Les services aux entreprises arrivent en tête avec 46.541 postes annoncés, suivis par la finance (26.477 postes) et l'ingénierie (22.781 postes). À eux trois, ces secteurs totalisent 95.799 offres, soit plus de la moitié de l'ensemble des emplois publiés sur l'année. Ces données proviennent d'agrégateurs d'emploi en ligne et ne reflètent que le marché formel, laissant de côté un secteur informel largement prédominant dans l'économie éthiopienne. Elles permettent néanmoins de dégager des tendances claires sur les dynamiques de l'emploi. Chaque secteur répond à des besoins structurants : les services aux entreprises couvrent notamment la vente, le marketing et l'administration, la finance accompagne la croissance du secteur bancaire et comptable, tandis que l'ingénierie est tirée par les grands chantiers d'infrastructures et le développement industriel. Parallèlement, d'autres segments affichent des déséquilibres marqués. Les emplois peu et moyennement qualifiés représentent 6 663 offres pour environ 19 000 postes, tandis que le transport et la logistique comptent 4 194 annonces pour 15 918 postes, révélant des recrutements massifs mais peu visibles dans les publications officielles. Un marché sous tension Ces tendances s'inscrivent dans un contexte de forte pression sur l'emploi. Selon l'International Growth Centre, le marché du travail à Addis-Abeba est confronté à un chômage élevé, au sous-emploi et à des revenus faibles, malgré une croissance économique soutenue. Avec plus de 120 millions d'habitants, l'Ethiopie peine à créer suffisamment d'emplois qualifiés. Pourtant, sa croissance annuelle moyenne d'environ 10% depuis 2005 ne s'est pas traduite par une création d'emplois proportionnelle. Le défi des compétences Le déséquilibre entre formation et besoins du marché apparaît comme un facteur clé. Environ 75 % des candidats disposent d'un diplôme universitaire, alors que seulement 39 % des offres l'exigent. À l'inverse, 32% des postes requièrent une formation technique ou professionnelle, mais seulement 16 % des candidats possèdent ce profil. Ce décalage fragilise particulièrement les jeunes diplômés, qui peinent à trouver des emplois correspondant à leur niveau de qualification. Une dynamique confirmée par les études Une étude publiée sur Taylor & Francis Online souligne également la hausse du chômage urbain des jeunes, estimé à 23,1 % en 2021, soit une augmentation de 54 % depuis 2013. La concentration des offres dans quelques secteurs clés réduit mécaniquement les opportunités pour les autres profils et pose la question centrale de l'adéquation entre système éducatif et besoins réels de l'économie éthiopienne.