Le sort des déplacés de Ksar El Kébir continue de préoccuper l'opinion publique et de mobiliser la société civile, qui réclame une amélioration des conditions d'accueil à Assilah, Tanger, Tétouan et leurs environs. Malgré les efforts officiels déployés pour aménager des centres d'hébergement, de nombreux témoignages font état de grandes difficultés rencontrées par les sinistrés pour trouver un toit. Selon des sources consultées par Hespress, l'évacuation de dizaines de milliers d'habitants d'une ville menacée par les eaux constitue une crise inédite dans le pays. Cette situation place de nombreux déplacés, issus notamment des classes moyennes et défavorisées, dans une précarité alarmante. Ayant quitté leurs foyers à la hâte et sans préparation face à l'inconnu, ces familles lancent des appels de détresse pour une intervention gouvernementale urgente capable de préserver leur dignité. Ghassan El Asri, acteur associatif originaire de Ksar El Kébir et réfugié à Tétouan avec sa famille, pilote une initiative solidaire avec d'autres militants pour tenter de loger les familles ayant fui vers le nord. Il décrit les obstacles majeurs rencontrés par ces ménages. « Nous avons lancé une campagne sur Facebook pour trouver des logements, mais nous avons été submergés par un nombre colossal de demandes auxquelles nous ne pouvons plus répondre favorablement », confie-t-il à Hespress. El Asri souligne que « la situation est complexe et les gens n'ont pas les moyens financiers de louer un logement dans ces circonstances difficiles ». Pour lui, une solution viable résiderait dans l'ouverture des centres de vacances relevant des ministères et des établissements publics et privés pour accueillir les familles dispersées dans la région. De son côté, l'avocat Driss Haidar, membre de la coordination créée à Tanger pour accompagner les déplacés, qualifie de difficiles les conditions de vie actuelles des sinistrés. Il insiste sur le fait que leur initiative vise avant tout à garantir un hébergement qui préserve la dignité des citoyens. « De nombreuses familles manquent de tout, que ce soit un toit ou de la nourriture », alerte-t-il dans une déclaration à Hespress, précisant que leur mobilisation se veut une action d'urgence pour « sauver ce qui peut l'être et aider les habitants de Ksar El Kébir présents à Tanger ». Le comité prévoit de rencontrer ce vendredi le Wali de la région, Younes Tazi, pour mettre sur la table la question des centres d'estivage publics et privés, toujours fermés aux déplacés, et comprendre « les contraintes qui empêchent ou entravent l'hébergement des sinistrés dans ces lieux ». Haidar réitère par ailleurs l'appel à déclarer Ksar El Kébir « ville sinistrée » afin de simplifier les procédures et d'ouvrir la voie à l'indemnisation des citoyens touchés. Il rappelle toutefois que cette décision, qui dépend des « statistiques des pertes humaines et matérielles », relève des prérogatives du chef du gouvernement.