»
Publié dans Yabiladi le 17 - 01 - 2023

Les responsables marocains ne se privent plus d'inviter publiquement la France à reconnaitre la marocanité du Sahara. Après l'appel du 16 décembre à Rabat du ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita, c'est autour du chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, de prendre le relais.
Sur la question du Sahara, le chef du gouvernement marocain a appelé la France à sortir de la zone de confort. «Il y a des grandes évolutions dans la reconnaissance, par les grandes puissances, de la souveraineté du Maroc sur nos provinces du Sud. Paris ne doit pas simplement être un observateur», a indiqué Aziz Akhannouch, dans une interview accordée au quotidien français L'Opinion. «Notre relation économique avec la France est appelée à se développer», a-t-il ajouté.
L'appel du chef de l'exécutif intervient un mois, jour pour jour, après celui adressé par le ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita, en direction de la France lors d'un point de presse animé, le 16 décembre à Rabat, avec son homologue française, Catherine Colonna.
«Durant ces trois dernières années, grâce à l'action menée par S.M. le Roi, il y a eu des évolutions fondamentales dans les positions des pays proches de la France géographiquement ou politiquement, mais la France a toujours été pionnière et le besoin d'adaptation peut être là aussi sur la table et peut être examiné. Mais le Maroc n'a jamais considéré que la position de la France est négative, au contraire», a précisé le chef de la diplomatie du royaume.
La France hésite encore à «franchir le Rubicon»
Rabat attend de Paris une reconnaissance claire de sa souveraineté sur le Sahara, ou au moins qu'elle adopte une position identique à celle de son voisin ibérique. L'ancienne puissance coloniale de la province «considère l'initiative marocaine d'autonomie, présentée en 2007, comme la base la plus sérieuse, réaliste et crédible pour la résolution de ce différend», lit-on dans la Déclaration conjointe maroco-espagnole, publiée le 7 avril à l'issue des entretiens entre le chef du gouvernement, Pedro Sanchez, et le roi Mohammed VI.
Pour l'heure, la France hésite encore à franchir ce pas politique, en raison de ses relations avec l'Algérie. «La position de la France concernant le plan d'autonomie est favorable au Maroc. Nous ne la changeons pas», avait souligné, en pesant bien ses mots, Mme. Colonna à Rabat.
Le président Emanuel Macron devrait effectuer, en février ou en mars, une visite d'Etat au Maroc, sa première depuis son investiture à la magistrature suprême en mai 2017. Pour rappel, son déplacement au royaume, de juin 2017, était placé dans le cadre d'une «visite d'amitié et de travail» alors que celui de novembre 2018, était seulement pour inaugurer la ligne de train à grande vitesse reliant Tanger à Casablanca, réalisée par un groupe industriel français.
La semaine dernière, le ministre marocain des Relations avec le Parlement, porte-parole du gouvernement, Mustapha Baïtas a annoncé, à l'occasion d'un point de presse, que l'exécutif n'a pas examiné la visite du président français au royaume, lors de sa réunion du jeudi 12 janvier.


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