La Roumaine Anda Filip nouvelle secrétaire générale de l'UIP    Man United : Noussair Mazraoui brille face à Chelsea et séduit en Angleterre    Ligue des Champions : L'AS FAR en finale, Alexandre Santos très ému    Ligue 1 : Sofiane Boufal débloque enfin son compteur    Arabie Saoudite : Hervé Renard évincé, un marocain pour le remplacer ?    La Turquie accuse Israël de vouloir créer un "fait accompli" au Liban    Trump annonce un nouveau round de négociations avec l'Iran    Pyongyang tire plusieurs missiles balistiques de courte portée    LOSC : Bruno Genesio rassure sur l'état d'Ayyoub Bouaddi après sa sortie face à Nice    CAN 2027 : la CAF s'inquiète des retards chez les pays hôtes    DGSN. Hammouchi dote plusieurs villes du Royaume de nouvelles jeunes compétences sécuritaires    Tinghir: Tehraoui lance les services de 19 infrastructures de santé réparties sur quatre régions    Mise en service de 19 infrastructures de santé réparties sur quatre régions    Sahara : L'Algérie joue la carte des hydrocarbures pour séduire les Etats-Unis    Tetuán: Mueren dos niños en el derrumbe parcial de una vivienda en la medina    Franchise Exhibition Morocco : One Retail vise 500 points de vente en 2026 (VIDEO)    Maroc-USA: Une importante délégation marocaine reçue par le Secrétaire américain à la Guerre    Bourse de Casablanca : le MASI enregistre une solide progression hebdomadaire    GITEX Africa 2026 : le Groupe BCP dévoile sa nouvelle stratégie digitale et continentale    Etats-Unis : Une délégation marocaine de haut niveau reçue par le secrétaire à la Défense    Mondial 2026 : Le Maroc affrontera El Salvador lors de son deuxième match amical préparatoire    Akhannouch: Le dialogue social n'a jamais été un engagement ponctuel, mais un choix politique clair et assumé    La Société Régionale Multiservices Casablanca-Settat rapproche ses services des citoyens et élargit son réseau d'agences au profit de 5 millions de clients    Elu Produit de l'Année Maroc, Ce que révèlent les choix des Marocains : le palmarès 2026    Le Maroc renforce sa coopération agricole en choisissant le Portugal comme invité d'honneur du Salon de l'Agriculture de Meknès 2026    Vers un leadership continental... le Maroc parmi les pays africains les plus avancés dans les technologies spatiales    Comment les consulats marocains en Espagne s'adaptent à l'afflux massif de demandes de régularisation    Tétouan: deux enfants meurent dans l'effondrement partiel d'une habitation dans la médina    French-Moroccan actress Nadia Farès dies at 57 after pool incident in Paris    Code de la famille : Lachgar appelle les Marocaines à "se venger" à travers les urnes    L'actrice franco-marocaine Nadia Farès décède à 57 ans à Paris    Nouveau projet de loi contre le piratage des retransmissions sportives en direct    Diplomatie. L'Equateur annonce l'extension de sa couverture consulaire au Sahara marocain    Dialogue social : Le gouvernement dresse le bilan et réaffirme ses engagements    Concert : Ino Casablanca, "EXTASIA" en tournée marocaine    Arts plastiques : Ilias Selfati fait fleurir le papier    Info en images. Transport routier : Hausse de 25% du soutien octroyé aux professionnels    Casablanca : le navire-école indien INS Sudarshini en escale pour renforcer la coopération navale    Un journal canadien salue le Maroc et le met en avant comme puissance du renseignement pour la sécurité du Mondial    Selon Trump, l'Iran accepte de "ne plus jamais fermer le détroit d'Ormuz"    La Bourse de Casablanca termine en hausse    Arts plastiques : Larbi Cherkaoui, l'expérience-limite de la lettre à L'Atelier 21    Kendji Girac «n'a jamais exprimé de positions politiques» pour Israël, selon la productrice des concerts au Maroc    Le service militaire, un chantier royal prometteur pour former les jeunes et répondre aux exigences du marché de l'emploi    Coopération Chine-Mozambique : pour le renforcement du partenariat stratégique global Partager    Belmkaddem : «Entre étoffes et moteurs, une célébration des cultures»    Festival Films Femmes Afrique de Dakar : Deux films marocains dans la compétition    Turquie: Un adolescent commet une tuerie dans une école    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Eradication du mariage des mineurs
Publié dans Albayane le 13 - 10 - 2019


Le Maroc doit encore faire plus d'efforts!
Inimaginable ! 32 104 demandes de mariages d'enfants en 2018 au Maroc ! Des chiffres inquiétants et qui font froid au dos! Le mariage des mineurs, une atteinte aux droits de l'enfant, connait une véritable ampleur au Maroc. A l'occasion de la journée internationale de la fille célébrée le 11 octobre, l'UNFPA, l'UNICEF et ONU Femmes ont décidé de tirer la sonnette d'alarme sur ce phénomène qui persiste en dépit des levées de boucliers de la société civile et des militants des droits de l'Homme. Les trois organisations onusiennes révèlent que de 2006 à 2018, le mariage des enfants au Maroc s'est accru, passant de 30 312 cas en 2006 à plus de 32 000 cas en 2018. Pire encore, entre 2011 et 2018, 85% des demandes de mariages d'enfants se sont soldées par une autorisation des juges. Les chiffres seraient encore bien plus importants, soulignent les organisations.
Malgré le suicide d'Amina Filali (16 ans) en 2012, mariée de force à son violeur, qui avait défrayé la chronique et suscité beaucoup d'émoi, le mariage des enfants au Maroc n'a pour autant pas cessé. Le phénomène persiste dans le royaume, soulignait le Conseil économique, social et environnemental (CESE) dans une auto-saisine en juillet dernier. Si le mariage des enfants ou mariage de mineurs (moins de 18 ans) a plusieurs risques (psychologiques, physiques…), en plus d'être une atteinte aux droits de l'enfant, de nombreux parents marocains continuent de marier leurs petites filles et les juges, de se prononcer en faveur de telles unions. On apprend ainsi du communiqué conjoint des trois organisations que le phénomène touche majoritairement les filles. Ainsi, sur la période 2017-2018, 99% des demandes de mariage impliquant des enfants ont concerné des filles. Selon l'Enquête nationale sur la population et la santé familiale (ENPSF), 1,7% des filles mariées en 2018 étaient âgées de moins de 15 ans. 99% des filles mariées étaient âgées entre 15 et 17 ans. Si le phénomène est perçu comme étant essentiellement rural, il touche aussi les zones urbaines. Ainsi, la même enquête révèle que 5 régions connaissent une prévalence du mariage des enfants, dont Casablanca-Settat, Marrakech-Safi, Rabat-Salé-Kénitra, Fès-Meknès et Béni Mellal-Khénifra.
A en croire les auteurs du communiqué, ces chiffres, que l'on retrouve également dans le dernier rapport du CESE intitulé « que faire face à la persistance du mariage des enfants au Maroc ? », seraient plus alarmants. Puisque seules les demandes en mariages d'enfants et les mariages contractés légalement sont pris en compte dans les statistiques officielles du ministère de la Justice. Les mariages informels d'enfants par la Fatiha ou encore les mariages par contrats échapperaient au contrôle de l'Etat.
Les conséquences du mariage des mineurs
En plus de porter atteinte aux droits des enfants, le mariage précoce restreint les perspectives d'avenir des enfants, soulignent l'UNICEF, ONU-Femmes et UNFPA dans leur communiqué. Ils exposent aussi les filles aux grossesses non désirées, aux avortements à risque, à la violence conjugale, à la mortalité maternelle et néonatale, aux souffrances mentales et physiques. Il faut dire que les mères entre 15 et 19 ans courent deux fois plus le risque de mourir des suites d'une grossesse ou d'un accouchement. Bien plus, ces mariages hypothèquent les chances des enfants de jouir de leurs pleines capacités pour leur développement et épanouissement personnel. Sans oublier que plusieurs filles sont contraintes d'abandonner leurs études, ce qui contribue à accentuer et entretenir davantage l'inégalité hommes-femmes sur le plan socio-économique.
Pourquoi le mariage des enfants persiste au Maroc?
En juillet dernier, le CESE a décidé de se pencher sur les facteurs entravant l'éradication définitive du phénomène de mariage des enfants au Maroc. Il apparait selon le rapport de l'instance que le mariage des enfants est généralement justifié par plusieurs raisons. Il est perçu par plusieurs familles comme un moyen de protéger les filles et les mettre à l'abri du besoin. Bien souvent, il est souvent utilisé comme un moyen pour sauver l'honneur de la famille en cas de viol ou de grossesses hors mariage, de contrôler la sexualité des filles et échapper aux risques de relations sexuelles hors mariage. Pour certaines familles même, c'est le moyen de préserver ou d'augmenter les biens familiaux et de créer des alliances tribales, familiales et claniques.
L'urgence de réformer le Code de la famille
Dans son rapport, le CESE pointe du doigt les incohérences dans la législation marocaine concernant le mariage des enfants. Si la Convention internationale des droits de l'enfant a tranché net sur le sujet, l'arsenal juridique marocain souffre d'incohérences et n'est pas en harmonie avec la Constitution qui place l'intérêt supérieur de l'enfant au-delà de toute autre considération. Si l'article 475 du Code pénal qui permettait à l'auteur d'un viol d'échapper aux sanctions s'il épousait sa victime avait été abrogé en 2014 par la loi n°15-14 suite à l'affaire Amina Filali, plusieurs articles dans le Code de la famille ne sont pas conformes aux conventions internationales et à la constitution et continuent de favoriser ce type de mariages. Ainsi, l'article 20 du Code de la famille dispose à ce titre que : «le juge de la famille chargé du mariage peut autoriser le mariage du garçon et de la fille avant l'âge de la capacité matrimoniale (18 ans), par décision motivée précisant l'intérêt et les motifs justifiant ce mariage». En outre, l'article 21, ajoute même que : «le mariage du mineur est subordonné à l'approbation de son représentant légal. L'approbation du représentant légal est constatée par sa signature apposée, avec celle du mineur, sur la demande d'autorisation de mariage et par sa présence lors de l'établissement de l'acte de mariage».
Selon le CESE, il devient urgent d'harmoniser la législation nationale sur la question pour avoir un cadre législatif cohérent et clair (Constitution, Code Pénal, Code de la famille), pour écarter toute dérogation et écart d'interprétation par les juges. Si la réforme de la législation est urgente, elle n'est toutefois pas suffisante pour éradiquer le phénomène du mariage des enfants, insiste le CESE. Celui-ci appelle à cet effet à mener un débat public et une réflexion collective sur un ensemble de questions «socioculturelles» liées au mariage, à la sexualité, à la pénalisation des relations sexuelles hors mariage, à l'avortement, aux viols, abus sexuels… afin de vulgariser les lois qui les sous-tendent. Pour sa part, l'UNICEF, ONU femmes et l'UNFPA appellent entre autres à donner aux adolescentes déjà mariées ou menacées de l'être les moyens d'exprimer leurs opinions et de faire des choix, de favoriser leur scolarisation et d'offrir des alternatives économiques aux plus vulnérables.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.