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Maroc : L'intégration des femmes rurales pourrait augmenter le PIB de 2,2%
Publié dans Yabiladi le 26 - 03 - 2025

Au Maroc, le manque à gagner de l'emploi féminin en milieu rural est estimé à près de 2,2% du produit intérieur brut (PIB). Alors que l'inactivité économique des femmes représente plus de 80% au niveau national et que seulement 19% ont un emploi, le HCP préconise des actions pour l'autonomisation, afin de reconnaître les contributions «essentielles mais souvent invisibles» des travailleuses dans les campagnes.
Malgré les transitions démographiques et socio-économiques observées dans le monde rural, la situation des femmes dans ces régions demeure en deçà de la moyenne nationale, notamment en termes d'éducation, d'autonomisation et de reconnaissance de leur rôle économique. Révélée lors d'une conférence-débat sur le thème «Autonomisation des femmes au Maroc : Comprendre les défis pour mieux agir», une étude du Haut-commissariat au Plan (HCP) a mis en lumière qu'une meilleure intégration des femmes rurales dans l'économie aurait pu accroître le PIB de près de 2,2 % en 2019.
Axée sur «l'estimation des coûts d'opportunité économique de l'autonomisation des femmes rurales», cette étude, réalisée en partenariat avec ONU Femmes, souligne que ces 2,2 % incluent deux aspects. Plus précisément, 1,2 % est lié à l'emploi féminin non rémunéré, mettant en lumière le travail souvent invisible mais crucial que les femmes rurales effectuent dans les exploitations agricoles et les petites entreprises familiales. De plus, 1 % correspond au manque à gagner des femmes potentiellement actives, illustrant les obstacles persistants à leur pleine participation au marché du travail, selon le HCP.
Le HCP indique que la quête de meilleures conditions socio-économiques pousse de plus en plus de femmes à quitter les zones rurales, sans pour autant résoudre les problèmes structurels du sous-emploi féminin. La population féminine rurale est estimée à 6,7 millions en 2024, représentant 49 % des habitants ruraux, avec un potentiel humain significatif. Parmi elles, 57,2 % sont en âge de travailler (15-59 ans), 29 % ont moins de 15 ans et 13,9 % ont 60 ans ou plus, tandis que l'agriculture demeure le principal secteur d'activité.
La vulnérabilité de ce potentiel commence avec l'accès encore limité à la santé et à l'éducation, puisque 48,4 % des femmes rurales sont analphabètes en 2024, contre 27,9 % pour les hommes. Cependant, les indicateurs d'emploi féminin sont «relativement meilleurs en milieu rural qu'en milieu urbain» avec un taux de 21,9 %, soit le double par rapport aux villes (13,7 %). Néanmoins, le sous-emploi des travailleuses rurales reste un défi majeur.
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Plus de 70 % des femmes rurales actives ne sont pas rémunérées
Une analyse de la nature et de la qualité de l'emploi montre que 60,3 % des femmes rurales actives sont des aides familiales, avec un travail «généralement non rémunéré». À cet égard, l'étude souligne que 70,5 % des femmes actives dans les campagnes «ne perçoivent aucune contrepartie financière», accentuant le manque à gagner dans ce domaine. Le HCP recommande des actions concrètes «en urgence», d'autant plus que le Maroc vise à «créer des emplois de qualité dans tous les territoires, y compris dans les zones rurales», pour atteindre un taux d'activité féminine de 45 % d'ici 2035, selon le Nouveau modèle de développement.
Source : HCP
Dans ce contexte, le HCP souligne le poids des «attitudes négatives envers l'emploi féminin», notamment en milieu rural, «malgré un soutien généralisé à la parité hommes-femmes dans divers domaines, illustrant une volonté de progresser vers une société plus égalitaire». Selon l'institution, ces perceptions «expliquent en partie le poids des NEET parmi les jeunes femmes rurales âgées de 15 à 29 ans, avec un taux de 61,8 %, majoritairement des femmes au foyer (95 %)».
L'étude révèle également que près de 91 % des femmes «potentiellement aptes à intégrer le marché du travail résident dans des ménages dirigés par un homme, tandis que seulement 9 % vivent dans des ménages dirigés par des femmes». Le HCP souligne que cette répartition reflète une dynamique où les hommes «sont souvent les principaux pourvoyeurs de revenus au sein des foyers», alors que les femmes restent associées aux responsabilités domestiques et familiales.
Cette disparité a des implications profondes «sur l'autonomie financière des femmes et sur leur capacité à accéder pleinement aux opportunités économiques», affirme l'étude. Elle insiste sur la nécessité de changements pour «promouvoir l'égalité des genres et l'autonomisation économique des femmes», en mettant en lumière «la pertinence économique et sociale de cette participation active sur le marché du travail».
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Les obstacles persistent, même avec l'accès à l'emploi
Même en accédant au marché du travail, les femmes font face à de grandes difficultés pour trouver un emploi, ce qui explique, selon le HCP, l'augmentation du taux de chômage féminin. En effet, celui-ci est passé de 13,5 % en 2019 à 16,2 % en 2020 «en raison des impacts de la pandémie et des conditions climatiques adverses». L'étude mentionne une tendance qui touche «tant les zones rurales que les zones urbaines, avec des taux de chômage respectifs de 3,9 % et 24,7 %».
En termes économiques, les femmes qui pourraient intégrer le marché du travail mais qui n'y parviennent pas, pour diverses raisons, représentent «un manque à gagner estimé à 11,2 milliards de dirhams», un montant qui aurait contribué à augmenter le PIB nominal de 2019. D'où l'importance de «lutter contre les barrières structurelles et socio-économiques qui limitent l'accès des femmes rurales à des opportunités d'emploi rémunérées», insiste le HCP.
Source : HCP
Analysé par niveau scolaire, ce manque à gagner souligne «de forts écarts», atteignant «16 400 dirhams pour les femmes rurales sans niveau scolaire, 18 300 pour celles ayant un niveau scolaire primaire ou collège, et 30 900 dirhams pour celles ayant un niveau supérieur». Ce chiffre illustre l'importance du capital humain, d'où l'étude préconise une amélioration des infrastructures et des services de base pour poser des bases solides pour l'autonomisation.
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Parmi ses autres recommandations, le HCP suggère d'améliorer les opportunités d'emploi et de création d'activités, de renforcer les conditions d'éducation et de formation professionnelle, de réduire les obstacles liés aux bas salaires et à la précarité de l'emploi, d'améliorer l'environnement juridique et financier, de faciliter l'accès aux services de garde d'enfants, ainsi que d'autonomiser les femmes rurales pour soutenir l'émergence d'une «classe moyenne rurale».


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