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Portrait:
Khalid ou la fureur d'être artiste
Publié dans Albayane le 22 - 01 - 2013


Khalid ou la fureur d'être artiste
Si l'on vous parle aujourd'hui de Khalid, c'est pour dire aux jeunes désespérés de ne pas céder au désespoir et de continuer la lutte. Un jour, sûrement, les portes finiront par s'ouvrir et la lueur de l'espérance apparaîtra. La vie de Khalid est un petit exemple de courage, de ténacité, de volonté, d'endurance et d'espoir...pour la vie !
Khalid a vu le jour au sein d'une famille simple résidant au quartier populaire d'Agadir «Cité Hassani». Tout petit, il était aussi gâté, aussi choyé, aussi bercé, aussi câliné que Fouroulou «le fils du pauvre» car, comme lui, il était le premier garçon dans cette famille qui n'avait que des filles... Mais le temps galope comme un étalon arabe et Khalid doit grandir. Le voilà, sans s'en rendre compte, adolescent et collégien... A deux pas de chez lui se trouve l'unique maison des jeunes d'Agadir. Il y entre et choisit le théâtre comme activité artistique, adhère à la troupe «Anouar Souss» du théâtre pour enfants. Il joue dans quelques pièces, participe à quelques festivals nationaux et reçoit même le prix du meilleur acteur. Lors d'un festival, le célèbre Aziz El Fadili lui apprend les secrets des marionnettes. De retour à Agadir, il devient le premier Gadiri spécialiste des marionnettes et organise, au sein de l'association Anouar Souss, plusieurs spectacles qui ont fait le bonheur de milliers d'enfants... Khalid l'artiste est né ! Hélas ! La vie devient cruelle avec lui ! Sa mère qui le protégeait et l'entourait d'amour et de tendresse tombe gravement malade, atteinte d'une maladie impitoyable et incurable. Obligée de passer de longues périodes à l'hôpital, elle abandonne son fils à un père «sévère». Le père refuse catégoriquement que son fils perde son temps à la maison des jeunes. Les malentendus et les problèmes deviennent fréquents et même quotidiens. La situation devient insupportable après la mort de sa maman.
La sévérité, le manque de tendresse, le châtiment corporel obligent Khalid à fuir cette geôle familiale.
Devant l'indifférence du père, Khalid se réfugie quelquefois chez des amis... mais d'innombrables nuits, d'interminables nuits... dans la rue ! Il a connu la faim, l'abandon, le froid, la solitude, la peur... mais l'idée d'abandonner ses études ne l'a jamais effleuré. Chaque matin, qu'il pleuve ou qu'il vente, ses camarades viennent au collège après une nuit douillette et paisible dans leurs maisons, avec leurs parents. Lui, le carton était son matelas, les étoiles sa couverture et son cartable son oreiller ! Et il persiste avec une ténacité incroyable, à étudier. Pour lui, l'école était l'unique espoir de sortir indemne de cet interminable tunnel. Pour acheter ses cahiers, ses manuels et ses fournitures scolaires, pour se nourrir et se vêtir, il n'a jamais eu l'idée de mendier ou de voler, il travaillait. Il acceptait n'importe quelle besogne, la plus dure, la plus méprisante afin de survivre et... aller à l'école ! Pendant la période estivale, il travaillait comme cuisinier dans les colonies de vacances... Et le temps passe avec ses assauts, avec ses coups, avec ses séquelles... Passionné d'art, il choisit pour ses études secondaires la branche des arts plastiques. Comme cette branche n'existe pas à Agadir, il est allé à Marrakech et a passé les trois longues années du lycée comme interne. Pour subvenir à ses besoins, il exploite ses dons artistiques. Il a tout essayé, il a touché à tout, il a tout fait : l'art graphique, la peinture, la sculpture, l'affiche, l'enseigne, le poster, le timbre, le portrait et surtout les expressions artistiques relevant du domaine de la publicité... Et malgré les écueils et les déboires, malgré la souffrance et le dépaysement, il a réussi à décrocher son bac ! Et après les deux ans obligatoires au C.P.R, Khalid devient professeur des arts plastiques !
Sa situation matérielle s'améliore, mais croyez-vous qu'il s'abrite pour soigner ses blessures ? Non ! Sa soif de créer, sa fureur de produire ne font que commencer. Inlassable, il ne cesse d'imaginer, d'innover, de travailler, d'enfanter de petites merveilles... Durant ces trois dernières années, il a mis son art et son savoir-faire à la disposition de la délégation du M.E.N. d'Agadir. La liste de ses différentes réalisations dans ce domaine est tellement longue qu'on ne peut tout citer. Dans le domaine du théâtre scolaire, il a tenté la mise en scène en réalisant «Les souliers Rouges», pièce avec laquelle son collège a participé au premier festival du partenariat thématique. Mais Khalid excelle surtout comme décorateur : on ne pourra pas oublier l'immense scène du théâtre de verdure qu'il a magnifiquement décorée pour le spectacle d'ouverture du 4e festival national du théâtre scolaire sans parler des décors de pièces de théâtre, comme «Ali Baba», «Avenue de l'avenir», «Le petit soldat de paille», etc. Quand l'association «Alliance Lakhyame» a voulu organiser sa première rencontre des poètes en herbe, c'est à lui qu'elle a fait appel pour qu'il décore la scène de la salle de la municipalité. Et il récidive en décorant cette même salle pour l'épopée de la fête du Trône. C'était un petit chef-d'œuvre ! Puis il orne la scène du théâtre de verdure pour le festival des arts populaires. Enfin, il relève le défi de décorer et de participer à la mise en scène du spectacle d'ouverture et de clôture des Jeux scolaires au stade «ALINBIAT» en juin 1999. Khalid, quand il dit : «Je ferai ça», il relève le défi et se donne corps et âme. Il y passe des nuits blanches sans trêve et sans répit. Il travaille avec acharnement, avec fougue, trimant comme un forçat, au détriment de sa santé, oubliant sa famille et ses amis, jusqu'à ce que son œuvre soit achevée. Pour lui, «impossible n'est pas Gadiri»... Grâce à lui, des joyaux artistiques ont été réalisés par la délégation du M.E.N d'Agadir qui ne pourra plus se passer de lui, tellement il est devenu «indispensable».
A ce jeune artiste qui ne sait pas dire non, à ce jeune homme qui a tant souffert pour avoir sa place au soleil, à ce créateur aux possibilités illimitées, je voudrais dire : «Tu parles admirablement bien avec le pinceau, les couleurs et les formes. Fais-en ton langage ! Tu es un artiste, Khalid, et un vrai ! Tu n'as rien à envier aux autres et tu n'as plus rien à prouver. Ce n'est que le début, oublie hier et continue ton chemin, ne pensant qu'à demain !»


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