Un danois faisant l'objet d'un avis de recherche international arrêté à Marrakech    Innovation: Le Maroc force d'inspiration pour les pays africains    Interdit en Turquie, Wikipedia porte plainte pour lever le blocage    CAN 2019 : Deux matchs amicaux en juin pour les Lions de l'Atlas    Ksar El Kebir : Un jeune homme tue son voisin et prend la fuite    Gestion des plaintes. L'Etat tente d'être plus réactif    2ème Festival Meknès du théâtre : Une édition dédiée au Prix Hassan El Mniai    Protection du patrimoine culturel : La tutelle se penche sur un nouveau projet de loi    La Semaine du film arabe des droits de l'Homme à Rabat    ONSSA : Retrait de 143 tonnes de produits impropres à la consommation    Brexit : Theresa May repousse le vote sur son projet de loi    Huawei en passe de mettre au point son propre système d'exploitation    Raja de Casablanca : Fabrice Ngoma s'engage pour une durée de 3 ans    Youssef Chippo, un Lion d'une longue carrière    2002: Les Lions de l'Atlas toujours éliminés au premier tour    Argentine: L'ancienne présidente devant les juges…    L'Arabie Saoudite prévoit l'exécution de trois importants prédicateurs    Personnes en situation de handicap. Un nouvel avis du Conseil supérieur de l'éducation    La CGEM veut assurer les arrières du secteur privé    Lipper Fund Awards : Valoris Management distinguée pour la 8ème fois    Les six mois qui vont changer la face de l'UE    La journée internationale de la biodiversité célébrée mercredi à Rabat : Pour l'appropriation de la biodiversité par les citoyens    Le secret du Progrès!    Qatar 2022. La Fifa renonce au schéma à 48    Constats chocs du PDG de la RAM    Première année du baccalauréat : Les dates chamboulées    Le SG du PPS rencontre des représentants de syndicats des artistes    Crise de transparence    Hervé Renard dévoile bientôt la présélection des Lions    Le Maroc prend note, « avec regret », de la démission de Horst Köhler    Bilan gouvernemental, les parlementaires partagés    « Darkweb »: Un réseau international de pédophiles tombe    Quelle Europe à nos portes ?    Célébration de la Journée mondiale de l'Afrique à Rabat    Habib El Malki se réunit avec les présidents des groupes et groupement parlementaires    Atlantique Assurances se lance dans le coton    L'activité touristique de Marrakech en accroissement depuis 2015    Les touristes marocains boostent la destination Agadir    Les cas de démence vont tripler d'ici à 2050 selon l'OMS    La liste officielle de Renard attendue pour bientôt    Florent Ibengue : La CAN se doit d'être grandiose car toute l'Afrique est aux aguets    Le Maroc et la Côte d'Ivoire font le point sur leur coopération    Saâd Dine El Otmani : Le gouvernement déterminé à moderniser l'administration    Moussaoui Ajaloui anime une rencontre de l'USFP à Salé    Ces tournages qui ont tourné au drame : Top Gun    Ammi Driss : Je ne me considère pas comme marginalisé car la décision d'arrêter en 1989 fut mienne 1/2    Ahmed Boulane présente son premier livre à Tanger    Washington-Téhéran: La tension est à son comble…    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.





«C'est important aujourd'hui de faire des films sur les êtres humains!»
Publié dans Albayane le 07 - 12 - 2018

Cristain Mungiu est réalisateur et scénariste roumain. Son long métrage «4mois, 3 semaines, 2 jours» a remporté la Palme d'or du festival de Cannes 2007. Il s'est vu également décerner le prix du scénario lors du même festival, mais cette fois-ci en 2012, pour son film «Au-delà des collines». Le cinéaste qui a toujours rêvé de faire du cinéma a fait un passage dans le journalisme dans lequel il puise, parfois, ses scénarios. En effet, son cinquième long métrage «Baccalauréat» a enrichi son palmarès avec le Prix de la mise en scène cannois en 2016. Cristain Mungiu est venu échanger son expérience cinématographique avec les cinéphiles et les professionnels au FIFM. Entretien.
Al Bayane : Vous avez commencé votre carrière dans le journalisme, plus précisément dans la presse écrite, avant de se lancer dans le domaine du cinéma. Parler nous un peu de ce passage du journalisme au monde du 7ème art ?
Cristain Mungiu : Ce n'était pas un passage qui a été fait tout de suite. Je commençais à écrire dans un petit journal d'étudiants pendant la période où le communisme triomphait. En fait c'était ma sœur qui m'a amené là bas avant de devenir étudiant à Iasi, ma ville natale.
Pourquoi l'écriture alors ? L'idée de faire du cinéma vous hantez depuis ?
Oui. Je commençais par écrire pas par cette idée de devenir cinéaste. Ce n'était pas si facile de devenir cinéaste pendant la période communiste. J'étais un garçon issu d'une famille qui n'était pas célèbre dans ma ville.
En revanche, l'école de cinéma était une école qui a été ouverte pour les filles et les fils soit des comédiens, des réalisateurs ou des gens qui étaient forts dans la politique. C'est pour cela que j'ai fait mes études chez moi en littérature, mais j'ai toujours espérer de devenir écrivain et non pas cinéaste.
Et puis je commençais à écrire, et c'est pour ça que ma sœur m'a amené à ce journal d'étudiants pour parler aux autres, pour découvrir des histoires, pour écrire toujours afin de former un style.
Qu'est ce qui s'est passé par la suite?
Ce qui s'est passé, c'est que je rencontrais des gens très intéressants avec lesquels on avait des échanges extraordinaires. Aujourd'hui, c'est difficile de rencontrer des personnes intéressantes …il faut le dire, on était très bien dans cette période où on n'avait pas d'internet, ni des réseaux sociaux, mais on en avait du temps pour parler et échanger. Surtout le temps de lire, de parler avec les autres et le temps d'écouter… C'est une «opportunité » qui m'a appris beaucoup de choses. Ce journal d'étudiant est un projet qui n'a pas duré longtemps, mais c'était une période turbulente avec beaucoup de choses à découvrir, à dire, qu'on connaissait pendant la période communiste et qu'on ne pouvait pas raconter… et maintenant, c'est le moment pour dévoiler au monde!
Plus tard, ce que j'ai compris, c'est que cette liberté m'a donné la chance de faire le cinéma et de devenir cinéaste. J'ai voulu faire ça parce que c'était mon rêve à l'âge de 17 ans et 18 ans. Je me suis dit que c'est intéressant de dire des histoires avec des paroles toujours, mais pourquoi ne pas essayer de le faire avec des films. Pour ce faire, j'ai quitté ma ville natale et je me suis installé à Bucarest pour une période de travail dans la presse. En exerçant ce métier, j'ai gardé un style d'écriture que j'utilise aujourd'hui même dans l'écriture de mes scénarios. Un style visant construire les histoires et donner l'information. D'ici là, j'ai découvert une équivalence visuelle de ce style qui était seulement avec des mots, et, puis, je continuais ma carrière comme cinéaste, mais je reste quelqu'un qui commence par lire les journaux chaque matin. Alors je trouve toujours des choses que je garde pour moi. Parfois les films que j'écris parlent très souvent des choses que j'ai lues dans un journal.
Revenant au communisme : y a-t-il une chose qui vous inspire dans cette période ou encore cette idéologie et système de réflexion qui a traversé tout le monde?
J'ai fait plusieurs films sur cette période, mais non pas directement sur le communisme parce que c'est difficile de faire un film sur une idéologie pareille. Pour moi, c'est important de faire des films sur les êtres humains, voire par exemple comment cette idéologie a influencé leurs vies. Le film «4mois, 3 semaines, 2 jours» est un film que j'ai fait, c'est le plus connu d'ailleurs, a réussi à faire quelque chose en racontant une histoire du 24 heures de ces filles. Ce film parlait de l'atmosphère du communisme, de cette idée de rentrer dans les pensées des gens. Cette époque était une agression de la société contre les gens. J'ai continué de faire deux ou trois film sur la période et de montrer les choses d'une manière cinématographique et artistique différente. L'humour était notre âme pour survivre dans cette période.
Par le bais du cinéma, vous abordez plusieurs thèmes et sujets y compris la corruption, la violence parce qu'exemple dans votre film «Baccalauréat», Romeo incarne le personnage du médecin pour assurer une vie honnête à sa fille Eliza dans une société malhonnête. Pourquoi ce genre de sujets ? Que voulez-vous dire par le traitement cinématographique de ces sujets?
Je trouve que le sujet le plus important pour moi aujourd'hui ; c'est l'éducation c'est-à-dire les conseils qu'on donne pour nos enfants et pour les générations avenir. Dans le film «baccalauréat» je parle d'une histoire qui se passe en Romanie, mais qui peut se passait dans n'importe quel pays du monde. Je parle de la nature humaine, de cette idée qui n'est pas seulement relative à la corruption. Je voulais faire un film sur une société, la société de la Romanie, mais aussi des autres sociétés où nous voyons que les choses n'avancent pas. Or, il faut voir aussi comment les choses peuvent changer surtout dans les valeurs que nous véhiculons aux gens et aux enfants de la génération suivante. On doit commencer ce changement à travers nous-mêmes.
Sur le plan cinématographique vous utilisez des séquences là où il y a plus de détails et d'étrangeté. Un cinéma, si n'osons dire, un peu détaillé qui reflète la vie quotidienne des gens. Est-il un choix esthétique ou une quête de votre propre touche cinématographique?
Ce qui est le plus compliqué dans le cinéma, c'est de raconter ce qui se passe dans la tête de quelqu'un. Alors mois, j'ai toujours besoin de raconter pas seulement les grandes histoires extérieures, mais aussi ce qu'ils ressentent les personnages. C'est pour cela dans le cinéma, on doit utiliser toujours des scènes extérieures. Mais j'espère que ces scènes extérieures donnent au spectateur le sentiment que le personnage principal a dans un certain moment dans le film.
Comment vous faites pour monter ça au spectateur ? En d'autres termes, avez-vous une technique qui vous distingue des auteurs réalisateurs?
Pour ce faire, j'ai créé une esthétique particulière et péronnelle en réfléchissant beaucoup sur la question du «quoi le cinéma pour moi » ? Une question qui me travaille ! C'est une réflexion sur la vie, sur la réalité. En Outre, j'essaie de comprendre comment la réalité avance et quels sont les principes fictionnels de la réalité afin de la transposer dans le film. C'est la raison pour laquelle j'ai fait ces très longs plans parce que la réalité est une projection du temps infini. Alors j'essaie d'avoir chaque moment comme une capture d'un moment qui pouvait exister dans la réalité.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.