Le Maroc continue de consolider sa gouvernance financière. Selon les résultats de l'Enquête sur le Budget Ouvert (EBO) publiés le 15 avril 2026, le Royaume affiche un score de 51 points sur 100 en matière de transparence budgétaire, signant ainsi une progression de 4 points par rapport à l'édition 2023. Cette évaluation, menée tous les deux ans par l'Organisation Internationale pour le Partenariat Budgétaire (IBP), place le Maroc sur une dynamique positive. Ce résultat est le fruit d'un travail collaboratif mené par la Direction du Budget du ministère de l'Économie et des Finances, en concertation avec les deux chambres du Parlement et la Cour des comptes. Grâce à cette progression, le Maroc se hisse au 3ème rang dans la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA), juste derrière la Jordanie et l'Égypte. Le maintien de cette position stratégique s'explique par une volonté constante d'améliorer la qualité et l'accessibilité de l'information budgétaire destinée au grand public. Cette transparence accrue se matérialise notamment par la publication régulière de documents clés, tels que le projet de loi de finances, la revue de milieu d'année ou encore le rapport préalable au budget. L'enquête 2025 met en lumière des avancées majeures dans deux domaines cruciaux. En matière de contrôle budgétaire, tout d'abord, le score du Royaume a fait un bond de 8 points pour s'établir à 51 points, contre 43 en 2023. Cette performance est principalement tirée par l'évaluation du rôle du législateur, qui enregistre une hausse spectaculaire de 13 points en passant de 42 à 55 points. Ces chiffres traduisent un affermissement concret du rôle du Parlement et de la Cour des comptes dans la surveillance des deniers publics. Concernant la participation du public, ensuite, le Maroc enregistre une amélioration remarquable de 60 % de son score, ce qui représente un gain de 9 points. Cette dynamique lui permet de conserver solidement sa 2ème place régionale, toujours derrière l'Égypte. Pour le ministère de l'Économie et des Finances, cette avancée n'est pas le fruit du hasard. « Cette amélioration s'inscrit dans la dynamique des réformes structurelles engagées par le Maroc au cours des dernières décennies », souligne le ministère. Elle incarne un engagement volontariste guidé par la vision du Roi Mohammed VI, visant à « mettre les finances publiques sur une trajectoire alliant performance, transparence et soutenabilité ». Cet engagement s'est institutionnalisé par des étapes décisives, à commencer par l'adoption de la nouvelle Constitution en 2011, suivie de la promulgation de la loi organique relative à la loi de finances (LOF) en 2015, pour aboutir à l'entrée en vigueur de la loi relative au droit d'accès à l'information en 2019. Loin de se reposer sur ses acquis, le Maroc vient d'adopter son nouveau Cadre Stratégique de Réforme des Finances Publiques pour la période 2026-2032. Celui-ci s'articule autour de cinq piliers fondamentaux : la performance, la soutenabilité, la transparence, et l'inclusivité à travers les dimensions de genre, de climat et de territorialité. L'axe dédié à la transparence vise un objectif clair : rendre l'information sur les finances publiques complète, compréhensible, à jour et accessible à tous. Pour y parvenir, un plan d'actions triennal, opérationnel dès 2026, déploiera plusieurs chantiers majeurs. Il s'agira en premier lieu de consolider le plan d'actions en transparence budgétaire afin de clarifier l'ensemble des processus financiers de l'État. En parallèle, une plateforme « Budget Ouvert » sera lancée, spécialement conçue pour rendre les données budgétaires plus intuitives et facilement exploitables par les citoyens. Enfin, la mise en place d'outils innovants viendra vulgariser les concepts de finances publiques et encourager une véritable appropriation par le public. Assortie d'un calendrier précis détaillant les rôles de chaque entité, d'un cadre rigoureux de suivi et d'évaluation, ainsi que de sources de financement clairement identifiées, cette nouvelle feuille de route promet d'ancrer définitivement la culture de la transparence au cœur de l'administration publique marocaine.