Nabil EL BOUSAADI L'Irlande dispose, depuis samedi, d'un nouveau Premier ministre en la personne de Leo Varadkar, du « Fine Gael », venu en remplacement de Micheal Martin, du « Fiana Fail », ces deux partis de Centre droit formant la coalition qui dirige le pays après avoir été rivaux pendant la guerre civile qu'avait connu l'Irlande au début du XXème siècle et qui avaient convenu, à l'issue des élections de 2020, d'une rotation dans le cadre d'une coalition avec les Verts. C'est donc dans le cadre de ce transfert de pouvoir qui intervient dans l'attente de l'organisation des prochaines élections générales qui devront se tenir avant le printemps 2025, qu'a eu lieu, ce samedi, la « désignation », de Leo Varadkar après l'obtention, par celui-ci, des voix de 87 députés contre 62 pour son prédécesseur qui, dès le lendemain, a présenté sa démission au Président Michael D. Higgins lors d'une audience au cours de laquelle il a, notamment, déclaré que cela représente « l'honneur d'une vie » d'avoir servi comme Premier ministre. Médecin, gay, âgé de 43 ans, Leo Varadkar, né de l'union d'un immigré indien et d'une infirmière irlandaise, qui a déclaré à l'issue de la validation de ce vote par les parlementaires lors d'une session spéciale qu'il « accepte cette nomination avec humilité et détermination et le désir (...) d'offrir un nouvel espoir et de nouvelles opportunités à tous les citoyens », va donc prendre, pour la seconde fois, la tête du gouvernement de Dublin en déclarant être « honoré et privilégié d'avoir l'opportunité de servir à nouveau » l'Irlande et avoir « hâte » de s'« atteler à cette tâche difficile dans les prochaines heures ». Il avait, en effet, été, en 2017 et à l'âge de 38 ans, le plus jeune Premier ministre de l'histoire d'un pays réputé conservateur, au cours d'un mandat qui avait été marqué, principalement, par le Brexit au titre duquel il avait œuvré pour trouver un accord commercial avec le Royaume-Uni afin d'éviter de rétablir une frontière sur l'île d'Irlande – ce qui constitue, encore aujourd'hui, une source de tensions entre Londres, Dublin et Bruxelles – et par le début de cette pandémie de Covid-19 qui l'avait mis au-devant de la nécessité de mettre en place un des « confinements » les plus stricts du vieux continent. En félicitant, dans un tweet, le nouveau chef de l'exécutif irlandais, le Premier ministre britannique Rishi Sunak a déclaré qu'il se réjouit « de travailler, avec lui, pour garantir que tous les volets des accords de Belfast fonctionnent et de continuer à travailler avec Micheal Martin dans son nouveau rôle » de vice-Premier ministre. Pour rappel, les accords de Belfast appelés, également, « accords du Vendredi Saint » avaient mis fin, en 1998, à un conflit fratricide qui avait ensanglanté le pays durant trois décennies et fait plus de 3.500 morts. Considérant, enfin, que les Irlandais ne s'émeuvent pas outre-mesure de ce changement à la tête de l'Exécutif dès lors qu'il témoigne du bon fonctionnement de la démocratie dans le pays et, comme l'a affirmé Aidan Regan, professeur de politique et de relations internationales à l'University College de Dublin, de « la convergence de deux partis de Centre droit au gouvernement », il est donc certain que les grandes priorités du gouvernement ayant trait au règlement de la crise du logement, à la stimulation de l'économie, au développement des transports et du système de santé figurent toujours à l'ordre du jour mais attendons pour voir... Nabil EL BOUSAADI