Le parquet près le tribunal de première instance de Rabat est sorti de son silence pour rétablir les faits après la diffusion, par une agence de presse étrangère, d'une dépêche faisant état d'une prétendue grève de la faim observée par des ressortissants sénégalais poursuivis dans le cadre des incidents survenus lors de la finale de la Coupe d'Afrique des nations. Dans un communiqué daté du vendredi 6 février 2026, le ministère public affirme que ces informations sont « dénuées de tout fondement » et comportent « de nombreuses contrevérités ». Concernant tout d'abord l'allégation d'une grève de la faim, le parquet est catégorique : aucun des prévenus ne se livre à un tel mouvement. Les intéressés bénéficient, précise le communiqué, des repas fournis par l'établissement pénitentiaire « de manière normale et régulière », mettant ainsi en cause la crédibilité de cette affirmation largement relayée. S'agissant ensuite du déroulement de la procédure judiciaire, le parquet rappelle que la première audience dans cette affaire s'est tenue le 22 janvier 2026. À la demande des mis en cause, qui ont sollicité un délai pour préparer leur défense, l'examen du dossier a été renvoyé au 29 janvier. Lors de cette audience, un nouveau report a été décidé en raison de leur insistance à comparaître en présence de leurs avocats. Une audience s'est tenue par la suite, en présence d'un avocat inscrit au barreau français, avant qu'un nouveau renvoi au 12 février 2026 ne soit ordonné, toujours à la demande expresse et unanime des prévenus, afin de leur permettre d'assurer une défense conforme à leurs attentes. Le communiqué souligne également que cet avocat a communiqué directement avec les mis en cause en langue française, langue que tous maîtrisent, et les a informés des motifs et des dates des renvois successifs décidés par la juridiction. En ce qui concerne la question de l'assistance linguistique lors des audiences, le parquet précise qu'un traducteur assermenté, désigné par la juridiction, a assisté à l'ensemble des débats. Les échanges ont été traduits en français, langue comprise et parlée par tous les prévenus, sans exception. Enfin, le ministère public réfute l'accusation selon laquelle les procès-verbaux d'audition auraient été dressés sans le concours d'un interprète. Il rappelle que l'article 21 du Code de procédure pénale n'impose pas le recours à un traducteur lorsque l'officier de police judiciaire maîtrise la langue comprise par la personne entendue. En l'espèce, les procès-verbaux mentionnent explicitement la lecture et la traduction de leur contenu aux intéressés. À la lumière de ces éléments, le parquet de Rabat estime que les informations diffusées par le média concerné ne reflètent en rien la réalité de la procédure en cours et appelle à un traitement responsable et rigoureux des faits judiciaires.