Report du procès de Jonathan Harroch à l'issue d'un vif débat juridique entre la défense et le parquet    Droits de l'Homme : Belkouch plaide pour des NMIRF renforcés et opérationnels    Initiative "Poisson à prix raisonnable" : Sala Al Jadida rejoint le dispositif national    Ouverture du capital des pharmacies: Les professionnels saisissent Akhannouch    Bourse de Casablanca : clôture en territoire négatif    Programme Forsa : le 28 février, dernier délai pour bénéficier du report des prêts d'honneur    Douanes et flux migratoires, commerce : l'Espagne défend son partenariat stratégique avec le Maroc    Frontière mauritano-marocaine : deux véhicules militaires du polisario saisis    Mexique : cellule de suivi et de communication au profit des ressortissants marocains    Quelque 189 candidats à la migration irrégulière interceptés au large de Dakhla    Ligue des champions : Voici le programme de ce mardi    Le Real Betis dément tout accord entre Sofyan Amrabat et Villarreal    Alerte météo : fortes rafales de vent avec tempête de sable et chasse-poussières de jeudi à vendredi    Les températures attendues ce mardi 24 février 2026    Le temps qu'il fera ce mardi 24 février 2026    GMT+1 au Maroc : Des bénéfices économiques limités et un impact social pesant    Mondial de boxe : L'équipe du Maroc U19 en stage de préparation à Bangkok    Etats-Unis : Un Marocain, partisan de Trump, détenu 108 jours par l'ICE    Armement : la France intensifie son offensive pour récupérer des parts dans le marché marocain    Le Roi Mohammed VI aurait mis en vente son château de Betz près de Paris    Estados Unidos: Un marroquí, partidario de Trump, detenido 108 días por el ICE    La Chine réaffirme son engagement à bâtir un système international plus équitable en matière de droits de l'homme    Trésor : un besoin de financement de 15,5 milliards de DH en janvier    Industrie : Ouled Saleh accueille la deuxième ZAI de Nouaceur    Justice : la CSPJ rappelle l'obligation de rédiger l'intégralité des jugements avant leur prononcé    La Bolivie suspend sa reconnaissance de la pseudo « rasd »    Romain Saïss annonce sa retraite internationale    Renvoi du joueur Achraf Hakimi devant la justice dans une affaire remontant à 2023    Getafe : la nouvelle blessure d'Abdelkabir Abqar inquiète Bordalás    « Exigeant et humain » : Ihattaren décrit le style Danny Buijs    Sahara : Progrès des pourparlers sous l'égide de Trump aux Etats-Unis    Baisse de forme des constructeurs mondiaux : l'industrie automobile marocaine impactée ?    Industrie de défense : l'Indien MKU envisage une implantation au Maroc    Bolivia Suspends Relations with the "Polisario" and Restores Diplomatic Ties with Morocco    Bolivia's Decision Disrupts Algeria and the Polisario... A New Victory for Moroccan Diplomacy    Taghazout featured in Tripadvisor Travellers' Choice Awards 2026    Casablanca-Settat strengthens industrial leadership with Ouled Saleh zone development    Guerlain dévoile Terracotta Golden Dunes, inspiré par le désert du Maroc    Al-Madîna al-Zâhira, la cité disparue dont le mystère se dissipe à Cordoue [Etude]    Belkouch : le Maroc résolument engagé dans la dynamique internationale des DH    DGSN. Hammouchi promeut les quatre fonctionnaires décédés dans un accident de la route près de Sidi-Ifni    FInAB 2026 : Cotonou au rythme des arts et de la création africaine    Edito. Capital humain    Le PJD rejette les propos de l'ambassadeur américain à Jérusalem sur «le grand Israël»    Prix Cheikh Zayed du Livre : deux écrivains marocains dans la course    Touria Chaoui mise en avant dans «Les Marocains du ciel» sur 2M    « Maroc, Terre de Cultures » : Le Collectif 4.0 lance « Rythmes du Maroc »    Dialogue des cultures : les Nuits du Ramadan célèbrent l'héritage andalou    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Pour un secteur public efficient, compétitif et démocratique
Publié dans Albayane le 18 - 08 - 2020

La réforme du secteur public fait partie de l'un des trois chantiers annoncés par le Souverain dans le dernier discours du Trône. Il s'agira de «corriger les dysfonctionnements structurels des établissements et des entreprises publics, garantir une complémentarité et une cohérence optimales entre leurs missions respectives et, in fine, rehausser leur efficience économique et sociale».
Le pays a en effet grand besoin d'un secteur public performant qui soit le fer de lance du développement économique et social et d'ouverture sur le monde. Après l'expérience des vingt dernières années au cours desquelles des progrès substantiels ont été réalisés notamment dans le domaine d'infrastructure physique, le moment est venu de procéder à un check up pour un nouveau départ en tenant compte des défis futurs du Maroc, des besoins croissants de la population et des nouveaux enjeux aux niveaux régional et mondial.
Ainsi, entre 1999 et 2018, des progrès considérables ont été réalisés comme l'attestent les données suivantes : le réseau autoroutier a été multiplié par 4,5 durant cette période passant respectivement de 400 km à 18OO km, le réseau ferroviaire a doublé en passant de 1900 km à 3800 km, les lignes de tramway de 0 km à 68 km, la capacité aéroportuaire a plus que triplé (passant de 12 millions à 37 millions), les passagers des aéroports ont grimpé à 22,5 millions en 2018 contre 6,8 millions en 1999 , le trafic portuaire a été multiplié par plus de 14 ! Les autres indicateurs relatifs à l'accès à l'eau potable, à l'électricité, aux routes rurales ont évolué dans le même sens ascendant. L'investissement des EEP a connu un taux d'accroissement annuel moyen de 7% au cours de la période concernée.
Il n'en demeure pas moins, cependant, que le secteur public n'est pas aussi pléthorique qu'on a tendance à l'imaginer. Il reste circonscrit dans des limites modestes. Ainsi, les données les plus récentes font ressortir l'existence de 225 Etablissements publics et 43 SA à participation directe du Trésor. Les Etablissements et Entreprises publics (EEP) détiennent 479 filiales ou participations dont 54% sont détenues majoritairement. Par secteur d'activité, bien que les EEP soient présents dans tous les secteurs économiques et sociaux, force est de constater une présence marquée dans le social, santé, éducation et formation (24%), agriculture et pêche maritime (17%), énergie, mines, eau et environnement (12%), tourisme et artisanat, infrastructure et transport (6% chacun).
Les investissements réalisés par l'ensemble du portefeuille public ont totalisé en 2018 66 MMDH, soit un taux de réalisation de 68%, la valeur ajoutée dépasse à peine 80 MM DH (8% du PIB) sur un chiffre d'affaires de 238 MM DH. Toutefois, et c'est une limite de taille du SP, les investissements sont concentrés à hauteur de près de 60% dans trois régions à savoir Casablanca-Settat, Rabat-Salé-Kénitra et Tanger-Tétouan-Al-Hoceima. Par conséquent, le SP est loin de contribuer à la réduction des inégalités spatiales.
C'est par rapport à ces données qu'il faut lire les propositions de réforme dévoilées récemment par le Ministre des Finances. Le schéma proposé dans ce sens varie en fonction de la nature des EEP. Pour les EEP non marchands et sociaux, il est proposé la réintégration aux ministères concernés de certaines missions après liquidation/dissolution des EEP dont le maintien n'est plus nécessaire; le regroupement de certains EEP dont le maintien serait justifié; liquidation/dissolution des EEP dont la mission n'est plus avérée.
En revanche, pour les EEP marchands et financiers, on prévoit : le renforcement de la pérennité du modèle à travers une réduction de la dépendance envers le BGE, une meilleure contribution au BGE et une valorisation du patrimoine; la création de groupes/holdings sectoriels homogènes répondant à des impératifs de taille critique, d'optimisation de la gestion (flux, trésorerie, coûts...), d'attrait pour le marché financier et de concrétisation des nouvelles opportunités offertes par l'intelligence artificielle, la digitalisation, l'économie circulaire...; la création d'une Agence dédiée à la Gestion Active des participations marchandes et financières de l'Etat. Cette Agence se verra confier quatre missions principales: renforcer davantage le rôle de l'Etat actionnaire; promouvoir la bonne gouvernance au sein des EEP; assurer la gestion stratégique des participations de l'Etat; suivre la performance des établissements publics.
L'objectif final étant de parvenir à un redimensionnement et une restructuration du secteur des EEP autour de trois pôles stratégiques: un premier pôle dédié aux Infrastructures; un deuxième pôle dédié au social suite à la fusion de l'ADS, l'Entraide Nationale, l'ODCO et la Caisse de Compensation; enfin, un troisième pôle dédié au Secteur d'Agriculture et Agro-industrie avec le regroupement de l'ONICL et de ses Filiales dans une seule entité. Cette dernière devra être transférée au secteur privé. Question à débattre ! Quant aux trois agences de développement régional du Nord, de l'Oriental et des Provinces sahariennes, devenues caduques après la création des agences régionales d'exécution des projets (AREP), elles seront tout simplement supprimées.
On voit se profiler dans ce schéma un souci de rationalisation et de simplification pour éviter les double-emplois et créer des entités avec une taille critique permettant une croissance externe. Bien sûr, on est encore à la phase de propositions et d'hypothèses de travail. Les décisions d'une telle importance nécessitent, il va sans dire, un réel débat démocratique notamment au niveau du parlement, sachant que personne ne peut remettre en cause la nécessité de la réforme dans le sens de l'efficience et de la compétitivité.
Le Maroc a besoin plus que jamais d'un secteur public fort et assaini, soumis au contrôle démocratique à travers l'activation du principe de la reddition des comptes. Il faut dépasser à ce niveau, toute approche dogmatique et purement idéologique, et opter au contraire pour une approche pragmatique pour dépasser la querelle stérile entre secteur public et secteur privé. L'expérience a montré, en effet, que le secteur public n'est pas forcément inefficient comme la performance n'est pas l'apanage du secteur privé. Tout dépendra du comportement des dirigeants et des managers en plus du respect des règles de bonne conduite. Il faut donc œuvrer pour une complémentarité entre les deux secteurs en édictant les règles de fonctionnement à observer.
Si la privatisation, à l'exception des secteurs produisant les biens sociaux de basse, n'est plus un «péché originel», il faut reconnaitre également que les nationalisations, ne constituent plus un tabou.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.