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Pèlerinage juif au Maroc #13 : David Ben Hassine, un rabbin poète célébré par ses piyyutim
Publié dans Yabiladi le 27 - 08 - 2019

Dans cette série, Yabiladi revient sur les grands lieux de pèlerinage juif au Maroc, visités annuellement par des milliers de fidèles et de curieux. Dans ce treizième épisode, et bien que son lieu d'inhumation reste inconnu, l'histoire de Rabbi David Ben Hassine. Ses poésies sont encore chantées par la communauté juive marocaine et séfarade du monde entier.
Sa dépouille repose certainement dans l'ancien cimetière israélite de Meknès, puisque ce tadsik, né en 1722, mourra dans sa ville natale en 1792.
Mais si Rabbi David Ben Hassine (David Hassine dans certains ouvrages) est célèbre au sein de la communauté juive marocaine en particulier, et séfarade en général, c'est parce que ses poèmes appelés piyyutim traverseront l'histoire, du XVIIIe siècle jusqu'à nos jours. Ils sont chantés dans les fêtes familiales et religieuses, en hommage à un érudit surdoué ayant toutefois vécu une vie triste.
Selon Ariel Danan, directeur du département culturel et universitaire de l'Alliance Israélite universelle (AIU), également animateur d'une émission sur Judaisme FM, la vie au Maroc au XVIIIe siècle pour les Juifs était difficile. Bien que peu d'informations existent sur l'enfance de Rabbi David Ben Hassine, on sait que son père, Aaron, était son premier enseignant, avant qu'il intègre la Yéchiva (école) de Rabbin Mordekhaï Berdugo. «Il va étudier pendant de nombreuses années et va même épouser la fille de Mordekhaï Berdugo à l'âge de 20 ans. Il va avoir avec elle neuf enfants : un garçon et huit filles», raconte Ariel Danan.
Un saint ayant vécu dans une pauvreté extrême
Parce qu'il était un surdoué, David Ben Hassine rédigera, dès ses 17 ans, des «commentaires inédits de la Torah qu'il continuera tout au long de sa vie et dont le recueil sera publié après sa mort». Talmudiste et féru de mystique, car «on retrouve des traces des allusions dans son œuvre poétique», il va exercer plusieurs fonctions de shehit (abatteur rituel) à un scribe (qui rédige les contrats comme les mariages, les divorces,…etc), en passant par le poste de ministre officiant d'une synagogue. Tout cela dans l'objectif de subvenir aux besoins de sa famille nombreuse.
Un portrait de Rabbi David Ben Hassine. / Ph. Archives photographiques Beth Hatefutsoth
Dans un document racontant quelques miracles de saints juifs, on revient sur l'extrême pauvreté de ce saint juif, jusqu'au point de décrire une famille dont les enfants s'étaient «couchés sans manger après avoir pleuré de faim». La femme de Rabbi David Ben Hassine «lui dit alors : "Pourquoi le Saint-Béni-Soit-Il (Dieu) permet-il à des enfants innocents de souffrir de la faim?" Le rabbin David a répondu qu'elle ne devrait pas désespérer et que «même si les enfants se sont endormis, Dieu peut toujours leur assurer la subsistance», poursuit-on.
«Il se mit à prier les larmes aux yeux. Son voisin entre alors pour lui demander à propos [d'une] querelle avec le père de son gendre. Dès que Rabbi David leur a dit que ce dernier avait raison, le voisin tient sa promesse et ordonne que tous les mets préparés pour le mariage soient livrés à la maison de Rabbi David. Ce dernier bénit ses visiteurs et alla réveiller sa femme : "Va réveiller les enfants pour le dîner. Dieu a entendu mes prières et nous en avons assez pour les nourrir royalement pendant une semaine !"»
On raconte aussi comment un soir, le Tasdik, qui voulait continuer à lire après le coucher du soleil, demande à sa femme d'allumer la lampe à huile. Son épouse confond l'ingrédient et au lieu de verser de l'huile dans la lampe, elle y verse du vinaigre. «Dieu, qui sait comment faire fonctionner une lampe avec de l'huile, saura la faire fonctionner aussi bien avec du vinaigre» lui aurait-il dit, tandis que cette «la lampe au vinaigre alluma la chambre de Rabbi David jusqu'au matin, brûlant du vinaigre au lieu de l'huile».
Des juifs au Mellah de Meknès. / Photo d'illustration
Un saint célébré par ses piyyutim
La professeure de Lettres modernes et d'exégèse biblique à Paris, Lysette Hassine-Mamane lui a consacré tout un ouvrage. L'auteure de «Le Piyyut de David Hassine» (Editions Maisonneuve & Larose, Paris, 2000), elle aussi née au Maroc, le décrit comme un poète «plongeant ses racines dans les profondeurs de la Torah et de l'exégèse biblique, héritier de la tradition culturelle et cultuelle de l'âge d'or espagnol» et qui «compose pour ses contemporains, et surtout, pour son Créateur, des piyyutim, poèmes liturgiques chantés, dans un hébreu vivant, riche et mélodieux». Car David Ben Hassine est avant tout «une des figures les plus connues de la poésie liturgique juive marocaine et ses piyyutim ont été diffusés à travers le monde séfarade», poursuit-elle.
Dans les «Cahiers d'études juives, Volumes 1 à 3» (Editions Presses Paris Sorbonne, 1986), on apprend que David Ben Hassine a rédigé aussi une Kina (élégie), à l'occasion du décès Amram Ben Diwane. Il y invite «la communauté des justes» de se lamenter et se plonger dans l'amertume tout en cessant «toute liesse».
Des Marocains juifs célébrant une hiloula au Maroc. / Ph. DR
De son côté, la plateforme Akadem du Fonds Social Juif Unifié le décrit comme «le plus grands des poètes juifs du Maroc». «Il est notamment l'auteur de Téhila Ledavid (Hymne à David), un recueil de poèmes liturgiques et élégiaques qui inspira de nombreux chants marocains et de Mékoman chèl zébahim (La place des sacrifices), une versification des rituels de l'abattage», poursuit-on.
«Il a donné ainsi des piyyutim chantés même jusqu'à aujourd'hui au sein de toutes les communautés de rites séfarades. Ses textes ont continué à vivre.»
Ariel Danan
Aujourd'hui, c'est lors de fêtes familiales ou même des célébrations religieuses, comme les Hiloulas ou Lag Baomer, et grâce à ces poèmes que Rabbi David Ben Hassine devient l'un des saints les plus commémorés par les juifs.


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