Le Maroc, sous la conduite de S.M. le Roi, consolide sa position d'acteur crédible aux niveaux régional et international    Maroc - Espagne : Pedro Sánchez salue la coopération migratoire    Washington évoque des sanctions contre l'Algérie après l'achat d'avions russes    Interdiction de quitter le territoire pour le parlementaire Bendou    Coopération Maroc–Niger : Un cycle de formation diplomatique lancé à Niamey    Maroc : Le projet de loi sur la profession d'Adoul voté à la majorité    Un jeune Marocain remporte le Prix Social de la Fondation Princesse de Gérone pour l'engagement social 2026 à Barcelone    Intempéries au Maroc : 108 423 personnes évacuées (Intérieur)    Bourse de Casablanca : clôture en hausse    Chèques sans provision : Les nouvelles dispositions entrent en vigueur    Intempéries : Suspension des liaisons maritimes entre Algésiras, Tarifa et Tanger    Cours des devises du mercredi 4 février 2026    GEN AIoT : une stratégie nationale pour transformer la jeunesse en capital technologique    Fermeture RN16 : ADM ouvre gratuitement l'axe Tétouan-Fnideq à compter du 4 février    Washington menace d'imposer des sanctions à l'Algérie pour achat d'avions de chasse russes    Affaire Jeffrey Epstein : Des liens avec le Maroc et la France qui se précisent    Libye: le procureur général confirme la mort de Saif Al-Islam Kadhafi    Participation à Washington de M. Bourita à une réunion ministérielle sur les minéraux critiques    L'armée américaine dit avoir abattu un drone iranien ayant approché un porte-avions    Le Congrès américain vote la fin de la paralysie budgétaire    Deux mois après sa rencontre avec Tebboune, l'ambassadeur vénézuélien en Algérie se rend à Tindouf    Sous le leadership de S.M. le Roi, le Maroc est clairement devenu une grande puissance du football mondial    « Bolt » chinois... Un robot humanoïde qui s'approche des limites de la vitesse humaine    Evacuation des habitants et mise à disposition de l'hébergement... des mesures d'urgence pour faire face aux inondations à Douar Soualem – Sidi Slimane    Argentine : Newell's Old Boys évoque un possible retour de Lionel Messi en 2027    Le trophée du Mondial 2026 fait escale au Maroc    Youssef En-Nesyri rejoint le club saoudien Al-Ittihad    Tangier-Assilah schools suspend classes February 4 due to weather disruptions    Deslizamiento de tierra mortal en Abkair tras lluvias torrenciales en la provincia de Al Hoceima    Inondations à Taza : évacuation et relogement d'urgence après la crue des oueds Lâarbaa et Dfali    Coupure temporaire de la circulation sur la RN2 entre Tétouan et Tanger et la RN16 entre Tétouan et Fnideq    Alerte météo de niveau orange dans plusieurs villes du Royaume    Scolarisation : 27.000 enfants en situation de handicap soutenus en 2025    Températures prévues pour jeudi 05 février 2026    France : Le réalisateur Mohamed Ahd Bensouda tire sa révérence    Inondations au Maroc : Achraf Hakimi exprime son soutien aux habitants de Ksar El Kébir    Turquie : Erdogan facilite l'arrivée de N'Golo Kanté à Fenerbahçe    Chambre des représentants : Adoption du projet de loi sur la transformation de l'ONHYM en société anonyme    Le temps qu'il fera ce mercredi 4 février 2026    Records mondiaux du Maroc : Musique, contes, football et bijoux anciens    Retour des irréguliers : Nuñez attend une "amorce" de réponse d'Alger    La Cour des comptes appelle à l'adoption d'une stratégie immobilière nationale pour attirer les investissements et les compétences    Trois nouvelles installations à découvrir au MACAAL    Casamémoire : un nouveau bureau et des ambitions renforcées    Fela Kuti, premier Africain honoré aux Grammy    Audi Maroc dévoile le nouveau Q3 et accueille l'exposition IN-Discipline Brésil    Tanger : les nouveaux locaux de l'Institut français inaugurés    "Melania" entre en 3e place du box-office nord-américain    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



En Afrique et dans le monde arabe: La mobilité des artistes en question
Publié dans Albayane le 26 - 11 - 2019

La question de la mobilité des artistes constitue une préoccupation majeure de nos jours. La filière musicale en Afrique et dans le monde arabe peine à s'émanciper. A cet effet, la difficulté de l'obtention des visas, le prix élevé des billets d'avion, l'absence de l'accompagnement de certaines entités vis-à-vis des artistes ont été à l'ordre du jour des débats en marge des activités du visa for music. A cette occasion, Al Bayane est allé à la rencontre des professionnels du métier. Témoignages.
Tony Mefe, opérateur culturel camerounais
«Il y a très peu de fonds consacrés à la mobilité des artistes»
Tony Mefe est opérateur culturel camerounais. Il est aussi responsable du salon international des voix de femmes et des musiques du monde. Ce salon international qui s'appelle «escale b'antoo» voix de femmes travaille davantage sur l'export de la musique. «Le but de notre projet, c'est de développer la présence de jeunes chanteuses d'Afrique centrale sur la scène internationale», a-t-il souligné.
«Nous nous sommes confrontés à ce grave problème de mobilité». Pour lui, les problèmes de mobilité se déclinent sur deux axes fondamentaux : il y a d'abord le coût du billet d'avion qui est très élevé. Par exemple, à partir de Douala au Cameron pour Casablanca, le billet à 1200 euros. «En Afrique, c'est hallucinant ! Il y a très peu de fonds qui sont consacrés à la mobilité.
Aujourd'hui, l'un des fonds les plus sollicités par les artistes subsahariens, c'est celui de l'association marocaine pour l'échange interculturel, le développement et la coopération en Afrique (Afrikayna). Dans ce cadre, pleins d'artistes et professionnels ont pris part au visa for music et d'autres manifestations grâce à cette association qui donne des bourses», a-t-il fait savoir. Et d'ajouter: «Mais comme les gouvernements n'accompagnent pas les projets culturels, il faut toujours aller taper à la porte de la famille et des amis».
Pour faire face à cette situation, Tony Mefe ainsi que d'autres artistes organisent en amont des concerts de collecte de fonds. «Même si ce n'est pas ce genre de concerts qui apportent de l'argent, mais ils permettent de crédibiliser le discours des artistes», a-t-il précisé.
A côté des prix élevés des billets d'avion, la question de visa demeure une des «plaies» de la mobilité des artistes. «C'est vrai que le visa for music fait un travail en amont facilitant l'obtention des visas des artistes dans les différents pays, mais en revanche, ce n'est pas évident d'avoir des visas pour venir au Maroc, en Tunisie, en Egypte… C'est compliqué !», poursuit-il.
Selon lui, même à l'intérieur de l'Afrique subsaharienne, les artistes se sont confrontés à ce problème de visas. «Bon nombre de nos chanteuses n'ont pas eu de visas pour se produire, surtout en Europe, mais paradoxalement, on en a donné aux managers», conclut-il.
Armène Doua, coordinatrice du MASA
«L'artiste a besoin de l'accompagnement et de structures d'accueil»
A Abidjan, il n'y a pas de budget consacré aux billets d'avion parce qu'un artiste est essentiellement autonome dans sa mobilité, souligne Armène Doua, coordinatrice du marché des arts du spectacle d'Abidjan (MASA).
«En fait, on peut accompagner l'artiste en lui trouvant des structures d'accueil qui lui permettront d'avoir des billets d'avion, les frais de visas et en lui facilitant aussi son obtention… Mais il n'y a pas de structures mises en place à Abidjan réellement pour le billet d'avion et l'accompagnement des artistes sur cette question. À Abidjan, ajoute la coordinatrice du MASA, la filière musicale et celle de l'art sont structurées par le bureau de droits d'auteur. Avec ce dernier, il y a une structure qui permet de nous organiser, de préserver nos droits.
Halim Sbai, directeur du festival « Taragalte »
«La partie de l'aérien est très cher»
C'est une question qui est sur toutes les langues : la flambée des billets dans le continent africain. «La partie de l'aérien est très cher. Un vol à Bamako vaut trois fois qu'un vol de Casablanca à Paris. Sans soutien, l'artiste ne pourra pas se débrouiller tout seul», a précisé Halim Sbaï.
C'est pour cela d'ailleurs, explique-t-il, qu'il n'y a pas de connexions et d'échanges culturels entre le Nord de l'Afrique et le Sud. «Ces dépenses deviennent parfois un véritable fardeau sur les organisateurs. En Europe, le problème de la mobilité des artistes réside dans l'obtention des visas. Donc, il faudra pendre le rendez-vous trois mois après. Il faut le dire, des concerts ont été annulés parce que les artistes n'ont pas eu leurs visas», poursuit-il. Et d'ajouter: «On a rencontré ce type difficultés parce que nous organisons une caravane culturelle pour la paix. Donc, nous ramenons environ 30 artistes de Mali et de l'Algérie. Le billet dans les bons termes est à 6.000 ou 7.000 dh par personne. Pourtant, parfois, on reçoit des promesses de certaines institutions, mais à la derrière minute elles se retirent. Chose qui nous pousse à faire autrement». Heureusement, se réjouit-il, il y a Afrikayna apporte son apport en ce sens. «C'est une bonne chose parce que par le bais de la culture on pourra connaitre mieux l'Afrique et les africains. La culture n'est pas un luxe, mais un domaine porteur et créateur de richesses», a-t-il affirmé.
Rania Elias, directrice du centre cultuel Yabous dans la zone occupée de Jérusalem
«A cause de l'occupation, les frontières sont fermées pour les artistes arabes et étrangers»
Pour Rania Elias le problème de liberté de dépassement et de mobilité est une situation qui touche tous les artistes du monde. «Les artistes arabes rencontrent souvent des difficultés relatives au sujet des visas, surtout en Palestine à cause de l'occupation. Ces difficultés ont un impact immédiat sur le programme du festival que nous organisons», a-t-elle révélé. La situation de Jérusalem en particulier est tout à fait différente des autres villes, parce qu'elle est sous l'occupation. «Les difficultés auxquelles nous faisons face sont énormes par rapport aux difficultés des autres villes et festivals mondiaux vu la situation politique. Nous faisons face à plusieurs entraves en organisant le festival de Jérusalem. Tout d'abord, la difficulté de faire venir l'artiste palestinien. Ce dernier rencontre souvent plusieurs entraves pour y accéder afin de présenter un spectacle, parce que l'artiste qui se trouve à Gaza, à Ramallah, à Nablus où en encore à Jénine a du mal à venir», a-t-elle martelé.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.