De plus en plus de MRE préfèrent rester au Maroc Des milliers de Marocains, ruinés par la crise économique et financière en Europe et en particulier en Espagne, en Grèce, au Portugal et en Italie sont restés cette année au Maroc après leur retour dans le pays pour les vacances d'été. Quelque 189.725 MRE n'ont pas quitté cette année le Maroc après leur retour pendant les vacances d'été au lieu de 200.000 l'an dernier, apprend-on mardi auprès du ministère chargé de la Communauté marocaine à l'étranger. Selon le ministère, du 5 juin au 15 septembre 2012, 2.058.250 MRE sont entrés au Maroc durant la période allant du 5 juin au 15 septembre, soit 20.000 entrées de moins que l'an dernier. Plus de la moitié (59%) des MRE ont choisi les voies maritime et terrestre avec une préférence de plus en plus marquée pour le port de Tanger-Med, lequel a capté plus de la moitié des flux non aériens. La France occupe toujours la première place avec 811.000 entrées, soit une croissance de 2% par rapport à l'an dernier. L'Espagne est classée en 2e position avec 370.000 entrées. S'agissant des départs, la même source précise que 1.868.524 MRE sont repartis durant cette période dans leur pays d'accueil, ce qui représente un léger fléchissement de 1% comparé au même intervalle temporel, l'année dernière. Il en ressort donc que quelque 189.725 MRE sont restés dans le pays cette année. Chassés par la crise qui ronge l'Europe depuis plus de deux ans, nombreux donc sont les MRE qui ont décidé de retourner vivre et travailler au Maroc, sachant pertinemment que leur retour définitif va entraîner des problèmes presque insurmontables de leur insertion dans la vie active, mais surtout d'intégration, d'éducation et de santé pour leurs familles. Selon des études sur la situation des Marocains légalement établis en Espagne et en Italie et à l'exclusion de la communauté des clandestins, des milliers de Marocains durement affectés avec leurs familles par la crise sont dans un état de détresse, sans ressources aucune, sans emploi et sans prestations sociales. Ils sont de plus en plus nombreux à être exclus de la société et pris pour bouc émissaire de la crise qui secoue toute l'Europe mais surtout l'Espagne et l'Italie, sans oublier la Grèce et le Portugal. Ils sont devenus des proies faciles de la xénophobie et de pratiques discriminatoires, mais également d'islamophobie. L'emploi précaire, les restrictions économiques et budgétaires, la révision des politiques migratoires sont des éléments qui ont accentué la vulnérabilité des migrants, jusqu'à leur faire endosser la crise, leur faire perdre leurs acquis et les faire basculer dans l'irrégularité en les exposant à toutes les humiliations et à toutes sortes de pratiques discriminatoires et xénophobes. L'état des Marocains et familles marocaines sans ressources aucunes en Espagne et en Italie est tout simplement déplorable. D'après une enquête de l'institut espagnol Colectivo Loé, présentée en juin dernier lors d'un séminaire à Rabat, sur les 800.000 Marocains légalement établis en Espagne, 282.600 sont en chômage depuis au moins un an en 2011 (183.200 hommes et 99.400 femmes), soit 50,7 % d'entre eux. Plus grave encore, 133 000 d'entre eux ne touchent plus aucune prestation sociale depuis 2010. Compte tenu de cette situation, les transferts des émigrés marocains en Espagne ont baissé de 33 % entre 2007 et 2010, d'après des données de la Banque d'Espagne. En Italie, indiquent d'autres études présentées à cette occasion, la communauté marocaine est beaucoup plus touchée par la crise du chômage que les autres communautés étrangères présentes dans le pays. Presque 25 % des Marocains sont en chômage en Italie. Le taux d'activité chez les hommes est ainsi passé de 79,3 % en 2008 à 75,2 % en 2009. Pour les femmes, le taux d'activité a aussi baissé, passant de 27,8 % en 2008 à 23,7 % en 2009.