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AMDH : « C'est le pouvoir qui refuse nos appels au dialogue », affirme Abdelhamid Amine
Publié dans Yabiladi le 25 - 06 - 2015

La plus importante association des droits de l'Homme au Maroc a célébré son 36ème anniversaire par des sit-in organisés dans plusieurs villes du Maroc. Hier soir, des membres du bureau central de l'AMDH et des militants se sont rassemblés devant le parlement pour dénoncer les «interdictions» des activités de l'association et les «violations des libertés».
L'AMDH a vu le jour le 24 juin 1979 dans un Maroc encore sous les années de plomb. «Ce sont des militants de la gauche de l'USFP qui étaient à l'origine de sa création, tel Abderhamane Ben Ameur, Ahmed Benjelloune ou Mohamed El Hihi. A l'époque, l'extrême gauche n'était représenté qu'au niveau des sections et non au sein de la direction», se remémore Abdelhamid Amine dans des déclarations à Yabiladi.
De 1979 à 1983 : des prises de positions et pas de marches dans les rues
Durant les quatre premières années l'heure était à l'extension du mouvement, avec la constitution d'une vingtaine de sections sur l'ensemble du territoire. Un effort organisationnel qui avait pâti des disputes politiques qui secouaient l'USFP entre une aile conciliante vis-à-vis du pouvoir, menée par Abderrahim Bouabid, et une autre plus radicale. Le clash entre des deux tendances avait affecté l'élan de l'ONG.
«En 1983, notre 2ème congrès a été interdit par les autorités». Quelques mois plus tard «la direction de l'AMDH est presque décapitée avec l'incarcération de Ben Ameur et Benjelloun», souligne Amine. Commence alors une période de stagnation qui avait pris fin avec la libération des membres fondateurs après trois ans d'emprisonnement.
De 1979 jusqu'à 1983, l'association se contentait de «prises de position» et évitait de descendre dans la rue à l'occasion des marches ou des sit-in. Le contexte politique n'était guère favorable à ce genre d'expression. Néanmoins lors des émeutes du pain de 1984, notamment à Marrakech et à Nador, «l'AMDH était présente», affirme l'ancien président de l'ONG.
«Pas de divergences sur le Sahara»
«Mars 1989, nous avions réussi à tenir le 2ème congrès sous haute surveillance policière. Certes, les participants n'était pas nombreux, juste 57 mais la réunion était salutaire pour la continuité de l'AMDH. Aucun membre de l'USFP ou du PPS n'était au bureau central»», souligne Amine. Cette étape était marquée par l'officialisation de la rupture totale avec les partisans de l'USFP. Ceux-ci avaient lancé leur propre enseigne : l'OMDH.
De 1989 jusqu'à aujourd'hui, trois forces politiques de la gauche radicale se disputent le leadership au sein de l'AMDH à savoir le PADS, le PSU et la Voie démocratique. Notre interlocuteur assure qu' " il n'y a pas de graves divergences entre ses sensibilités" y compris sur la question du Sahara occidental. «Lors de notre dernier congrès d'avril 2013, nous avions adopté à l'unanimité la résolution suivante : Nous sommes pour une solution démocratique à un conflit très couteux et qui entrave la création du Grand Maghreb et nous sommes contre les violations des droits de l'Homme qu'elles soient commises par le Maroc, l'Algérie ou le Polisario».
«C'est le pouvoir qui refuse nos appels au dialogue»
Actuellement les relations entre l'AMDH et le pouvoir sont très tendues. «Le ministère de l'Intérieur interdit toutes nos manifestations publiques et refuse, de surcroit, de dialoguer avec nous et de répondre à nos lettres», regrette Amine.
Et d'ajouter que «l'AMDH attend que le chef du gouvernement, Abdelilah Benkirane, honore sa promesse de nous rencontrer. Jusqu'à présent, seul le ministre de la Justice a reçu des membres de la direction de l'ONG». Notre interlocuteur dément par contre, toute réunion avec le ministre de l'Intérieur ou un haut cadre de ce département en vue d'une solution à presque une année de tension.


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