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LA CHRONIQUE LITTERAIRE D'OMRI EZRATI
Une belle moisson de romans
Publié dans Albayane le 05 - 04 - 2013


Une belle moisson de romans
Cette semaine, j'ai choisi de vous faire découvrir quatre romans qui m'ont interpellé par leur diversité et la personnalité de leurs auteurs.
Le premier roman est signé Francis Huster, paru au Cherche Midi Editeur, le monstre sacré du théâtre qui sort ces jours-ci un ouvrage consacré au grand couturier Christian Dior. Dans ce roman à la fois vrai et fantasmé, où l'on croise son copain d'enfance Patrick Dewaere, Jean-Louis Barrault ou Jean Marais, le comédien s'intéresse aux dernières années de Christian Dior, celles qui ont vu le succès d'un homme, d'un style et d'une marque. En se racontant au travers de l'histoire de Dior, Francis Huster évoque sa mère couturière, ses souvenirs de théâtre, ses rencontres, ses rêves et le parfum envoûtant des années 1950. C'est surtout, dans un style très personnel, enthousiaste et inventif, le prétexte à un éloge de la folie créatrice, de l'excellence française dans ce qu'elle a de plus admirable, de plus élégant, mais surtout, avant toute chose, c'est une déclaration d'amour à celles sans qui Christian ne serait jamais devenu Dior et qui, sans Dior, ne seraient pas tout à fait les mêmes : les femmes.
Témoin hostile : un polar de Rebecca Forster, paru chez MA Editions. Hannah Sheraton, seize ans, est arrêtée pour le meurtre de son grand-père par alliance, juge à la Cour suprême de Californie. Bien que mineure, Hannah est emprisonnée et jugée comme une adulte, du fait du statut de la victime. Si elle est reconnue coupable, elle risque alors la peine maximale : la mort. Désespérée, sa mère fait appel à une ancienne camarade de l'université, Josie Bates. Josie, autrefois avocate de la défense virtuose, a renoncé à une carrière d'exception au profit d'un petit cabinet dans la ville balnéaire d'Hermosa Beach en Californie. Elle hésite à accepter mais la personnalité d'Hannah, fragile, tourmentée, dotée d'un véritable talent pour la peinture, et le danger qu'elle court l'entrainent à accepter de la défendre. Elle va rapidement découvrir que la politique, la loi et des relations familiales complexes ont engendré une situation explosive. La découverte de la vérité pourrait sauver Hannah... ou les anéantir toutes les deux. Dans ce suspense romantique, l'auteur explore la question suivante : lorsqu'elle doit faire un choix, une femme est-elle guidée par son instinct de survie ou par sa prédisposition naturelle à protéger et prendre soin de l'autre ? La relation mère-fille, sa force et sa difficulté, est également au cœur de cette intrigue qui saura toucher toutes les femmes.
Une belle surprise avec le dernier roman Impossible de grandir, de Fatou Dione, paru chez Flammarion. Salie est invitée un samedi à un dîner du type «papa, maman et les enfants, plus quelques amis». Mais cette invitation d'une apparente simplicité la plonge dans l'angoisse. Pourquoi est-ce si «impossible» pour elle d'aller chez les autres ? De répondre aux questions banales sur sa vie, sur ses parents ? Salie se lance dans une conversation avec «la Petite», sorte de voix intérieure et de double de la narratrice, enfant. Cette dernière va la forcer à revenir sur son passé, à revisiter son enfance pour comprendre l'origine de cette peur. Salie reconvoque alors ses souvenirs, la vie à Niodior, la difficulté d'être une enfant illégitime, d'endurer le rejet et la violence des adultes, les grands-parents maternels qui l'ont tant aimée... A partir d'une matière très personnelle et intime, Fatou Diome parvient à créer un inoubliable personnage, Salie. Le roman est l'histoire d'une enfant grandie trop vite et qui ne parvient pas à s'ajuster au monde des adultes. Mais c'est aussi l'histoire d'une libération, car l'introspection que mène Salie pour apprivoiser ses vieux démons, tantôt avec rage et colère, tantôt avec douceur et humour, est salvatrice. Un grand livre sur l'enfance bousculée et la nécessité d'asseoir sa place dans le monde des adultes. D'inspiration autobiographique, ce roman est en quelque sorte une suite au Ventre de l'Atlantique.
Un thriller exceptionnel a retenu mon attention cette semaine. Il s'agit d'Hipnofobia, de Salvador Macip, paru récemment chez Black Moon Hachette. Un homme est retenu prisonnier dans un bunker secret de l'armée américaine, sous la garde d'un scientifique et d'un militaire. Quel est son secret ? Il ne dort pas depuis trois semaines. Ce personnage mystérieux a été retrouvé au milieu d'une centaine de corps calcinés, comme consumés de l'intérieur. Apparemment, tous étaient membres d'une sorte de secte dont on ne sait strictement rien. Et si c'était la force mentale de cet individu qui avait déclenché ce massacre ? Et si c'était l'absence de sommeil, aidée par quelques drogues, qui avait décuplé son pouvoir ? Ceux qui enquêtent de trop près trouvent la mort, ou disparaissent. Ce pouvoir, tout neuf, est certainement contrôlé. Mais par qui et dans quel but ? Un roman magistral, mélange très habile de thriller et de science-fiction à la Ray Bradbury ou Philip K. Dick ou encore d'horreur gothique à la Lovecraft ou Edgar Allan Poe. Un thriller ambitieux, au suspens angoissant, toujours grandissant, proposant une réflexion sur la manipulation des individus. Pour moi, Macip est bien un auteur... subversif !
*Journaliste, éditeur et agent littéraire à Paris


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