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Escroquerie au nom de la famille royale : Récit d'une arnaque commencée il y a un an
Publié dans Yabiladi le 01 - 06 - 2018

Depuis lundi, une vidéo circule sur Facebook, montrant les aveux d'un homme présenté comme un arnaqueur. Nicole Elgrissy, qui a enregistré la vidéo, revient sur la prise de contact des prévenus avec les victimes présumées, tandis que parmi les six suspects figurerait un ancien ambassadeur.
La Cour d'appel de Rabat a écouté, jeudi, plusieurs personnes soupçonnées d'implication dans une affaire d'escroquerie, d'usurpation d'identité, de faux et d'usage de faux. Le groupe, constitué de six personnes âgées entre 24 et 60 ans, a comparu devant le juge après avoir été interrogé par la Gendarmerie de Témara. Parmi ses membres figurerait un ancien ambassadeur dont l'identité n'a pas été dévoilée.
Ces arrestations font suite à une vidéo, enregistrée et relayée depuis lundi par Nicole Elgrissy «dans [sa] lutte contre les arnaqueurs et les spoliateurs», nous explique-t-elle. Contactée par Yabiladi, elle précise que la victime des prévenus (M. B.) est une Marocaine résidant à l'étranger. De retour au pays il y a un an, après le décès de son père, elle découvre notamment que l'entreprise de ce dernier a accumulé impôts et taxes restés impayés. C'est alors qu'elle est approchée par l'intermédiaire montré dans la vidéo, et qui se présentait comme le porte-parole d'un colonel connaissant un proche de la famille royale.
Une arnaque à grande échelle
«Un colonel du nom de Mbarek», nous précise Nicole Elgrissy, connaîtrait donc «un prince qui peut avoir accès aux recours en grâce contre un montant faramineux, alors que la société est déficitaire depuis des années». Via son intermédiaire, le colonel présente une carte en disant être «mandaté par le roi pour soulager les problèmes du peuple, puisque les tribunaux ne sont pas compétents» selon ses dires. Avant d'obtenir la grâce, il fait payer à M. B. plus de 800 000 dirhams, pour, dit-il, «aider d'autres pauvres à sortir de leur situation».
Pour Nicole Elgrissy, M. B. «a été imposée à tort sur une société dans laquelle il y avait 40 actionnaires. Elle ne savait pas que son père avait abandonné l'entreprise après un accident suspect, où son autre fille est morte deux jours avant son divorce. La police n'ayant pas bouclé l'enquête en raison des relations du mari de sa fille, il est tombé gravement malade, puis il est décédé».
Notre interlocutrice nous explique alors que la concernée s'est retrouvée «à devoir verser aux impôts quatorze millions de dirhams qu'elle n'avait pas, d'une société dont elle n'arrive même pas à identifier les actionnaires». Selon elle, «le colonel Mbarek disait connaître un prince qui pourrait obtenir une grâce sur cette taxation abusive».
Trois mois plus tard, les quatre hommes n'ont plus donner signe de vie, au moment où M. B. découvre que l'entreprise doit toujours de l'argent. Elle tente de recontacter ses arnaqueurs présumés, qui n'étaient plus joignables.
«Obtenir d'abord des aveux»
«Une amie a pu retrouver les traces de l'arbre généalogique de ce prince, et elle a su que l'arnaqueur ne faisait pas partie de la famille royale, si ce n'est de très loin», nous confie Nicole Elgrissy. Elles décident alors de dénoncer la malversation.
«Comme il existe beaucoup de personnes circulant avec des cartes du Palais royal, il a fallu éviter le risque de remettre cette affaire directement aux concernés, sans que l'arnaqueur n'ait avoué devant nous. Nous avons court-circuité les protecteurs éventuels.»
«Nous avons informé toutes les autorités et nous leur avons livré l'homme, qui est venu et a voulu lever la main sur nous, mais nous avons décidé de ne pas le laisser partir sans aveux, pour qu'il n'y ait aucune équivoque lorsqu'il sera interrogé par la gendarmerie. Nous voulions le témoignage d'abord», ajoute encore notre interlocutrice, bien que l'arrestation des prévenus ne s'est pas faite le jour même où la vidéo a été enregistrée.
L'Observatoire contre la normalisation soupçonne le Mossad
Dans la foulée des révélations, l'Observatoire national contre la normalisation a publié, mercredi, un communiqué accompagnant la vidéo, où l'on voit à la fin une femme interrogeant les suspects leur reprocher d'avoir menacé des proches du Mossad et du Shin Bet (à partir de 7:50). Dans son document, l'organisation rappelle que cet enregistrement est relayé peu après l'alerte concernant les activités d'un centre de formation invitant des formateurs israéliens au Maroc.
Contacté par Yabiladi, Ahmed Ouihmane, président de l'Observatoire, sans vouloir accuser les deux femmes, «[se] demande ce que signifie le fait d'évoquer les services israéliens dans le cadre d'une affaire d'arnaque et de malversation». Il explique que l'affaire «implique des questions complexes, dans la mesure où la vidéo évoque des liens avec le Mossad et les hautes sphères du pays». Ouihmane appelle également à «laisser la justice faire son travail au lieu de simuler un interrogatoire en dehors des institutions habilitées à le faire».
«C'est de l'invention pure et dure. Nous affirme pour sa part Nicole Elgrissy. Il n'y a aucune victime du Mossad de ce genre d'arnaqueur. C'est de l'antisémitisme aigu.» La militante nous explique également que les services israéliens «n'ont aucun rapport avec cette histoire. Ce sont des citoyens marocains qui se sont fait gruger sous forme de dons destinés aux associations de sa Majesté. Vous croyez que le Mossad n'a que ça à faire ?» (sic). Pour notre interlocutrice, «c'est une juive marocaine qui met le doigt sur un cartel, vous m'étonnez qu'on évoque le Mossad derrière cette histoire. Je lutte efficacement, à titre associatif et personnel contre les spoliations depuis des années et je suis fière d'être Marocaine.»
De son côté, Ahmed Ouihmane indique que «dans la vidéo, deux personnes apparaissent comme étant des agents de sécurité, nous nous demandons donc ce que signifie tout cela, au moment où nous menons justement une campagne contre la coopération de professionnels de la sécurité avec l'Institut Alpha au Maroc». Il appelle ainsi à «laisser les enquêteurs mener l'affaire en court, si arnaque avérée il y a, sans y mêler d'autres acteurs».


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