70 ans de relations diplomatiques : le Maroc et la Suisse consolident un partenariat stratégique multidimensionnel    Basketball Africa League 2026 : le FUS de Rabat accueille la Sahara Conference, Rivers Hoopers et APR en vedettes    Judo : 12 Marocains engagés dans les championnats d'Afrique 2026    Le Maroc et la Suisse ont fait part, vendredi à Berne, de leur détermination à renforcer davantage leur dialogue politique et leur partenariat bilatéral.    Afrique du Sud : Dérive xénophobe inquiétante contre les migrants subsahariens (vidéo)    L'Union africaine sollicite l'expertise des FAR    Agriculture connectée : le Maroc veut verrouiller les données de 1,6 million d'exploitants    Orientation post-bac : les nouveaux repères d'un système en mutation    Maroc : Le CAM renforcent son partenariat gouvernemental pour l'inclusion financière rurale    Maroc Telecom : Un CA consolidé de plus de 9,32 MMDH (+5%) à fin mars 2026    Fatim-Zahra Ammor : Faire du tourisme expérientiel une économie d'innovation    Elevage : face au "paradoxe de la performance", le défi de la résilience structurelle    SIAM 2026. Al Moutmir : du sol à l'élevage, l'innovation au service d'une agriculture durable    Inclusion financière : La BAD octroie 510.000 dollars à l'ACAPS    Programme ferroviaire historique : l'ONCF marque une année d'avancées concrètes au service d'une vision stratégique    Armement : Le groupe italien Leonardo souhaite vendre des avions au FAR    Sahara : La Suisse soutient l'initiative d'autonomie sous souveraineté marocaine    Etats-Unis : Christopher Landau attendu en Algérie et au Maroc    Le Real mise sur Brahim Díaz pour renverser le Bayern Munich    Coupe d'Allemagne : Le VfB Stuttgart de Bilal Al Khannouss rejoint le FC Bayern en finale    Le Trail d'Itzer revient pour sa 10e édition    CAN 2025 : tensions médiatiques et rapprochement diplomatique entre Alger et Dakar    Switzerland backs Morocco's autonomy plan as most credible solution to the Sahara    Revisión del mandato de la MINURSO: Guterres e Ivanko se reúnen en Nueva York    Marruecos: Lluvias tormentosas localmente intensas el viernes y sábado    Orientation post-bac : le grand déséquilibre du système universitaire    AGENTIS signe une première avec le PET-IRM au Maroc    Marruecos y Suiza manifestaron este viernes en Berna su determinación de reforzar aún más su diálogo político y su asociación bilateral.    VIH : une enquête nationale de satisfaction auprès des personnes atteintes    Réforme sanitaire : la lutte contre le sida et la tuberculose s'intègre dans les Groupements sanitaires territoriaux    COMEDIABLANCA revient pour une 3e édition    « She Did It Again » : Tyla revisite la pop des années 2000    Le Festival Printemps Musical des Alizés revient pour une nouvelle édition à Essaouira    Le FLAM 2026 à Marrakech. L'avenir du livre africain    Festival Mawazine : La 21ème édition du 19 au 27 juin 2026    Filière de la rose : une récolte record attendue    Musique : Khalil Bensouda fait parler la basse dans tous les styles [Portrait]    Le vice-Premier ministre britannique se félicite des progrès réalisés dans le renforcement du partenariat maroco-britannique, inscrit dans une « nouvelle ère » depuis le 1er juin 2025    Un rapport met en avant le déficit grandissant de carburant en Afrique    CAN 2027 : la CAF appelle à accélérer les préparatifs en Afrique de l'Est    L'Institut Cervantès de Rabat célèbre "Don Quichotte"    Chaleur extrême au Maroc entre 2022 et 2024 : un impact dévastateur sur l'agriculture selon la FAO et l'OMM    Double attentat de Blida : l'omerta imposée par le régime algérien se fissure    Mali : plusieurs terroristes neutralisés dans l'ouest et le nord du pays    Le Maroc propose d'accueillir le match amical contre le Salvador à Rabat..la Fédération salvadorienne précise sa position    La Chine célèbre le 77e anniversaire de la création de sa marine    Cybersécurité : les pays arabes amorcent un renforcement de leur coopération    Le Burkina Faso renforce sa stratégie frontalière    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



En Afrique et dans le monde arabe: La mobilité des artistes en question
Publié dans Albayane le 26 - 11 - 2019

La question de la mobilité des artistes constitue une préoccupation majeure de nos jours. La filière musicale en Afrique et dans le monde arabe peine à s'émanciper. A cet effet, la difficulté de l'obtention des visas, le prix élevé des billets d'avion, l'absence de l'accompagnement de certaines entités vis-à-vis des artistes ont été à l'ordre du jour des débats en marge des activités du visa for music. A cette occasion, Al Bayane est allé à la rencontre des professionnels du métier. Témoignages.
Tony Mefe, opérateur culturel camerounais
«Il y a très peu de fonds consacrés à la mobilité des artistes»
Tony Mefe est opérateur culturel camerounais. Il est aussi responsable du salon international des voix de femmes et des musiques du monde. Ce salon international qui s'appelle «escale b'antoo» voix de femmes travaille davantage sur l'export de la musique. «Le but de notre projet, c'est de développer la présence de jeunes chanteuses d'Afrique centrale sur la scène internationale», a-t-il souligné.
«Nous nous sommes confrontés à ce grave problème de mobilité». Pour lui, les problèmes de mobilité se déclinent sur deux axes fondamentaux : il y a d'abord le coût du billet d'avion qui est très élevé. Par exemple, à partir de Douala au Cameron pour Casablanca, le billet à 1200 euros. «En Afrique, c'est hallucinant ! Il y a très peu de fonds qui sont consacrés à la mobilité.
Aujourd'hui, l'un des fonds les plus sollicités par les artistes subsahariens, c'est celui de l'association marocaine pour l'échange interculturel, le développement et la coopération en Afrique (Afrikayna). Dans ce cadre, pleins d'artistes et professionnels ont pris part au visa for music et d'autres manifestations grâce à cette association qui donne des bourses», a-t-il fait savoir. Et d'ajouter: «Mais comme les gouvernements n'accompagnent pas les projets culturels, il faut toujours aller taper à la porte de la famille et des amis».
Pour faire face à cette situation, Tony Mefe ainsi que d'autres artistes organisent en amont des concerts de collecte de fonds. «Même si ce n'est pas ce genre de concerts qui apportent de l'argent, mais ils permettent de crédibiliser le discours des artistes», a-t-il précisé.
A côté des prix élevés des billets d'avion, la question de visa demeure une des «plaies» de la mobilité des artistes. «C'est vrai que le visa for music fait un travail en amont facilitant l'obtention des visas des artistes dans les différents pays, mais en revanche, ce n'est pas évident d'avoir des visas pour venir au Maroc, en Tunisie, en Egypte… C'est compliqué !», poursuit-il.
Selon lui, même à l'intérieur de l'Afrique subsaharienne, les artistes se sont confrontés à ce problème de visas. «Bon nombre de nos chanteuses n'ont pas eu de visas pour se produire, surtout en Europe, mais paradoxalement, on en a donné aux managers», conclut-il.
Armène Doua, coordinatrice du MASA
«L'artiste a besoin de l'accompagnement et de structures d'accueil»
A Abidjan, il n'y a pas de budget consacré aux billets d'avion parce qu'un artiste est essentiellement autonome dans sa mobilité, souligne Armène Doua, coordinatrice du marché des arts du spectacle d'Abidjan (MASA).
«En fait, on peut accompagner l'artiste en lui trouvant des structures d'accueil qui lui permettront d'avoir des billets d'avion, les frais de visas et en lui facilitant aussi son obtention… Mais il n'y a pas de structures mises en place à Abidjan réellement pour le billet d'avion et l'accompagnement des artistes sur cette question. À Abidjan, ajoute la coordinatrice du MASA, la filière musicale et celle de l'art sont structurées par le bureau de droits d'auteur. Avec ce dernier, il y a une structure qui permet de nous organiser, de préserver nos droits.
Halim Sbai, directeur du festival « Taragalte »
«La partie de l'aérien est très cher»
C'est une question qui est sur toutes les langues : la flambée des billets dans le continent africain. «La partie de l'aérien est très cher. Un vol à Bamako vaut trois fois qu'un vol de Casablanca à Paris. Sans soutien, l'artiste ne pourra pas se débrouiller tout seul», a précisé Halim Sbaï.
C'est pour cela d'ailleurs, explique-t-il, qu'il n'y a pas de connexions et d'échanges culturels entre le Nord de l'Afrique et le Sud. «Ces dépenses deviennent parfois un véritable fardeau sur les organisateurs. En Europe, le problème de la mobilité des artistes réside dans l'obtention des visas. Donc, il faudra pendre le rendez-vous trois mois après. Il faut le dire, des concerts ont été annulés parce que les artistes n'ont pas eu leurs visas», poursuit-il. Et d'ajouter: «On a rencontré ce type difficultés parce que nous organisons une caravane culturelle pour la paix. Donc, nous ramenons environ 30 artistes de Mali et de l'Algérie. Le billet dans les bons termes est à 6.000 ou 7.000 dh par personne. Pourtant, parfois, on reçoit des promesses de certaines institutions, mais à la derrière minute elles se retirent. Chose qui nous pousse à faire autrement». Heureusement, se réjouit-il, il y a Afrikayna apporte son apport en ce sens. «C'est une bonne chose parce que par le bais de la culture on pourra connaitre mieux l'Afrique et les africains. La culture n'est pas un luxe, mais un domaine porteur et créateur de richesses», a-t-il affirmé.
Rania Elias, directrice du centre cultuel Yabous dans la zone occupée de Jérusalem
«A cause de l'occupation, les frontières sont fermées pour les artistes arabes et étrangers»
Pour Rania Elias le problème de liberté de dépassement et de mobilité est une situation qui touche tous les artistes du monde. «Les artistes arabes rencontrent souvent des difficultés relatives au sujet des visas, surtout en Palestine à cause de l'occupation. Ces difficultés ont un impact immédiat sur le programme du festival que nous organisons», a-t-elle révélé. La situation de Jérusalem en particulier est tout à fait différente des autres villes, parce qu'elle est sous l'occupation. «Les difficultés auxquelles nous faisons face sont énormes par rapport aux difficultés des autres villes et festivals mondiaux vu la situation politique. Nous faisons face à plusieurs entraves en organisant le festival de Jérusalem. Tout d'abord, la difficulté de faire venir l'artiste palestinien. Ce dernier rencontre souvent plusieurs entraves pour y accéder afin de présenter un spectacle, parce que l'artiste qui se trouve à Gaza, à Ramallah, à Nablus où en encore à Jénine a du mal à venir», a-t-elle martelé.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.