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«L'immigration sud-nord et nord-sud ne sont pas synonymes»
Beatriz Mesa Garcia,femme de media
Publié dans Albayane le 11 - 08 - 2013


Beatriz Mesa Garcia,femme de media
Beatriz Mesa Garcia et Yala Othmane, respectivement, doctorante en relations internationales et responsable de BMG Maroc donnent leurs points de vue sur l'immigration professionnelle et l'investissement espagnol au Maroc depuis la récession économique. Ils mettent en lumière les tenants et aboutissants des relations hispano-marocaines, leur évolution, leurs défis, le contexte de leur développement actuel et surtout la nouvelle tendance migratoire Nord-Sud. Les propos.
Al Bayane : Récemment vous avez conduit une enquête intitulée «l'eldorado marocain ravive la saison d'immigration des Espagnols vers le Sud». De quoi s'agit-il? Quelles problématiques abordez-vous dans cette étude ?
Beatriz Mesa Gracia : Cette enquête met l'accent sur l'impact de la crise économique de 2008 sur les mouvements migratoires d'Espagnols en direction du Maroc. Ce nouveau phénomène de migration professionnelle s'explique surtout par la proximité géographique qui lie le Maroc et l'Espagne. Cette crise a vu l'accroissement exponentiel du nombre d'Espagnols au Maroc par rapport aux décennies précédentes suite au désir d'« internationalisation » de la part des entreprises espagnoles. Auparavant, seules les grandes entreprises espagnoles avaient des relations privilégiées avec le Maroc et y avaient des filiales. Désormais, les PME-PMI s'installent au Maroc à la recherche d'opportunités économiques. C'est ainsi qu'à ce jour, près de 20000 sociétés espagnoles exportent annuellement vers le Maroc. L'Espagne est passée ainsi de deuxième partenaire au rang de premier partenaire du Maroc. Par ailleurs, des citoyens espagnols à titre individuel s'installent au Maroc à la recherche du travail dans les secteurs de l'offshoring, du bâtiment, de la restauration...
En quoi le trajet migratoire Nord-Sud diffère-t-il du trajet Sud-Nord dans ses tenants et aboutissants ?
Pendant des décennies, les mouvements migratoires étaient essentiellement orientés vers le Nord. Depuis quelques années, la tendance s'inverse. On retrouve davantage Français, Espagnols au Maroc. Bien que ces deux mouvements migratoires dépendent des facteurs socio-économiques, il existe quelques différences entre les déplacements en direction du Nord et ceux en direction du Sud. Les mouvements Sud-Nord sont basés surtout sur la recherche de meilleures conditions de vie. A titre d'exemple, l'immigration d'Espagnols vers l'Amérique latine, l'immigration subsaharienne vers l'Europe. Il faut dire que la crise économique n'a pas freiné ces mouvements. Malgré la crise économique, de nombreuses populations subsahariennes continuent d'immigrer vers la France ou encore l'Espagne. Pourtant, les mouvements en direction du Sud sont purement de nature économique, c'est-à-dire bâtis sur un désir d'amélioration du « business », la quête d'une main d'œuvre moins chère et le désir de tirer profit d'un système économique protectionniste et ce, malgré les barrières culturelles, notamment la religion. C'est pourquoi il serait assez délicat de qualifier ces mouvements récents d' « immigration Nord-Sud », car ils ne s'inscrivent pas intégralement dans la même lignée que l'immigration des populations du Sud vers le Nord.
Des liens historiques ont toujours jalonné l'histoire des relations maroco-espagnoles. En quoi les nouvelles relations hispano-marocaines diffèrent-elle de celles d'antan ?
Les relations historiques entre le Maroc et l'Espagne remontent à la colonisation et bien au-delà. Ces relations ont connu une évolution au fil du temps. En effet, la question du Sahara et celle des iles de Ceuta et Melilla ont toujours été un point noir empêchant l'envol des relations hispano-marocaines. Ces deux principales questions ont entravé le développement des liens commerciaux, économiques entre le Maroc et l'Espagne, contrairement aux relations franco-marocaines. Depuis la législation de Zapatero, le gouvernement socialiste a mis sur pied des relations politiques et économiques de proximité avec le Maroc. Ces relations ont connu leur zénith avec le gouvernement de Mariano Rajoy qui est un gouvernement conservateur au même titre que le gouvernement actuel marocain sous l'égide du PJD qui s'est engagé dans la diversification des relations du Maroc. Ainsi, de nombreuses visites officielles ont eu lieu, des communications officielles ont été réalisées et des centres de coopération bilatérale ont été créés. Avec la crise économique, les questions du Sahara qui entravaient les relations entre le Maroc et l'Espagne ont été négligées au profit de l'aspect économique. Le renforcement des relations entre l'Espagne et le Maroc est également dû à la nécessité des deux pays de s'unir pour affronter certaines problématiques d'ordre internationale, notamment la menace terroriste, l'immigration.
Au cours de la dernière visite du Roi Juan Carlos 1er au Maroc, il s'agissait d'approfondir les relations bilatérales et les excellentes relations entre le Maroc et l'Espagne. Pensez-vous que cette dernière visite contribuera à donner un nouvel élan à l'immigration professionnelle d'Espagnols au Maroc ?
La dernière visite du Roi Juan Carlos 1er est un point d'inflexion énorme dans les relations hispano-marocaines. Elle contribuera davantage à l'essor de l'immigration des Espagnols au Maroc puisque l'un des objectifs de cette visite était de favoriser la mobilité des populations. Cette mobilité ne concernera pas seulement les professionnels économiques, mais tous les secteurs. Elle favorisera également l'échange scientifique entre les deux pays. En effet, cette visite avait pour objectif de semer dans tous les secteurs : académique, politique, commercial... afin de consolider la nouvelle stratégie entre le Maroc et l'Espagne et poursuivre le dialogue politique. Il s'agira aussi de mettre au centre de ces relations un nouveau partenariat socioculturel par des programmes Erasmus qui permettront également aux Marocains de bénéficier de bourses d'études. Ce partenariat se fera par des réseaux, des centres éducatifs hispano-marocains.
Bio-express
Beatriz Mesa Garcia est journaliste espagnole et doctorante en Sciences de l'information et spécialisée en relations internationales. Depuis Mars 2012, elle occupe le statut de correspondante au Nord de l'Afrique pour les médias espagnols au Centre Jacques Berque des Sciences Humaines et Sociales de Rabat. Elle prépare sa thèse sur le thème « Du Mouvement MALI (Mouvement Alternatif pour les Libertés Individuelles) au mouvement du 20 Février : les effets démocratiques du Maroc dans leur dimension politique et sociale».
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Yala Othmane, Responsable de l'équipe BMG Maroc
«Les relations hispano-marocaines peuvent renforcer les PME-PMI Marocaines»
Beatriz Mesa Garcia et Yala Othmane, respectivement, doctorante en relations internationales et responsable de BMG Maroc donnent leurs points de vue sur l'immigration professionnelle et l'investissement espagnol au Maroc depuis la récession économique. Ils mettent en lumière les tenants et aboutissants des relations hispano-marocaines, leur évolution, leurs défis, le contexte de leur développement actuel et surtout la nouvelle tendance migratoire Nord-Sud. Les propos.
Al Bayane : Récemment vous avez conduit une enquête intitulée «l'eldorado marocain ravive la saison d'immigration des Espagnols vers le Sud». De quoi s'agit-il? Quelles problématiques abordez-vous dans cette étude ?
Beatriz Mesa Gracia : Cette enquête met l'accent sur l'impact de la crise économique de 2008 sur les mouvements migratoires d'Espagnols en direction du Maroc. Ce nouveau phénomène de migration professionnelle s'explique surtout par la proximité géographique qui lie le Maroc et l'Espagne. Cette crise a vu l'accroissement exponentiel du nombre d'Espagnols au Maroc par rapport aux décennies précédentes suite au désir d'« internationalisation » de la part des entreprises espagnoles. Auparavant, seules les grandes entreprises espagnoles avaient des relations privilégiées avec le Maroc et y avaient des filiales. Désormais, les PME-PMI s'installent au Maroc à la recherche d'opportunités économiques. C'est ainsi qu'à ce jour, près de 20000 sociétés espagnoles exportent annuellement vers le Maroc. L'Espagne est passée ainsi de deuxième partenaire au rang de premier partenaire du Maroc. Par ailleurs, des citoyens espagnols à titre individuel s'installent au Maroc à la recherche du travail dans les secteurs de l'offshoring, du bâtiment, de la restauration...
En quoi le trajet migratoire Nord-Sud diffère-t-il du trajet Sud-Nord dans ses tenants et aboutissants ?
Pendant des décennies, les mouvements migratoires étaient essentiellement orientés vers le Nord. Depuis quelques années, la tendance s'inverse. On retrouve davantage Français, Espagnols au Maroc. Bien que ces deux mouvements migratoires dépendent des facteurs socio-économiques, il existe quelques différences entre les déplacements en direction du Nord et ceux en direction du Sud. Les mouvements Sud-Nord sont basés surtout sur la recherche de meilleures conditions de vie. A titre d'exemple, l'immigration d'Espagnols vers l'Amérique latine, l'immigration subsaharienne vers l'Europe. Il faut dire que la crise économique n'a pas freiné ces mouvements. Malgré la crise économique, de nombreuses populations subsahariennes continuent d'immigrer vers la France ou encore l'Espagne. Pourtant, les mouvements en direction du Sud sont purement de nature économique, c'est-à-dire bâtis sur un désir d'amélioration du « business », la quête d'une main d'œuvre moins chère et le désir de tirer profit d'un système économique protectionniste et ce, malgré les barrières culturelles, notamment la religion. C'est pourquoi il serait assez délicat de qualifier ces mouvements récents d' « immigration Nord-Sud », car ils ne s'inscrivent pas intégralement dans la même lignée que l'immigration des populations du Sud vers le Nord.
Des liens historiques ont toujours jalonné l'histoire des relations maroco-espagnoles. En quoi les nouvelles relations hispano-marocaines diffèrent-elle de celles d'antan ?
Les relations historiques entre le Maroc et l'Espagne remontent à la colonisation et bien au-delà. Ces relations ont connu une évolution au fil du temps. En effet, la question du Sahara et celle des iles de Ceuta et Melilla ont toujours été un point noir empêchant l'envol des relations hispano-marocaines. Ces deux principales questions ont entravé le développement des liens commerciaux, économiques entre le Maroc et l'Espagne, contrairement aux relations franco-marocaines. Depuis la législation de Zapatero, le gouvernement socialiste a mis sur pied des relations politiques et économiques de proximité avec le Maroc. Ces relations ont connu leur zénith avec le gouvernement de Mariano Rajoy qui est un gouvernement conservateur au même titre que le gouvernement actuel marocain sous l'égide du PJD qui s'est engagé dans la diversification des relations du Maroc. Ainsi, de nombreuses visites officielles ont eu lieu, des communications officielles ont été réalisées et des centres de coopération bilatérale ont été créés. Avec la crise économique, les questions du Sahara qui entravaient les relations entre le Maroc et l'Espagne ont été négligées au profit de l'aspect économique. Le renforcement des relations entre l'Espagne et le Maroc est également dû à la nécessité des deux pays de s'unir pour affronter certaines problématiques d'ordre internationale, notamment la menace terroriste, l'immigration.
Au cours de la dernière visite du Roi Juan Carlos 1er au Maroc, il s'agissait d'approfondir les relations bilatérales et les excellentes relations entre le Maroc et l'Espagne. Pensez-vous que cette dernière visite contribuera à donner un nouvel élan à l'immigration professionnelle d'Espagnols au Maroc ?
La dernière visite du Roi Juan Carlos 1er est un point d'inflexion énorme dans les relations hispano-marocaines. Elle contribuera davantage à l'essor de l'immigration des Espagnols au Maroc puisque l'un des objectifs de cette visite était de favoriser la mobilité des populations. Cette mobilité ne concernera pas seulement les professionnels économiques, mais tous les secteurs. Elle favorisera également l'échange scientifique entre les deux pays. En effet, cette visite avait pour objectif de semer dans tous les secteurs : académique, politique, commercial... afin de consolider la nouvelle stratégie entre le Maroc et l'Espagne et poursuivre le dialogue politique. Il s'agira aussi de mettre au centre de ces relations un nouveau partenariat socioculturel par des programmes Erasmus qui permettront également aux Marocains de bénéficier de bourses d'études. Ce partenariat se fera par des réseaux, des centres éducatifs hispano-marocains.
Al Bayane : Pouvez-vous présenter en quelques mots BMG Maroc et ses objectifs?
Yala Othmane : BMG Maroc est affilié au cabinet d'avocats Bufet Miralbell Guerin (BMG) créé en 1992. Ce cabinet espagnol siège à Barcelone, Tarragona et Tordera. Il y'a plus de 2 ans que le cabinet travaille sur le marché nord-africain en général, mais c'est depuis mon arrivée il y'a un an qu'on s'est focalisé sur le Maroc. Nous effectuons un travail double et de réciprocité, conjointement au profit des clients marocains et espagnols en organisant des conférences pour les PME espagnoles qui veulent s'internationaliser. Grâce aux statistiques que nous leur pourvoyons, nous leur donnons une image incitative du marché marocain pour qu'ils puissent y investir. Avec une équipe d'avocats et d'économistes, nous apportons aux clients marocains des informations et conseils juridiques, économiques et commerciaux quant au marché espagnol. Par ailleurs, notre travail vise à changer modestement la représentation que se fait chaque pays de l'autre culture et à éliminer les idées stéréotypées qui appréhendent le Maroc comme un paradis. A BMG, nous présentons aux Espagnols le Maroc plus comme une opportunité.
Quels sont les secteurs promus par BMG Maroc?
Notre champ d'opération est assez diversifié. Nous œuvrons dans les secteurs du bâtiment, des IT, du tourisme, de la formation éducative, de la restauration, le secteur industriel, les systèmes de sécurité. Cependant, nous priorisons les projets porteurs conjointement pour le Maroc et l'Espagne. De ce fait, nous accordons moins d'importance au secteur de l'import-export. Nous insistons davantage sur le transfert de « know-how ».
Pourquoi cette récente création de BMG Maroc ? Serait-elle justifiée par l'immigration croissante d'Espagnols au Maroc au cours des dernières années ?
La création de BMG Maroc vise à s'inscrire dans le mouvement actuel d'immigration espagnole vers le Maroc. Un fait qui résulte de la crise économique qui a frappé l'Espagne en 2008. La politique de diversification des partenaires initiée par le Maroc y a également joué un rôle déterminant. La dernière visite de travail du Roi Juan Carlos 1er au Maroc a illustré une fois de plus la volonté du Maroc de diversifier ses partenaires, ce qui lui est très bénéfique. L'Espagne, étant devenu le partenaire privilégié du Maroc, il est devenu indispensable de permettre aux investisseurs espagnols désireux de s'installer au Maroc de le faire en toute légalité en leur évitant d'emprunter leurs propres moyens et d'être victimes d'arnaque.
Quelles ont été jusque-là les réalisations de BMG Maroc?
Notre équipe travaille au Maroc depuis déjà deux ans, mais le bilan est positif. Nous avons plus d'une douzaine de clients en cours. Etant donné que l'équipe est restreinte, nous ne pouvons recevoir tous les dossiers et satisfaire toutes les demandes. Etant le premier Marocain à rejoindre le cabinet, je me penche sur des projets à forte valeur ajoutée pour le Maroc c'est-à-dire qu'aujourd'hui on est conscient que l'Espagne a un important savoir faire dont le Maroc doit tirer profit, notamment dans le secteur industriel en général, les IT, le tourisme, les énergies renouvelables...
Quels sont les obstacles qui persistent et entravent l'envol des relations maroco-espagnoles ?
Malgré les efforts réalisés au cours des dernières années concernant le développement des relations hispano-marocaines, quelques obstacles persistent, notamment le manque de connaissance et de couverture juridique. Ce problème doit être traité en urgence en favorisant une collaboration étroite entre le système juridique Marocain et Espagnol afin de protéger ces nouvelles sociétés hispano-marocaines qui connaissent une forte croissance.
Que pensez-vous du futur des relations hispano-marocaines ?
Je suis optimiste par rapport au développement des relations hispano-marocaines. Le Maroc a enfin compris que calquer le modèle français n'est pas la solution idoine pour assurer son essor économique. C'est plutôt en s'inspirant des modèles économiques qui favorisent l'entreprenariat que le Maroc pourra s'en sortir. Historiquement, l'Espagne était plus tournée vers l'Amérique latine pour des raisons culturelles, mais depuis quelques années, l'Espagne profite de sa proximité avec le Maroc qui est une porte vers l'Afrique et le Moyen-Orient. En adoptant les bonnes stratégies, les relations hispano-marocaines permettront au Maroc de renforcer ses PME-PMI qui peuvent désormais joindre leurs forces à leurs homologues espagnols afin de créer un tissu économique compétitif, riche et diversifié.
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L'immigration européenne au Maroc
L'aiguille de la boussole pointe vers le Sud
L'on se croirait sans doute dans un monde à l'envers. L'aiguille aimantée de la boussole pointant communément vers le Nord indique désormais le Sud. Espagnols et Français quittent par milliers le Nord, constamment convoité par les populations du Sud, en direction du Sud pour s'y installer et chercher fortune. L'attrait du Maghreb, le plus proche voisin africain de l'Europe, se bonifie depuis la récession économique de 2008. Si la présence d'Espagnols et de Français sur le sol marocain n'est pas un fait récent étant donné leurs relations historiques, certains phénomènes nouveaux émergent.
Chaque année, le Maroc draine de plus en plus de jeunes diplômés Français en quête de facilités de progrès, d'augmentation de salaire et d'un coût de la vie moins cher. La population européenne au Maroc se rajeunit. Adieu le bon vieux temps où le Maroc était un oasis et un havre de paix uniquement pour les retraités. Une forte poussée démographique de la population européenne au Maroc prend désormais place. Selon la maison des Français à l'étranger, plus de 45269 français seraient enregistrés auprès du consulat de France au Maroc en Décembre 2012. Près de 10 000 espagnols vivraient au Maroc en 2012 pour des raisons professionnelles contre 3000 avant la crise, selon des statistiques publiées par Infomédiaire.
Entrepreneurs Français et Espagnols, PME-PMI en quête de meilleurs horizons propices à la floraison de leur business investissent au Maroc dans les domaines de l'agroalimentaire, pharmacie, banques, assurances, environnement et énergie, tourisme et Télécom... Et pour cause, le Maroc dispose d'un fort potentiel en termes juridique, économique et d'un marché favorable à l'investissement. Des atouts perceptibles dans sa croissance économique estimée entre 2,5 et 5%. D'autres immigrent à titre individuel vers le Maroc à la recherche d'opportunités et des conditions de vie favorables. Le Royaume leur apparait comme un eldorado où l'espoir renait et tout devient possible. Ils se frayent un chemin dans les secteurs du bâtiment, de la restauration, les centres d'appel, la communication.
Selon un descriptif des conditions de vie au Maroc pourvu par la Maison des Français à l'Etranger, pour vivre adéquatement à Casablanca, un couple français sans enfants aurait besoin en moyenne d'une bagatelle somme de 3000 DH par mois et un célibataire, de 2300 dhs, soit respectivement 300 et 230 euros. Une opportunité qui demeure utopique dans certains pays européens. Atouts supplémentaires : le climat agréable du Maroc et la langue parlé : le français. Concernant le marché de l'emploi, les fonctions de cadre supérieur et de direction seraient plus ouverts aux étrangers, ajoute le même document. Les transports/logistique, le tourisme, les BTP, l'environnement, la sous-traitance industrielle, l'ingénierie et les bureaux d'études, l'informatique et les technologies de l'information et de la communication, la distribution et la publicité constitueraient les secteurs offrant le plus d'emplois aux étrangers avec des barèmes de rémunération oscillant entre 10 et 12 mille dhs pour un cadre moyen et 19000 dhs pour un ingénieur. Pour de nombreuses entreprises, le Maroc recèle une main d'œuvre bon marché, un système protectionniste favorable à l'investissement.
En quelques décennies, le Maroc s'est transformé en un carrefour d'immigration professionnelle et académique. Européens et subsahariens confluent vers le Maroc et diversifient ainsi son espace professionnel et académique. Pourtant, l'immigration européenne au Maroc, qu'elle soit légale ou illégale semble passer inaperçue. Tous les efforts du Maroc pour contrôler le phénomène migratoire sont dévolus sur l'immigration subsaharienne.
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Des chiffres
* Le nombre d'Espagnols employés par l'Agence Espagnole de Presse au Maroc est passé de 1 637 en 2010 à 2 660 en 2012.
* Dans les 7 consulats d'Espagne au Maroc, le nombre des Espagnols inscrits est passé de 7 740 personnes en 2010 à 8 115 en 2012, sans compter les 5 000 citoyens qui résident au Maroc sans y être inscrits.
* Le nombre d'Espagnols inscrits au régime de la Sécurité sociale du Maroc a atteint 3 140 fin 2012.
* Avec un taux de croissance d'exportations d'environ 28,7% en 2012 et plus de 18839 entreprises exportatrices vers le Maroc, l'Espagne est devenue en 2012 le premier fournisseur du Maroc, devant la France, avec 31% du total des exportations de l'UE.
* En 2012, 31.7% des exportations marocaines vers l'Union européenne avaient pour destination l'Espagne.
* On compte environ 800 entreprises espagnoles installées au Maroc, avec une présence dans presque tous les secteurs.
* Les principaux secteurs d'exportation de Janvier à Avril 2013 étaient : Carburants et lubrifiants (19,8%); textiles pour l'habillement (10,5%); Pièces et accessoires automobiles (8,4%); Produits sidérurgiques (5,2%); Matériel électrique (4,6%).
* Les principaux secteurs d'importation de Janvier Avril 2013 étaient : Confection (30,1% ? femmes 24,5%, hommes 5,6%?); Matériel électrique (23,6%); Mollusques et crustacés surgelés (7,9%); légumes frais (6,0%); Chimie inorganique (3,0%).
Sources : Rapport Bureau Economique et Commercial. Ambassade d'Espagne à Rabat, Agence Espagnole de Presse


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