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Maladies cardiovasculaires : Le Maroc est très exp
Publié dans Albayane le 16 - 10 - 2011

Depuis l'étude réalisée par le ministère de la Santé sur les facteurs de risques en 2000 qui a permis d'apporter des renseignements précieux et une meilleure compréhension des maladies cardiovasculaires puisque 33,6% des Marocains examinés sont atteints d'hypertension artérielle, 8% sont diabétiques, 13% sont obèses et 29 % ont un taux de cholestérol élevé (plus de 2 g/l). A la lumière de ces chiffres, on est mieux informé, plus sensible pour lutter contre ces facteurs de risques qui représentent de graves conséquences en ce qui concerne la santé de notre population.
On aurait souhaité naturellement voir d'autres travaux de recherche sur le sujet, mais depuis 2000, aucune autre étude n'est venue pour actualiser les données chiffrées.
Retour sur les facteurs de risques et les maladies cardiovasculaires qui connaissent une recrudescence.
Ampleur du problème
Les maladies cardio-vasculaires représentent de nos jours un grand problème de santé publique à l'échelle mondiale. Elles sont considérées comme étant la première cause de morbidité précoce et de décès dans certains pays de la région de l'Afrique et du Moyen-Orient. Les maladies cardio-vasculaires viennent en tête des causes dans le monde. En effet, chaque année 25 millions de personnes décédent dont 16 millions issues des pays en voie de développement.
C'est donc un véritable fléau des temps modernes dû en grande partie aux changements socio-démographiques, par le vieillissement de la population, la sédentarité, le changement de mode d'alimentation et le tabagisme sont autant de facteurs qui influencent et aggravent les problèmes liés aux maladies cardio-vasculaires. Les maladies cardiovasculaires figurent parmi les principales causes de décès et d'invalidité dans le monde : chaque année, plus de 17 millions de personnes décèdent des suites de maladies cardio vasculaires.
Le Maroc : un pays de cardiaques
C'est le professeur en cardiologie Ahmed Bennis qui décrit ainsi la situation, il tire la sonnette d'alarme face à ce fléau depuis plusieurs années déjà.
Avec 10 millions d'hypertendus, 3 millions d'obèses 1,5 million de diabétiques, le Maroc est très exposé aux maladies du cœur, c'est ce qui fait dire aux spécialistes que le Maroc est un pays de cardiaques.
Les maladies cardiovasculaires sont aujourd'hui la première cause de mortalité dans la tranche d'âge de 45 à 54 ans.
Ces maladies sont recensées plus chez les hommes que chez les femmes, bien que l'attaque soit plus grave pour la femme.
Les maladies cardiovasculaires sont des affections polyfactorielles, où l'environnement, les habitudes alimentaires et l'hygiène de vie jouent un rôle important en tant que facteurs de risque.
Des facteurs de risque multiples et variés
Pour les cardiologues, un seul facteur de risque est un facteur de trop, car à lui seul il représente un réel danger. On devine aisément ce que cela peut représenter quand une même personne cumule plusieurs facteurs de risque, c'est une véritable bombe à retardement.
En tête de peloton des facteurs de risque, nous trouvons le tabac, l'hypertension artérielle, le cholestérol, le diabète, la sédentarité et l'obésité qui sont autant de facteurs de risque qui favorisent l'apparition mais aussi l'aggravation des maladies cardio-vasculaires.
A côté de tous ces facteurs de risque existe un autre problème et pas des moindres, il s'agit du manque d'activité physique. En effet nous ne bougeons pas assez, notre mode de vie change, il n'y a qu'à voir les cafés qui sont pleins du matin au soir, les Marocains se sédentarisent de plus en plus. L'absence d'activité physique touche jusqu'à 70% de la population marocaine. Ce qui se traduit aussi par les maladies cardiovasculaires.
Qu'en est-il du Maroc ?
Le constat est alarmant, il s'agit de regarder les choses en face. Aujourd'hui les maladies cardiovasculaires prennent de plus en plus d'ampleur. Les facteurs à risque comme le tabagisme, le diabète, la sédentarité, l'obésité, le cholestérol et l'hérédité constituent les véritables ennemis du cœur car ils entraînent le vieillissement artériel et favorisent le dépôt de graisse sur les vaisseaux. Il est toujours utile de rappeler que plus de 33% de nos concitoyens souffrent d'Hypertension Artérielle, ce chiffre est à revoir à la hausse. Notre pays a pendant longtemps été considéré comme pays à faible prévalence des maladies cardio-vasculaires et ce n'est que depuis peu que la problématique des maladies cardio-vasculaires et des facteurs de risques qui leur sont liés sont de plus en plus ressenti comme une priorité, vu que la cause de mortalité chez l'adulte est récemment apparue avec 22,1 % selon les statistiques de 1994.
L'hypertension artérielle au banc des accusés
Il est clair que l'hypertension artérielle constitue un facteur de risque majeur, c'est même le plus important dans la genèse des accidents vasculaires cérébraux, de l'insuffisance cardiaque congestive, des lésions rénales et oculaires, de l'athérosclérose...
Au Maroc, l'H.T.A semble constituer de l'avis des professionnels de santé l'un des principaux motifs de consultations tant au niveau du privé que du public.
Plusieurs thèses de médecine ont étudié des séries de cas d'H.T.A où les caractéristiques socio-démographiques, cliniques et thérapeutiques ont été largement rapportées et commentées.
La consommation de tabac, l'élévation du taux de cholestérol, le diabète, le stress, la sédentarité ou encore le vieillissement de la population sont autant de facteurs favorisants.
Tous les ans dans le monde, on recense 10 millions d'infarctus, principalement chez les hommes. Cinq à dix ans après la ménopause, les femmes ont le même risque d'en être victimes que les hommes. Les maladies cardiovasculaires sont la cause majeure de handicap et de mort prématurée, tout particulièrement chez les hommes.
Depuis trente ans, les progrès réalisés grâce à une meilleure hygiène de vie et à la prescription de traitements préventifs permettent de réduire ces facteurs de risque et la morbi-mortalité.
Si les pays développés sont les plus touchés, on observe aujourd'hui une tendance à la convergence liée aux changements des modes de vie sur la planète.
Une dangereuse métamorphose
Les données que nous venons de voir plus haut montrent clairement que les facteurs de risque des maladies cardio-vasculaires vont connaître un accroissement et qu'ils toucheront une frange beaucoup plus importante de la population qui se sédentarise de plus en plus, qui perd les bonnes habitudes alimentaires d'autrefois associant l'huile d'olive et les crudités. Aujourd'hui, nous constatons que les gens sont pressés, stressés, mal dans leur peau, mangeront n'importe quoi et n'importe où, les fast-food aidant, notre alimentation s'occidentalise, des maladies hier inconnues au Maroc font leur apparition (l'obésité, le diabète...) et l'industrialisation aidant, on assiste alors à une mutation des comportements. Les jeunes fument sans aucune gêne dans la rue, et dans le lycée aidés en cela par la prolifération des vendeurs de cigarettes au détail qui vendent d'autres poisons en toute liberté... Une dangereuse métamorphose est en train de s'opérer, de prendre forme au moment où nous ne sommes pas prêts à faire face correctement à la situation présente, que dire quand d'autres maladies dégénératives feront surface car l'espérance de vie au Maroc est estimé aujourd'hui à 76 ans pour les femmes et 73 pour les hommes , ce qui veut dire que nous allons avoir à faire à des flots de patients grabataires, des malades d'un genre nouveau qui nécessiteront des prises en charge très lourdes et des moyens spécifiques en long séjour.
Sommes nous préparé pour prendre en charge ces personnes ?
La prévention ou la voie de la sagesse
Il est clair que les pouvoirs publics seront confrontés, dans un proche avenir au problème des maladies cardio-vasculaires car leur prise en charge est lourde, très onéreuse surtout quand 34 % de la population a une couverture maladie de type AMO et les 60 % qui restent n'ont pas de couverture et n'ont d'autres alternatives que de s'adresser au secteur public qui leur assure des soins gratuits , mais parfois limités au strict minimum surtout quand il s'agit des maladies cardiovasculaires
Par conséquent, la lutte contre les maladies cardio-vasculaires par la prévention passe obligatoirement par la prévention des principaux facteurs de risque. Pour cela, il importe d'estimer leurs fréquences réelles. L'enquête nationale sur les facteurs de risque des maladies cardio-vasculaires. Oui, mais encore ?
L'enquête nationale menée par le ministère de la Santé dont les résultats ont été communiqués le 28 février 2001 est toujours d'actualité. Cette enquête nationale témoigne, si besoin est, de l'éveil du M.S.P en regard des facteurs de risques cardio-vasculaires, un éveil tardif, mais comme dit l'adage il n'est jamais trop tard pour bien faire.
L'enquête a concerné 2000 individus et a duré 2 mois. Les normes utilisées sont tirées des dernières données de la littérature internationale.
Au regard de ces chiffres que nous avons vus plus haut et qu'il est utile de revoir puisqu'ils montrent que 33,6% de la population marocaine sont des hypertendus, les diabétiques 6,6%, les obèses 13,3%, les fumeurs de cigarettes 17,2% l'hypercholestérolémie 29%, tout cela inquiète et ne peut en aucun cas nous laisser insensibles face au mal qui ronge notre société tant il est vrai que l'aspect épidémiologique des facteurs de risque cardio-vasculaires est omniprésent en milieux urbain et rural, l'homme ainsi que la femme sont concernés, les enfants ne sont pas épargnés non plus. Face à la recrudescence des maladiescardiovasculaires et en l'absence de moyens adéquats susceptibles d'assurer une prise en charge à tous les malades qui sont atteints d'affections cardiaques, la prudence, la vigilance, le bon sens, l'adoption des bonnes attitudes s'imposent de plus en plus et comme dit d'adage «vaut mieux prévenir que guérir»


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