Sahara marocain : Le Costa Rica considère "l'autonomie sous souveraineté marocaine" comme "la solution la plus réalisable"    Le Maroc prolonge son partenariat avec l'UE pour la recherche et l'innovation en Méditerranée    Bayer Crop Science accélère sa stratégie en Afrique du Nord depuis Marrakech entre innovation agricole et durabilité    CMT : Ayrad Group Limited acquiert indirectement 37,04% du capital, OPA obligatoire déclenchée    Allianz Trade nomme Francis Jespers CEO au Maroc pour piloter une nouvelle phase de développement    Souss-Massa : Le commerce régional veut peser dans la Vision 2030    Voici les hauteurs de pluies enregistrées ces dernières 24H    Chutes de neige et averses orageuses accompagnées de grêle, vendredi et samedi, dans plusieurs provinces    Education : Le Maroc a créé 90 000 postes budgétaires entre 2021 et 2025    Femmes et sport, le pouvoir reste-t-il un terrain masculin ?    Le Maroc mise sur 4 MM$ pour son expansion hôtelière en vue du Mondial 2030    Dakhla : Cinq pêcheurs disparus après une collision avec un navire    Revue de presse ce vendredi 27 mars 2026    La Bourse de Casablanca débute en bonne mine    La Chine envoie un nouveau satellite test dans l'espace    FAO : la guerre au Moyen-Orient, un choc pour la production alimentaire mondiale    Match amical Maroc - Equateur : Près de 1 000 agents mobilisés dans le sate de Madrid    Équateur: Un adversaire solide face au Maroc avec une identité du jeu confirmée    Six binationaux en 13 jours : Marca met en avant le coup d'accélérateur du recrutement marocain    Congrès US : Une fidèle de Trump veut classer le Polisario entité terroriste    Etats-Unis : Appel à la fermeture des camps de Tindouf    Trump ally backs US push to label Polisario a terrorist group    US push to shut down Tindouf Camps    Morocco bets $4 billion on hotel expansion ahead of 2030 World Cup    Rabat : cycle de conférences pour repenser les féminismes depuis une approche décoloniale    Détroit d'Ormuz : Donald Trump affirme que l'Iran a autorisé le passage de dix pétroliers    The Kingdom of Morocco and the Czech Republic affirmed on Thursday in Rabat their strong shared commitment to elevating their bilateral ties to a strategic level, building on a momentum deemed « unprecedented » by both parties.    Bourita: Pour le Maroc, la Cisjordanie et sa stabilité sont des prérequis pour la réussite de tout processus concernant Gaza    Kylian Mbappé choisit le médecin de l'équipe nationale du Maroc pour soigner sa blessure au genou    Sénégal dépose une plainte pour corruption après la décision de la CAF    Maroc – Équateur : tout savoir sur la première de Mohamed Ouahbi    Titres de séjour : En France, élus et ONG alertent sur les failles de la dématérialisation    La MINURSO sous examen après une visite de responsables onusiens à Laâyoune    Yaoundé : Le Maroc participe à la 14e conférence ministérielle de l'OMC    Sahara : La République Tchèque soutient le plan d'autonomie marocain    Législatives 2026: Le plafond des dépenses électorales passe à 600.000 DH    Israël : Ziv Agmon démissionne après des propos racistes sur des députés d'origine marocaine    Mondial 2026: la phase de vente de dernière minute débute le 1er avril    Akhannouch met les enseignants au cœur de la réforme éducative au Maroc    Averses orageuses avec chutes de grêle jeudi et vendredi dans plusieurs provinces    Bijoux africains : 5 créatrices qui révolutionnent le luxe    TAS : le Sénégal prend un risque majeur en contestant la CAF    «L'héritage inconnu» : Mohamed Ouachen rend hommage à Fatema Mernissi au théâtre    La belgo-algérienne Nawell Madani rattrapée par la polémique    Design africain : les événements qui vont marquer 2026    Essaouira accueille « La Dolce Vita à Mogador 2026 », vitrine du cinéma italien au Maroc    Subvention de la musique et des arts chorégraphiques: Ouverture des candidatures pour la 1ère session de 2026    «Les Marocains de Norvège», un livre de Jamal Eddine Belarbi sur les récits migratoires    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Entretien d'Abdelahad Fassi-Fihri à la revue Challenge : Principaux axes du programme du PPS
Publié dans Albayane le 27 - 03 - 2012

La Revue Challenge a réalisé un entretien avec Abdelahad Fassi-Fehri, membre du B.P du PPS qui traite de certains volets du programme du Parti du progrès et du socialisme. Vu son intérêt, nous le publions pour l'information de nos lecteurs.
1) A propos de la gouvernance
Il faudra bien entendu que tous les acteurs respectent la nouvelle constitution, non seulement dans sa lettre mais aussi dans son esprit; le principe d'un gouvernement politique pleinement responsable des politiques publiques constitue un acquis démocratique essentiel et suppose le respect plein et entier de ses prérogatives; sinon le rendu-compte et la redevabilité n'ont aucun sens. La gouvernance a un contenu politique et démocratique fondamental ; au PPS, nous préférons parler de “gouvernance démocratique” plutôt que de bonne gouvernance... En particulier, le chef du gouvernement ,et le gouvernement dans son ensemble, auront une responsabilité que je considère essentielle : celle de définir une vision et une stratégie globale de développement permettant de mettre en cohérence les différentes approches sectorielles..... Ceci passe par la réhabilitation d'une fonction importante de l'Etat, celle de la planification démocratique , fondée sur les principes de la concertation et de la décentralisation; l'objectif en sera, autour d'un secteur public fort, réformé et rénové, d'entrainer l'ensemble des acteurs- les régions, le secteur privé, le secteur associatif.. vers les objectifs de la stratégie du développement, objectifs qui doivent, selon nous, être centrés sur le progrès social et le développement humain durable. Concernant la réforme de l'Administration, dans laquelle nous n'avons pas beaucoup progressé lors des dernières mandatures à cause de l'approche technocratique qui a prévalu et des défaillances dans le pilotage de la réforme, il faudra lui donner un nouvel élan en se fondant sur la mobilisation des fonctionnaires concernés: les chantiers de le déconcentration, de la valorisation des ressources humaines, de l'efficacité de l'administration. sont des chantiers prioritaires qui nécessitent une volonté politique très forte permettant de dépasser toutes les résistances.
Je vous rappelle que Sa Majesté avait demandé au gouvernement, lors du discours du Trône de 2010, d'élaborer une charte de la déconcentration comme accompagnement du processus de régionalisation; je n'ai pas le sentiment que nous avons avancé sur ce plan ; il faudra absolument, , une volonté politique très forte pour faire bouger les lignes. Un autre chantier essentiel est celui de la simplification des procédures, d'amélioration des prestations et de rétablissement de la confiance entre les citoyens et leur administration: c'est un chantier ou la nouvelle constitution Al Wassit, en partenariat avec la société civile, peut jouer un rôle essentiel si on lui donne les moyens nécessaires et qu'elle dispose de représentations au niveau territorial.
Enfin, il faudra adopter une stratégie audacieuse de lutte contre la corruption et la rente; les nouvelles autorités indépendantes, notamment le Conseil de la concurrence et l'Instance de probité, de prévention et de lutte contre la corruption devront être dotées par le gouvernement des moyens humains et matériels et leur indépendance scrupuleusement respectée.. Il faudra également donner des signes tangibles d'élimination de certains cas flagrants de monopoles ou de privilèges illicites; à terme, il faudra supprimer tout privilège et tout revenu non lié à l'effort ou à l'investissement.
Il faudra également systématiser les audits et les inspections et élargir les prérogatives de la Cour des comptes et des cours régionales à des missions d'évaluation des projets publics, mettre fin à l'impunité des corrompus dans le respect des dispositions légales, administratives et disciplinaires. Enfin, il faudra mener un audit systématique des grands contrats de concession et de gestion déléguée en particulier dans les grandes villes.
2- A propos de la fiscalité
Une grande réforme fiscale devient aujourd'hui indispensable et le futur gouvernement devra s'y engager avec beaucoup de courage et de vigueur. Elle devra selon nous viser 2 objectifs complémentaires: favoriser l'investissement et pénaliser lourdement la spéculation et la rente d'une part , d'autre part protéger et soutenir le pouvoir d'achat des larges couches populaires à travers notamment la réduction ou la suppression de la TVA sur une série de produits de base comme les médicaments, les produits alimentaires de base, ainsi que le relèvement du taux d'exonération à l'impôt sur le revenu... Plus la fiscalité sera équitable, plus elle sera productive: c'est une vérité avérée que connaissent bien les économistes.... Le manque à gagner devra être compensé par l'instauration d'un impôt sur les revenus très élevés et sur la fortune, l'élargissement de l'assiette fiscale, la lutte contre la fraude et ‘évasion fiscale; il faudra mettre un terme à cette aberration qui fait que la grande agriculture exportatrice est exonérée. Il faudra soumettre à une évaluation sérieuse et très stricte les dépenses fiscales : beaucoup de sociétés ont profité d'exonérations sans contrepartie significative en matière de création d'emplois ou ont bénéficié de l'effet d'aubaine. L'adhésion de tous à cette réforme au moment ou le pays est confronté à la fois à la crise et à l'ampleur de la demande sociale constituera la marque d'une citoyenneté élevée et de l'adhésion à la construction du Maroc nouveau.
3- A propos du recrutement dans la fonction publique
C'est la croissance et l'investissement qui permettent de créer des emplois; il faudra donc créer les conditions d'une croissance forte et durable en luttant contre la rente , en rétablissant la confiance et l'Etat de droit dans l'environnement des affaires, en simplifiant les procédures, en encourageant les pme et l'auto emploi, en réformant et territorialisant l'intermédiation dans le marché du travail.... Ce point constituera un axe essentiel de notre programme.
Le recrutement dans la fonction publique ne peut être considéré comme une fin en soi: le secteur public devra surement encore recruter dans certains secteurs ou le niveau d'encadrement de la population reste faible par rapport à des pays comparables, notamment le secteur de la santé, de l'enseignement, de l'action sociale... mais le principe est que le recrutement réponde à des besoins dument identifiés. il faudra assurer l'adéquation entre les besoins des administrations et leurs ressources humaines et agir sur tous les leviers possible: redéploiement, recyclage, formation continue... Pour cela , des approches territorialisées sont nécessaires; un recrutement à l'aveugle dans la fonction publique, indépendamment des besoins, alourdira le cout de fonctionnement de notre administration tout en aggravant les inadéquations quantitatives et qualitatives, alors même que notre administration est confrontée aux défis de la déconcentration et des nouvelles compétences requises par l'amélioration de ses prestations et par ses nouvelles missions, très exigeantes en matière de qualifications.
4-A propos des équilibres macroéconomiques et du déficit budgétaire
Au PPS, nous ne sommes pas d'accord avec une vision étroitement comptable de la gestion publique qui se préoccuperait exclusivement des équilibres macroéconomiques; ainsi, le déficit budgétaire et un niveau raisonnable d'endettement peuvent être bénéfiques s'ils servent à promouvoir l'investissement public, à équiper le pays et à investir dans les secteurs qui préparent l'avenir, notamment l'éducation. De même, un déséquilibre dans la balance commerciale peut être le signe d'une dynamique économique. Mais, dans le même temps, nous ne pouvons nous permettre aucun laxisme en la matière....
L'expérience que nous avons vécue lors des plans d'ajustement structurel des années 80 ou que nous voyons actuellement en Grèce montre que les approches laxistes en matière notamment de finances publiques aboutissent à des plans d'austérité et de rigueur dont les travailleurs et les couches les plus faibles de la population paient en dernier ressort les conséquences, en plus de la mise en péril de notre souveraineté nationale.
Le futur gouvernement sera confronté à une situation délicate : déficit budgétaire, déficit commercial et des paiements.. et persistance de la crise chez nos principaux partenaires. Il faudra être très responsable sans pour autant sacrifier la réponse aux demandes sociales légitimes. En même temps, il faudra engager les réformes structurelles portant sur notre modèle de croissance, une industrialisation vertueuse par la création d'emplois à forte valeur ajoutée, la réorientation des stratégies sectorielles dans le sens d'un rééquilibrage entre le marché extérieur et le marché intérieur, la promotion de la demande interne par une approche appropriée de la question des classes moyennes
Concernant la caisse de compensation, il faudra d'abord cadrer , selon une approche pluriannuelle , l'effort que doit supporter l'Etat en pourcentage du PIB ou des dépenses publiques; mais il est clair aujourd'hui, avec toutes les études et réflexions accumulées, que la piste la plus pertinente réside dans le renforcement des programmes d'aide ciblée aux plus démunis à travers des programmes tels Tayssir ou le Ramed (en corrigeant tous les défauts de mal gouvernance qui en ont limité la portée ou entravé la généralisation ) tout en mettant en place les dispositifs fiscaux pour que les plus aisés restituent les aides dont ils ont profité indument. L'assainissement des circuits de distribution et la lutte contre les intermédiaires parasites constituent également un axe de travail.
5- A propos des politiques sociales
Il faut combattre la vision libérale qui réduit les politiques sociales de lutte contre l'exclusion, la précarité et l'exclusion comme des interventions à posteriori pour atténuer les conséquences “inévitables” de la croissance; nous consacrons beaucoup d'efforts au social pour assécher les conséquences alors que les robinets de l'exclusion et de la précarité restent ouverts ou, en tout cas ,mal fermés. La question sociale doit être au cœur de toutes les politiques publiques et le développement humain la finalité de tout développement. Il faut rejeter les modèles de croissance excluant ou fondés sur l'aggravation des inégalités sociales ou spatiales.
Par ailleurs, il faut lancer et redynamiser les grands programmes sociaux dans le domaine de la santé avec pour objectifs la couverture sanitaire, la généralisation du ramed, l'extension de l'amo; dans le domaine de l'habitat social avec la levée des contraintes liées au foncier et en veillant à mettre en place un système adapté aux différentes cibles d'aide à l'acquisition, dans la domaine de l'éducation notamment par la réhabilitation de l'école publique...


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.