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Histoire : Lorsqu'un escadron américain viola la neutralité en bombardant Chefchaouen
Publié dans Yabiladi le 29 - 04 - 2019

Dans les années 1920, le colonel américain Charles Sweeny proposa de constituer un escadron pour «soutenir l'effort de guerre de la France au Maroc». La troupe bombarda Chefchaouen dans le cadre d'une action condamnée par le Département d'Etat américain, car cette action était contraire aux lois sur la neutralité qu'observait Washington vis-à-vis du Protectorat.
En pleine Guerre du Rif qui opposa l'Espagne aux tribus amazighophones du nord-est marocain entre 1920 et 1926, la ville de Chefchaouen fut ciblée par des bombardements américains. Dans leur tentative d'affaiblir le leader rifain Mohamed ben Abdelkrim El Khattabi (1882 – 1963), les forces espagnoles furent en effet aidées par l'armée française, qui à son tour demanda les renforts d'un escadron étranger, pour lancer l'offensive sur la «ville bleue».
Ce fut dans ce cadre qu'en septembre 1925, des pilotes américains menés par Charles Sweeny prêtèrent main forte à la France et à l'Espagne en lançant le siège de Chafchaouen. Ce siège dura des décennies, jusqu'à l'indépendance du Maroc en 1956.
Selon Charly Roberts et Charles P. Hess, dans leur livre «Charles Sweeny, l'homme qui inspira Hemingway» (McFarland, 8 sept. 2017), El Khattabi avait mené en avril 1925 une offensive contre des positions militaires françaises. En effet, son idée était de ne plus limiter son combat contre l'occupation espagnole, mais de mener la guerre aussi à la présence française en faisant front commun contre toutes les puissances coloniales de la région.
Les pilotes américains mobilisés dans la guerre du Rif
Face aux actions d'El Khattabi, les Français et les Espagnols songèrent de leur côté à s'unir pour mener la guerre contre les tribus rifaines de l'émir. «C'est là que Sweeny (…) proposa au Premier ministre français, Paul Painlevé, de constituer un escadron de pilotes américains pour soutenir les belligérances de la France au Maroc», écrivirent Roberts et Hess.
Sauf qu'au regard de Sweeny, cette proposition serait partie du fait d'y voir un moyen de «chasser l'ennui» plus que de tracer véritablement une stratégie militaire, selon la plateforme d'histoire Code and Dagger. En effet, la même source indiqua que le pilote américain recherchait principalement une raison à lancer une offensive au pif, qui l'occuperait après les batailles de la Première Guerre mondiale (1914 – 1918).
Cette offre, les Français l'acceptèrent et Paul Painlevé l'accueillit même «chaleureusement», selon des archives du centre historique de l'armée française à Vincennes, citées par l'ouvrage de Robert et Hess. En juin 1925, Sweeny commença sa nouvelle mission en envoyant un télégramme aux anciens combattants américains qui avaient pris part à la Première Guerre mondiale.
Paul Ayres Rockwell, qui servit avec lui dans la Légion étrangère française, reçut ce courrier proposant de réformer l'escadrille La Fayette, unité de volontaires américains constituée en 1916 sous commandement français, afin de servir cette fois-ci au Maroc. Sweeny expliqua également qu'une demi-douzaine d'anciens membres étaient déjà alignés et aimeraient rejoindre Paul, qui accepta de faire partie de l'escadron.
En juillet, Sweeny rassembla 17 volontaires, dont 12 pilotes, qui se rendirent tous au Maroc. Sauf que ces mouvements militaires ne furent pas appréciés par le gouvernement américain.
Une violation des lois américaines sur la neutralité
Le Département d'Etat américain pressa son consul au Maroc d'«informer les Américains qu'ils risquaient de perdre leur citoyenneté et d'être condamnés à la prison accompagné d'une amende s'ils continuaient à se battre contre un peuple avec lequel les Etats-Unis n'avaient aucun différend», rapportèrent les deux historiens.
Mais ces avertissements n'empêchèrent pas Sweeny de bombarder Chefchaouen. Pour le vétéran américain, la France «combattait pour la cause de la civilisation de l'homme blanc et tous ceux qui avaient formé cet escadron en savaient assez sur le monde pour comprendre ce que signifiait la civilisation de l'homme blanc», rapporta Code and Dagger.
Dans le livre de Roberts et Hess, Rockwell mentionna que les Français voulaient cibler Chefchaouen, principalement parce qu'elle était «la ville sainte des membres de la tribu des Jbala, une localité de quelque 7 000 habitants».
Histoire : Lorsque les Nasrides andalous firent de Chefchaouen leur forteresse
«Elle ne fut pas bombardé avant, en raison de son prestige et de son caractère spirituel par la présence d'un sanctuaire sacré. Une attaque aérienne contre [Chefchaouen] devrait intimider les Jbala et les dissocier efficacement du front qu'ils constituaient avec [El Khattabi]», décrivit le militaire.
Malgré les avertissements des Etats-Unis donc, l'escadrille Lafayette se mit à bombarder Chefchaouen le 17 septembre 1925, ce qui fut regretté plus tard par le vétéran américain. «Celle ville avait toujours maintenu son indépendance en dehors de quelques années d'occupation espagnole», finit-il par écrire, décrivant par ailleurs la beauté de Chefchaouen.
Son appréciation ne limita cependant pas les dégâts, dans une ville qui était «ravissante» selon ses dires, «embrassant les montagnes, entourée de nombreux jardins et de cultures vertes» en plus de ses «nombreux sanctuaires, six mosquées, cachots médiévaux, sa grande place et sa fontaine» qu'il disait espérer ne pas voir endommagés.
Le bombardement de Chefchaouen dévasta non seulement les habitations, mais il fit également nombre de victimes parmi les civils, sous les vives critiques des médias et du gouvernement américains. En revanche, cette attaque n'était que le début d'une série d'autres opérations militaires assiégeant la cité mystique.
De son côté, la France finit par céder aux pressions du Département d'Etat et procéda à la dissolution de l'escadron, six mois après le début de bombardement. Plus tard, l'agence Associated Press s'en saisit à travers une série de reportages, révélant que les anciens combattants américains impliqués dans l'offensive sur Chafchaouen «violaient les lois américaines sur la neutralité».


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