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Casablanca : Dernière ligne droite dans le procès de la «petite bonne» torturée
Publié dans Yabiladi le 10 - 07 - 2018

En janvier dernier, la société civile a été sous le choc, après les révélations sur le cas de Latifa, une travailleuse de maison qui dit avoir été torturée par ses employeurs. La dernière audience du procès s'est tenue ce mardi et le jugement sera prononcé jeudi.
Au tribunal de première instance de Casablanca, la prévenue a comparu pour la dernière fois, ce mardi. Elle est poursuivie en état d'arrestation pour des faits de torture et de maltraitance sur Latifa, qu'elle a employée à son domicile depuis plus d'un an.
Pour sa dernière audience devant le juge, ses avocats ont avancé que la victime présumée aurait, dans un premier temps, «nié avoir fait l'objet de sévices infligés par ses employeurs». Il vont jusqu'à pointer du doigt l'association INSAF dans le revirement de situation :
«C'est lorsque l'association INSAF s'en est mêlée en voulant récupérer l'affaire que la plaignante a changé sa version, sous couvert qu'elle avait trop peur au début pour avouer avoir été torturée.»
Rabia Amellal, avocate de la partie civile, s'empresse de rétorquer :
«Que signifie le fait de mettre en doute la crédibilité d'une association reconnue d'utilité publique, qui œuvre en toute légalité et en collaboration avec les pouvoirs publics pour lutter contre le travail des enfants et la maltraitance des 'petites bonnes' ? Elle aurait eu un quelconque intérêt à récupérer cette affaire précisément et pas celles de tous les cas similaires qu'elle a accueillis ?»
Les dernières interventions des deux parties sont axées sur un rappel des contenus des rapports médicaux attestant de l'état de survie où a été trouvée Latifa, en janvier dernier. Son avocate rappelle qu'elle ne touchait pas directement «son modique salaire de près de 700 dirhams par mois, puisque son employeuse avançait faire des économies pour la victime».
Pour Omar Saadoun, responsable du programme de lutte contre le travail des enfants au sein de l'association INSAF qui a rendu publique l'affaire, «ce sont les proches de l'ancienne employeuse de Latifa qui ont fait pression sur celle-ci, au cours de son hospitalisation, pour qu'elle ne révèle pas ce qu'elle a enduré chez cette femme».
En effet, le militant nous confirme l'existence d'enregistrements de vidéosurveillance attestant des visites régulières du frère de la prévenue au chevet de la victime présumée, de même que les conversations au ton menaçant qu'il avait avec elle. Pour accéder à sa chambre, l'homme aurait donné de fausses identités à plusieurs reprises, avant que les services d'accueil ne s'en aperçoivent et lui interdisent ainsi de visiter Latifa.
Les séquelles de plusieurs mois de torture
Après des questions-réponses du juge, durant lesquels Latifa a campé sur ses positions en réitérant avoir été torturée de manière récurrente par son employeuse, l'audience touche à sa fin. Le verdict sera rendu jeudi et avant cela, l'avocate de Latifa est décidée à porter le dossier en appel. «Quel que soit le jugement, Latifa doit obtenir réparation pour toutes les souffrances qu'elle a endurées», nous explique-t-elle, promettant de recourir en appel dès vendredi.
En janvier dernier, l'association INSAF a révélé les mauvais traitements dont Latifa, 22 ans au moment des faits, dit avoir été victime. La jeune fille en vit les conséquences jusqu'à aujourd'hui et au sein de l'ONG, elle est surveillée par plusieurs médecins, une infirmière qui l'accompagne quotidiennement, ainsi qu'un spécialiste qui assure son suivi psychologique.
«Le médecin qui a exigé son hospitalisation a découvert que son taux d'hémoglobine était au plus bas, parallèlement à une anémie sévère et à plusieurs carences alimentaires», nous explique Zineb, son infirmière. La lettre du médecin a contribué à révéler l'affaire, puisque ce dernier a exigé «une hospitalisation urgente» au risque de prévenir les services de police concernant le cas de Latifa, ce qui a été fait.
«Les infections liées à ses blessures aux pieds ont nécessité plusieurs opérations de greffe de peau et elle ne pouvait plus marcher pendant longtemps», ajoute notre interlocutrice, nous confirmant que l'état de santé de Latifa s'est amélioré depuis.
«Un nouveau départ»
«Après plus de trente séances de rééducation, je vais beaucoup mieux et aujourd'hui, je suis même une formation de coiffure au sein d'INSAF pour ouvrir plus tard mon salon», nous confie Latifa à la sortie du tribunal. Aujourd'hui, elle veut «travailler à [son] propre compte, devenir autonome et surtout oublier ce qui [lui] est arrivé». Née à Zagora et obligée de quitter l'école à l'âge de 16 ans vu la situation financière de sa famille, elle espère également pouvoir reprendre ses études.
«Jamais je n'accepterai encore d'être employée chez quelqu'un», nous assure Latifa en nous expliquant que son ancienne employeuse lui avait promis, au début, «de bonnes conditions de travail». Une fois à ce nouveau domicile, elle est surmenée, doit effectuer plusieurs tâches à la fois et se retrouve rapidement dans un état de fatigue extrême.
Ne pouvant pas enchaîner les longues heures de corvée, Latifa est battue par la «maîtresse de maison» qui l'aurait obligée à s'infliger elle-même des sévices en se brûlant à l'aide de couverts de table. Désormais, Latifa espère «un jugement qui [lui] fera valoir [ses] droits», pour enfin laisser cette histoire derrière elle et se donner «un nouveau départ dans la vie».


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