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Emission spéciale MRE : Les dessous de l'arrestation du chercheur de l'université d'Oujda à Bruxelles
Publié dans Yabiladi le 06 - 12 - 2017

Mohamed Bouabdallah, vice-président de l'université Mohammed Ier d'Oujda, est l'invité du jour dans l'émission hebdomadaire spéciale MRE de Radio 2M. Il apporte des éléments de réponse sur l'arrestation, dimanche, en Belgique, de l'enseignant-chercheur marocain Abdelkader Hakkou.
Comme chaque semaine, Radio 2M et Yabiladi collaborent dans l'émission «Faites entrer l'invité», spéciale Marocains du monde, avec Fathia El Aouni et Mohamed Ezzouak, directeur de publication de Yabiladi. Cette semaine, l'émission s'est intéressée à l'arrestation, en Belgique, de l'universitaire marocain Abdelkader Hakkou, qui a été placé dans un centre de rétention dimanche dernier. L'enseignant se rendait dans la capitale belge dans le cadre d'un programme de coopération avec l'Université libre de Bruxelles.
«À son arrivée à l'aéroport, personne ne l'attendait. Il a été incapable de montrer des documents justifiant son séjour en Belgique. Son visa était français. Les douaniers l'ont placé en détention et signifié qu'il allait faire l'objet d'une procédure de refoulement», rappelle Fathia El Aouni en introduction.
L'ambassade du Maroc à Bruxelles est intervenue auprès des autorités belges pour obtenir sa libération. «L'ULB a également réagi en s'adressant à l'Office des étrangers et en désignant un avocat pour accompagner Abdelkader Hakkou et l'aider dans ses démarches pour obtenir sa libération», ajoute-t-elle.
«Un habitué des grands voyages»
L'enseignant-chercheur avait un visa français au lieu du visa belge. «Le visa Schengen doit être octroyé par le pays par lequel on doit entrer. Dorénavant, c'est de plus en plus difficile et de plus en plus restrictif», abonde Mohamed Ezzouak.
Mohamed Bouabdallah, vice-président de l'université Mohamed Ier d'Oujda, déclare qu'à sa connaissance, Abdelkader Hakkou avait un visa français. «C'est un habitué des grands voyages. Il était vice-président [de l'université] et avait tissé des liens d'amitié avec les enseignants-chercheurs belges dans le cadre de la coopération entre les deux universités», explique-t-il.
Et d'ajouter : «Quand un enseignant-chercheur rattaché à notre université part à l'étranger, on lui délivre un ordre de mission. Il a été délivré par le secrétaire général de la faculté de médecine ou, le cas échéant, par le doyen de la faculté de médecine sur la base de documents de l'université belge.»
L'enseignant-chercheur avait bel et bien les documents, «mais pas sur lui». Il était accompagné d'un autre enseignant. Ce dernier n'a pas rencontré de problèmes à la douane parce qu'il «avait suffisamment d'argent sur lui. Son visa d'entrée n'était pas belge», poursuit Mohamed Bouabdallah. L'ancien vice-président de l'université Mohamed Ier d'Oujda, lui, «n'avait que 80 euros sur lui».
«Un vide dans la procédure»
Après le placement d'Abdelkader Hakkou en centre de rétention en vue d'un refoulement, «l'université belge est intervenue et a nommé deux avocats pour le libérer. Le président de l'ULB a été mis au courant et a contacté l'ambassadeur du Maroc en Belgique», précise Fathia El Aouni.
«L'ambassade a dû se porter garante de son séjour à Bruxelles, ce qui montre qu'il y avait un vide dans la procédure.»
L'université Mohamed Ier d'Oujda coopère avec plusieurs universités étrangères. «Nous avons plus d'une centaine de coopérations, pas seulement avec la Belgique mais aussi avec des pays européens, nord-américains, asiatiques et arabes», détaille le vice-président de l'université.
Toutefois, il déplore «le calvaire» pour obtenir un visa belge : «Il faut faire trois aller-retour entre Oujda et Casablanca, ce qui équivaut à 9 000 dirhams pour une semaine de travail. C'est bien moins coûteux de demander un visa pour la France ou l'Espagne», conclut-il.
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