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Réchauffement climatique : L'agriculture marocaine menacée par la baisse des pluies
Publié dans Yabiladi le 16 - 12 - 2015

Le Maroc consomme déjà plus d'eau que le renouvellement naturel de ses nappes phréatiques. Avec le réchauffement climatique, les ressources en eaux du pays devraient encore se réduire de 7,6% à 40% d'ici la fin du siècle. Une situation dangereuse pour l'économie marocaine qui dépend majoritairement de l'agriculture pluviale.
Le thermomètre indique un peu moins de 25°C à Casablanca ; un temps exceptionnellement doux pour la saison. «L'an dernier, il a beaucoup plu et la récolte a été bonne : 115 millions de quintaux de céréales, cette année elle sera très certainement inférieure à 50 millions de quintaux», s'alarme Abdeljalil Derj, agro-économiste et consultant, lundi 14 décembre, lors de la conférence «D'une Cop à l'autre», organisée à l'Institut Français, au lendemain de l'accord signé à Paris dans le cadre de la Cop21. En cause, le réchauffement climatique.
«On est entré depuis 1980 dans un cycle de sécheresse structurelle, révèle Mohammed Sinan, spécialiste de l'hydrologie, professeur à l'école Hassania des travaux publics. Sur 22 milliards de m3 d'eau disponibles sur le territoire, - 18 milliards en surface et 4 milliards en sous-sol – nous parvenons à mobiliser et utiliser effectivement 9,1 milliards de m3 des eaux de surface et 4,3 milliards de m3 d'eaux souterraines. Nous consommons plus que ce qui arrive dans les nappes. Le niveau de la nappe du Saiss par exemple a baissé de 64m en 25 ans. Nous sommes en train de vidanger nos nappes.»
85% de l'eau utilisée pour l'agriculture
Selon les études réalisées par Mohammed Sinan avec l'équipe du ministère chargé de l'Ecologie, les ressources en eau, rares et mal réparties, vont s'amenuiser au point que le Maroc passera en dessous du seuil du stress hydrique, évalué à 500m3 d'eau par an et par habitant, entre 2020 et 2030, selon le scénario choisi. « Les précipitations devraient se réduire encore de 10 à 20% par rapport au siècle passé, entrainant une baisse de 7,6% à 40% des ressources en eau disponibles d'ici la fin du siècle au Maroc », détaille le scientifique.
«Les anciens du village de Tizi'n Oucheg disent qu'ils ressentent une baisse des ressources en eau, racontait, il y a un an, Sylvain Cédat, ingénieur agronome, spécialiste de l'irrigation qui s'est passionné pour ce village de l'Atlas, dans la région de Marrakech. Il y en a suffisamment pour l'eau potable car le village a mis en place un nouveau captage de source, il y a presque trois ans, qui suffit au besoin des habitants mais pour l'agriculture c'est différent. Les pluies ont tendance à se réduire. Surtout, les scientifiques sont en mesure de dire que la période de neige est plus courte que par le passé.» Dans ce village de 500 habitants, comme dans tant d'autres, seule 15% des eaux utilisées par le village sont destinées à l'utilisation domestique. Le reste va aux champs.
«Toute la croissance du pays repose sur la pluviométrie»
«La FAO a fait des études pour mesurer l'impact de la réduction des apports en eaux sur les plantes, et leur rendement, dans l'agriculture. On constate que la réduction des apports à la plante de 25% peut entrainer une réduction des rendements de 40%», rappelle Abdejalil Derj.
«Il y a une corrélation parfaite entre la pluviométrie et la production céréalière, or celle-ci représente 70 % des terres cultivées. Le PIB agricole détermine le PIB total. En somme, toute la croissance du pays repose sur la pluviométrie ! », s'indigne régulièrement Najib Akesbi, enseignant chercheur à l'Institut agronomique et vétérinaire de Rabat. L'agriculture est le premier secteur consommateur d'eau du pays ; avec une contribution maintenue au PIB de 14%, la production agricole reste également un déterminant majeur de l'économie. De fait, en 2012, la sécheresse, exceptionnelle ces dernières années, a fait s'effondrer le taux de croissance national.
La politique des grands barrages
«Avec la politique des grands barrages, le Maroc a été pionnier dans la gestion des ressources en eau », souligne Mohammed Sinan. La politique de construction de grands barrages n'a permis d'assurer l'irrigation que de 13% des terres cultivées (4% selon la Banque mondiale). S'ajoute aujourd'hui, «l'envasement des barrages. Il est tel que l'on perd l'usage, en moyenne, de 74 millions de m3 d'eau par an, soit l'équivalent d'un barrage chaque année », révèle le scientifique.
Le réchauffement climatique fait également craindre l'augmentation de la fréquence des évènements climatiques extrêmes : non seulement les sécheresses, mais également les crues. A l'automne dernier, plusieurs dizaines de personnes sont ainsi mortes dans le sud du Maroc, noyées par les eaux des oueds en crues. «Pendant longtemps, on a construit des barrages pour retenir l'eau, la gérer et l'utiliser au mieux, aujourd'hui, au contraire, une partie des barrages est laissée vide pour recueillir les excès d'eau éventuel en cas de crues. Sur la Moulouya, deux barrages sont au deux tiers vides pour cette raison. Sur l'Oued Cherrat de Mohammedia, le barrage a été expressément construit pour cela, suite aux inondations de 2002 », assure Abdeljalil Derj.


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