Comment s'est porté le secteur bancaire en 2018?    Bruxelles attend Boris Johnson de pied ferme    Crise des tankers : l'Iran prévient Londres qu'il « protégera » le Golfe    Le groupe ODM se renforce    Invité en Israël, un blogueur saoudien lynché par des Palestiniens    Vidéo. Lekjaâ menace les clubs marocains!    Lancement officiel du cadre national de la certification    Mercato : Mohcine Yajour au club saoudien Damak    Agadir/tourisme. Aïd Al Adha pénalise la destination    La Banque Populaire accompagne le secteur de la chimie et de la parachimie    Festival du cinéma de Taza : Abdelwahab Doukkali enchante le public    Le festival «Florilège culturel» couronné par la célébration de la Fête du Trône    Najat Aatabou star du 3ème festival Ajdir Izouran    Régions : la FCS déploie des formations certifiantes au profit des entreprises    Taounate: Benabdallah appelle une répartition spatiale équitable de la richesse    Le bachelor allégera-t-il la capacité d'accueil des facultés de droit ?    Réunion jeudi du Conseil de gouvernement : Les perspectives d'élaboration de la loi de Finances 2020 au menu    73e anniversaire de la présentation par le PCM du Manifeste de l'Indépendance    Le président sénégalais a offert des passeports diplomatiques aux joueurs    Tanger : 20 personnes blessées lors d'un incident de manège    IAM: un bon premier semestre porté par le marché marocain    Le Bureau politique du PPS félicite Fatima Chaabi et Mahtat Rekkas    Championnat du Malawi : Une «poule» pour le meilleur joueur!    Education : La Chambre des représentants adopte le projet de loi-cadre    Développement régional : Un coût total de 411 MMDH, selon El Othmani    Averses orageuses et canicule dans plusieurs provinces du Royaume    Des propositions pratiques pour les droits de tous les enfants : L'ONDE coordonne ses efforts avec un réseau national    Presse. Des assises nationales en vue    Mohamed El Kettani fait Commandeur de l'Ordre national de Côte d'Ivoire    Moscou: 20.000 manifestants réclament des élections «libres»    Dora Maar: Une beauté qui en avait dans l'œil    Production cinématographique et audiovisuelle. Un "vrai" cadre juridique en gestation    Lekjaa confirme la démission de Renard et promet du changement    Edito : La voie de la dignité    Abdeslam Ahizoune réélu président de la FRMA    Pinot maître des Pyrénées au Tour de France    Fraser-Pryce et Obiri ont fait le show au meeting de Londres    La loi relative à la lutte contre la traite des êtres humains disséquée à Agadir    Bale sur le départ    Oxfam monte au créneau    L'insoutenable quotidien des saisonnières marocaines en Espagne    L'opposition algérienne pose des conditions au dialogue proposé par le pouvoir    Université d'été pour les jeunes chercheurs à Essaouira    Bouillon de culture    Les arts de la rue s'invitent à Laâyoune    "Avengers: Endgame", le film aux plus grosses recettes de l'histoire    L'Europe se prépare à une nouvelle canicule, Paris en alerte    Décès directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique Yukiya Amano    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.





«L'autisme est un prétexte pour parler de nos différences»
Publié dans Albayane le 12 - 12 - 2018

Après le Festival international du film de Los Angeles, Nejib Belkadhi participe à la compétition officielle du Festival international du film de Marrakech (FIFM) avec son film «Regarde-moi». Le film, dont la sortie nationale a eu lieu le 15 novembre, traite la maladie de l'autisme, il retrace les rapports compliqués et intenses entre Lotfi, un immigré tunisien vivant en France, qui retourne en Tunisie pour s'occuper de son enfant autiste. Lotfi incarné par l'acteur tunisien Nidhal Saidi a remporté le prix de la meilleure interprétation masculine au FIFM. Nous avons rencontré le réalisateur dans les coulisses du FIFM, voici les propos.
Al Bayane : Parlez-nous de votre participation à la compétition officielle du FIFM à travers votre film «Regardez-moi»?
Nejib Belkadhi : C'est toujours une joie de revenir au Maroc, cela me fait très plaisir d'être présent ici dans le cadre de ce grand festival, surtout que « Regardez-moi » est le premier film Tunisien à participer à la compétition officielle au FIFM.
Ce que je trouve très intéressant cette année, c'est que le festival revient avec un nouveau souffle, accompagné d'une nouvelle équipe qui a fait une très jolie sélection au niveau de la compétition. Je vois aussi que le festival cette année est plus ouvert sur le Maghreb et surtout sur l'Afrique.
Comment avez-vous trouvé le feed-back du public marocain après la projection de votre film ?
Juste magnifique, franchement j'étais très surpris par cet accueil. Nous avons eu le plaisir de rencontrer deux public totalement diffèrent vu qu'il y'a eu deux projection au film. Entre le palais des congrès, majoritairement avec des festivaliers et des professionnels, chose qui était extraordinaire. Et la deuxième projection pour le grand public marocain quoi était fascinante aussi. Je suis très content de l'accueil du public marocain à mon film.
Nous avons fait le tour de plusieurs festivals avec ce film, entre, le Canada, les Etats Unis, la Tunis, notamment à Carthage, à Toronto, à Los Anglos et aujourd'hui à Marrakech, et c'est toujours un plaisir de rencontrer des nouveaux publics et voir que les propos de mon film les touchent tous.
Parlez-nous du personnage «Youssef» qui a eu beaucoup de succès lors des deux projections. Comment l'avez-vous repéré?
Youssef, est le rôle de l'enfant atteint d'autisme dans mon film. Je dois dire, que c'était le rôle qui me faisait le plus peur. Premièrement parce que je me disais, que si je ne trouve pas l'enfant qui pourra jouer ce rôle, et me donner un personnage crédible à l'écran, le film risque de tomber à l'eau. Deuxièmement, je craignais deux publics spécifiques est sont bien les parents d'autistes, et les spécialistes (les gens qui travaillent avec les autistes). C'est deux publics là, étaient les plus critique vu que c'est les gens qui connaissent les syndromes de cette maladie et se sont eux qui connaissent très bien ses enfants là. Il fallait absolument que je sois hyper rigoureux quant au casting de ce rôle-là.
Après un an et demi dans un centre à Tunis, à filmer les enfants, à les observer, je voyais à quel point l'autisme est très riche en émotion. Plus je m'instruisais dans ce monde, plus je me demandais quel acteur de 8 ou 9ans allait pouvoir me donner cette vérité et ce réalisme. Ça tenait du miracle à vrai dire.
A un certain stade, j'ai pensé à choisir un enfant autiste et de traiter mon film d'une approche documentaire. Mais par souci de réalisme et de crédibilité, j'ai vu que cela mettrait probablement le film en danger, parce que tout dépendra des humeurs de l'enfant, de son état mental. Aussi nous ne savions pas si nous avions le droit à la base de faire travailler un enfant autiste dans un film. Jusqu'au jour ou nous avons décidé de faire un casting pour des enfants neurotypiques. Ensuite, j'ai repéré Driss qui se présentait pour le casting avec sa maman. En le voyons se diriger vers nous, j'ai senti qu'il avait quelque chose de particulier, une certaine aura, quelque chose de très particulier, une intelligence émotionnelle très forte, et donc c'était lui. Nous avons beaucoup travaillé sur les détails pour perfectionner le rôle, les cris, l'intensité des cris, sur les regards, sur les longs regards aussi, et surtout sur la gestualité de la main.
Quel serez votre message pour les gens qui n'ont pas encore regardé le film?
Je tiens à souligner que le propos du film n'est pas que sur l'autisme. L'autisme était un prétexte pour parler de la différence, car mon film parle de l'acceptation de la différence. Aujourd'hui, nous vivons dans une société qui n'accepte pas la différence quel que soit sa forme. Nous avons du mal avec les gens qui ne sont pas comme nous, qui ne pensent pas comme nous, qui ne s'habillent pas comme nous, qui ont une autre vision de la vie.
L'enfant autiste est un enfant très intelligent, mais qui a sa propre vision du monde. Il a sa propre bulle, il a ses propre codes pour déchiffré la vie, des codes très différents des nôtres et c'est cela que je voulais dire à travers ce film.
C'est aussi un film sur la paternité, je tenais absolument à parler de cela parce que je trouve que le cinéma arabe à tuer le père. Dans des situations pareilles, on nous montre très souvent le père s'enfuir et c'est la mère qui y fait face.
Que pensez-vous de la censure dans le cinéma?
La censure n'a pas lieu d'être, je l'ai subi en Tunisie. J'ai été black listé durant 10ans par la télévision tunisienne parce que j'avais fait une émission qui avait un propos social assez satyrique, et qui dit social dit politique forcement et du coup cela n'a pas plus au dirigeant du pays dans le temps.
Je trouve que personne n'a le droit de censuré l'art. Il faut comprendre, que le cinéma n'est pas fait pour caresser dans le sens du poil, le cinéma est fait pour caresser contre le sens du poil. L'art est fait pour blesser, il est surtout là pour gratter où il ne faut pas. Sans oublier que la censure est la plus grande publicité que puisse avoir un film.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.